22 décembre 2020
Rêver ma vie, un film percutant
Par: Jean-Philippe Morin

Guillaume Venne a fait en sorte que son film soit tourné à 100 % dans la région Photo gracieuseté

Guillaume Venne travaille sur le scénario pendant une scène tournée au Cégep de Sorel-Tracy. On le voit avec l’acteur Fabien Dupuis, qui joue le rôle d’un médecin rééducateur physique. Photo gracieuseté

Philippe (à gauche) s’évade dans des rêves en compagnie de son meilleur ami Samuel (à droite). Photo gracieuseté

L’importance de la famille est au cœur du film. Photo gracieuseté

Sophie aide beaucoup son conjoint Philippe à traverser cette épreuve. Photo gracieuseté

Tourné à 100 % dans la région de Sorel-Tracy (voir autre texte), le long métrage Rêver ma vie fait vivre une montagne russe d’émotions au spectateur. Notre journaliste a eu le privilège de visionner le premier film de Guillaume Venne au Cinéma Saint-Laurent alors que le cinéaste doit en finaliser les dernières retouches dans les prochaines semaines.

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« Le film est complété à 99 %, explique le cinéaste Guillaume Venne. Il reste la trame musicale à insérer et les couleurs à ajuster, puis on va commencer la promotion pour qu’il soit vu le plus possible. »

Le film raconte l’histoire du jeune père de famille trentenaire Philippe Dubé, très bien interprété par l’acteur Frédéric Gagnon, qui est victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC) au volant de sa voiture. « C’était important pour moi d’avoir un personne principal fort, crédible. Il est présent dans 95 % des scènes et le film est un peu sur ses épaules. Dès le début de l’audition, je savais que c’était lui », soutient Guillaume Venne.

Tout au long du film, ce personnage passera par l’entièreté de la gamme des émotions. Les cinq étapes sont bien identifiées, en majuscules à l’écran : le déni, la colère, le marchandage, la tristesse et la résilience.

« Oui, Philippe a eu un AVC, mais ce n’est pas un film sur l’AVC, même s’il passe par toutes les étapes comme la réadaptation. C’est surtout un film sur la famille, l’amitié, l’amour. À la base, c’est un drame, mais j’ai voulu le tempérer avec des bouts parfois drôles, et d’autres bouts plus touchants », explique M. Venne.

Le personnage sera épaulé par sa conjointe, Sophie (jouée par Danièle Belley), qui tient le fort. Parfois, Philippe se sent inutile puisqu’il est incapable de marcher, manger seul ou même parler normalement, mais c’est elle qui le ramène à la raison. Elle aurait d’ailleurs pu décider de partir, même qu’elle en a l’occasion alors qu’un ancien copain lui fait de l’œil, mais elle rejette immédiatement cette option.

« Sophie est le personnage phare du film. Pour elle, la famille, c’est très important et Philippe, c’est son homme. Le film montre ça aussi : que malgré les défis qui surviennent dans un couple ou une famille, on peut toujours passer au travers », souligne Guillaume Venne.

Un autre personnage important du film est Samuel Thibodeau (joué par Yannick Chapdelaine), le meilleur ami de Philippe. Il revient dans plusieurs flashbacks. Lorsque Philippe se sent déprimé, il met ses écouteurs et écoute de la musique. On voit alors les deux amis dans des rêves (d’où le titre du film) que Philippe aimerait réaliser mais qu’il ne peut plus faire, comme jouer au hockey ou sortir dans un club. Le film se termine d’ailleurs d’une manière inattendue, reliée à son meilleur ami.

« Pour mon premier film, j’ai vraiment voulu emprunter un chemin classique, soit l’histoire d’un homme tout à fait normal, qui lui arrive quelque chose de difficile et qui emprunte un chemin pour s’en sortir, même si ce n’est pas facile. Mais c’était important de terminer avec un punch qui va faire comprendre plusieurs choses au spectateur », indique le cinéaste sorelois.

Un long processus

Une chose est certaine, c’est que Guillaume Venne réussit cette mission. Le spectateur passe par toute la gamme des émotions et suit avec attention Philippe dans toutes les étapes de son processus de guérison.

