27 juillet 2021
Revivifier le centre-ville
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans la région, Louise Grégoire-Racicot livre ses impressions dans une chronique hebdomadaire au journal Les 2 Rives depuis 2018.

Sorel-Tracy pourrait recevoir jusqu’à 800 000 $ de Québec pour accélérer la relance de son centre-ville affecté par la pandémie, si elle met sur pied un comité consultatif et un plan d’action avec un calendrier pré-établi. C’est beaucoup d’argent, mais si peu, compte tenu de son état!

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La Ville a déjà fait des pas. Elle a déposé, en 2017, un plan de développement durable, puis mis en œuvre un programme particulier d’urbanisme (PPU) pour le centre-ville. Elle a soutenu fidèlement Statera et donné accès au fleuve (quai Catherine-Legardeur), modernisé son mobilier urbain, fleuri ses espaces, rajeuni sa salle de spectacle et aménagé à sa sortie un nouveau mail piétonnier. Des actions qui ont engendré des investissements privés intéressants. Mais ce n’était pas suffisant. Sa vie commerciale est toujours chancelante.

Elle bonifiera ce montant de 100 000 $ pour la rénovation extérieure de façades de bâtiments commerciaux et 150 000 $ pour la rénovation d’édifices patrimoniaux. Dans les grands projets sur la table, le Centre des arts contemporains et l’aménagement du quai Richelieu sont à l’agenda. On tarde cependant à mettre en valeur son histoire, son patrimoine et ses symboles identitaires. Ainsi sa revitalisation – espérée depuis plus de 20 ans – est encore bien timide.

Timide, peut-être parce que son plan était plus axé sur l’image à donner que sur la diversité des expériences à y vivre. Parce qu’on a laissé à chacun le soin de contribuer à sa façon, sans se préoccuper de ce que faisait l’autre.

Pendant ce temps, d’autres villes ont réanimé leur centre-ville, leur consacrant des sommes importantes pour aménager des espaces publics, offrir des activités diversifiées et attrayantes. Visiblement, les acteurs ont su transcender leurs intérêts respectifs pour mettre en commun leurs efforts. Et ils en tirent profit!

Chose certaine, à Sorel-Tracy, il ne faut plus travailler en silo avec des stratégies diverses – pour le commerce, le logement, les loisirs ou les équipements – sans les lier les unes aux autres. Les centres-villes qui réussissent ont des stratégies coordonnées entre elles vers un même objectif. Il faut déplorer qu’on ne le fasse pas assez à Sorel-Tracy, d’autant que l’on souhaite au plus tôt la relance du centre-ville.

Comme touristes, souvent on attribue à une ville l’image que l’on retient de son centre-ville. On y est attiré par sa façon de se démarquer, par son ambiance, sa convivialité, de nouveaux services. Il est vrai qu’il n’existe aucun modèle ou concept unique pour revitaliser un centre-ville et y attirer des gens à diverses heures de la journée et à différentes saisons. Mais il appartient aux élus sorelois d’initier cette quête pour Sorel-Tracy.

Ils ne peuvent plus se contenter d’être des gestionnaires avisés. Ils doivent être des visionnaires qui sauront arrimer les efforts de tous pour faire avancer les réalisations. Il est de leur devoir de convier acteurs municipaux, promoteurs immobiliers, gens d’affaires, artisans, responsables de festivités et de groupes communautaires et citoyens à sortir de leurs silos pour travailler ensemble.

Ils doivent les doter de données récentes et complètes sur le quartier – qui le fréquente et pourquoi? Qui n’y vient pas et pourquoi? – afin de travailler à une meilleure cohabitation des différents usagers. Comme ils doivent se mettre à la recherche de commerces, de services et d’activités nouvelles qui insuffleront une plus grande vitalité au quartier. C’est à ce prix seulement que le centre-ville redeviendra un véritable milieu de vie. Pas un secteur où on ne fait que passer.

Voilà pourquoi cette subvention annoncée ne peut pas que servir à la rénovation des façades des édifices, mais bien à la vocation qu’ils abriteront. Tout en définissant avec soin ce qui pourrait être leur dénominateur commun pour insuffler au centre-ville un cachet qu’on ne lui a pas encore trouvé.

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