29 septembre 2020
Répondre SVP
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Plus d’une trentaine d’élus municipaux signaient dans La Presse+, la semaine dernière, une lettre réclamant que Québec dicte des règles claires pour encadrer les séances de travail des élus municipaux à huis clos et favoriser davantage les délibérations publiques. Un texte qui m’a hautement réjouie. Ma déception est toutefois qu’aucun conseiller sorelois ne l’ait signée!

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Comme si, ici, le travail à huis clos ne primait pas sur celui des délibérations publiques. Comme s’il n’était pas essentiel que les contribuables comprennent les options entourant une décision et le raisonnement des conseillers qui l’endossent.

Ce faisant, la démocratie municipale est menacée.

« Cette transparence est souvent mise à mal, car plusieurs conseils municipaux délibèrent chaque semaine en secret sur des enjeux de première importance lors de séances plénières à huis clos… Parfois, de véritables décisions politiques s’y prennent, et ce, sans que la population ni les médias soient au courant… Parfois, la population n’est informée que lorsque les décisions sont déjà prises, et il est alors souvent trop tard pour agir. Enfin, certains projets issus d’un réel besoin exprimé par des citoyens ne seront jamais analysés ni débattus publiquement, car rejetés par une majorité d’élus à huis clos », y lit-on.

Bien sûr, les conseillers sorelois se défendent bien que ce soit le cas ici. Ils clament que de longues discussions à huis clos président aux décisions. Il est évident qu’ils ne peuvent discuter publiquement de certaines situations – ressources humaines, litiges, transactions. Mais ils ne peuvent non plus se taire tout le temps. Il est essentiel qu’on sache où ils logent et pourquoi.

Je veux bien les croire. Mais j’ai aussi besoin de les entendre. Sinon plein de questions montent : qui dicte les décisions? Pourquoi et comment les prennent-ils? Leurs débats sont-ils sereins ou entachés d’intimidation, dépourvus ou non d’intérêts personnels? Plus largement, comment voient-ils l’avenir de leur ville, leur rôle, sa place dans la région?

Sans réponse, la confiance s’effrite. Le doute s’installe sur leurs motivations et les valeurs qu’ils défendent. On en vient même à se désintéresser de la chose publique. Le cynisme grandit. Le déficit démocratique se creuse. La pensée unique a toute la place pour s’installer. Rien de bon pour l’avancement nécessaire des dossiers.

Autant de questions qui en chicotent plus d’un. En passant, en Ontario, les séances à huis clos sont interdites par la loi, sauf dans de rares exceptions.

Voilà une situation qui mérite attention. Beaucoup plus encore que le changement d’image que la Ville souhaitait en se donnant un nouveau logo! Heureusement dans ce cas, on a révisé les priorités. Mais qui l’a proposé? On ne le saura probablement jamais!

À mi-mandat

Le député Jean-Bernard Émond a pu prendre la mesure, à mi-mandat, de l’ampleur de la tâche qui l’attendait : défendre les grands dossiers régionaux et ceux de ses commettants.

Il l’a fait à sa manière. Discrètement. Et il a marqué des points. Difficile de voir toutefois dans ces résultats ce qui est vraiment de son cru et ce qui est inscrit dans le programme de la CAQ que son parti met progressivement en œuvre.

Chose certaine, M. Émond a compté des points avec l’obtention de l’IRM de même que l’ajout de gens de la région au c.a. du CISSSME. C’est cependant au cours des prochaines semaines – quand il livrera les conclusions du forum économique qu’il a convoqué – que l’on verra s’il saura insuffler à la relance de la région sa marque personnelle. Quelles mesures concrètes proposera-t-il pour lui redonner son élan. Comment rassemblera-t-il les gens autour de cet objectif commun? On aura alors une meilleure idée de son leadership!

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