« J’ai effectué beaucoup de recherche dans le monde de la santé et j’ai parlé à plusieurs personnes ayant fait un AVC. Un d’eux, Daniel Despatie, est décédé depuis, mais j’ai eu la chance de lui montrer une heure du film avant sa mort. Beaucoup de scènes sont inspirées de son histoire », souligne Guillaume Venne.

Cette recherche pour trouver un sujet de premier film a débuté il y a environ quatre ans. « Avec ma femme, on avait plusieurs bonnes idées. On savait comment l’histoire allait s’enchaîner et on a mis ça ensemble. Puis je me suis isolé pendant trois jours dans un chalet dans le nord et j’ai écrit le scénario. J’ai écrit 65 des 88 pages et je suis revenu à la maison pour écrire la fin d’une vingtaine de pages que j’avais déjà en tête », décrit Guillaume Venne.

La version courte du film, qui dure un peu plus de 11 minutes, a gagné un prix lors du SBE’s Hamilton (NY) International Film Festival en juillet 2018, a été finaliste lors du New York City International Films Infest Festival en octobre 2018, puis a gagné le prix du meilleur film étranger au Utah Film Festival en avril 2019. Le tournage pour ce court métrage s’était déroulé en décembre 2016 et il a été présenté pour une première fois au Cinéma Saint-Laurent en octobre 2017.

Cette version courte a été intégrée au long métrage, dont le tournage s’est déroule à l’été 2018. Puis la postproduction du long métrage a pu être accélérée en 2020 avec la pandémie. Le résultat final devrait être dévoilé sous peu en grande première au Cinéma Saint-Laurent de Sorel-Tracy.

Montrer les beautés de la région

La région de Sorel-Tracy est au cœur de Rêver ma vie et il était important pour le réalisateur Guillaume Venne d’insister là-dessus dans le film.

Les 21 jours de tournage à l’été 2018 ont été très efficaces puisqu’une quinzaine d’endroits ont été visités par l’équipe et les acteurs. « Le plus loin qu’on est allés, c’est au Camping Saint-Roch! », lance-t-il en riant.

Dès le début du visionnement, on peut remarquer des images du Carré Royal, de l’Hôtel-Dieu de Sorel et du parc Regard-sur-le-Fleuve. On aperçoit aussi le steakhouse de l’Hôtel de la Rive, le Belvédère, le Cégep de Sorel-Tracy, l’aréna Aussant de Saint-Joseph-de-Sorel, l’Annexe, le centre-ville de Sorel-Tracy, les Promenades de Sorel, le Cinéma Saint-Laurent, etc.

« Ç’a toujours été important pour moi de tourner ici. À la base, c’est une histoire de région, pas de grande ville. Côté logistique, c’était plus facile de tout filmer ici. Et c’est beau ici! Il faut montrer notre région au plus grand nombre de personnes possible », explique M. Venne.

Le film est aussi local par ses protagonistes, alors que différents visages sont facilement reconnaissables. Entre autres, JiCi Lauzon joue le rôle du père de Philippe, Diane-Marie Racicot joue la médecin qui voit Philippe après son accident et Audréanne Kane Cabana joue une fille qui flirte le meilleur ami Samuel dans les rêves de Philippe. D’autres acteurs de la région jouent également des rôles comme Clara Bastiani, Gloria Bastiani, Louis Caron, Céline Crête et Junior Boucher.

Du côté de l’équipe technique, la plupart sont également de la région. On retrouve Antony Deguise comme directeur de la photographie, Corina Bastiani comme directrice de production, Philippe Charron à la prise de son, Marie-Pier Robidoux au script, Frantz-Patrice Séïde Cameau comme assistant-réalisateur et Stéphane Tellier à la musique. Simon Ménard est aussi impliqué pour les photos.

« Diane-Marie Racicot connaît plusieurs personnes dans le milieu et m’a aidé à trouver des acteurs. Corina m’a aussi mis en contact avec du monde, ce qui nous a permis de tourner dans la région. Je leur dois beaucoup », conclut Guillaume Venne.

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