21 janvier 2020
Renverser la tendance
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Le décret 2020 de population publié par l’Institut de la statistique du Québec rapporte une légère baisse de la population de la MRC de Pierre-De Saurel – 154 personnes dont 113 à Sorel-Tracy même. Pourtant, celle de sa ville voisine, Contrecœur, « pousse comme des champignons » : 349 résidents de plus en 2020, de 6001 habitants en 2010 à 8989. 50 % en 10 ans!

Bien sûr, ces chiffres sont des projections. Seul le recensement de 2021 les confirmera ou les infirmera. Mais ils ne sont pas négligeables pour autant. Il faut absolument trouver comment renverser cette tendance!

Je ne crois pas que Sorel-Tracy rêve de doubler sa population dans les 10 ans à venir. Et c’est réaliste, d’autant qu’elle ne pourrait accueillir un tel flot de population sans investir de façon très importante dans ses services et infrastructures.

Ville de la première heure du Québec, elle s’est modernisée tout en renouvelant ses services pour mieux les adapter aux besoins d’aujourd’hui, et ce, malgré la disparition de milliers d’emplois bien rémunérés et d’employeurs importants.

Elle a élargi ses services et assure à ses contribuables de tous les âges un accès adéquat et sécuritaire à une qualité de vie qui saura, espère-t-elle, les retenir ici encore longtemps.

Elle doit certes viser un accroissement de sa population pour diversifier ses talents et actifs et pour élargir l’assiette fiscale qui lui permettra de toujours être à la hauteur des besoins de ses gens.

Rappelons-nous la campagne « À Sorel-Tracy, on construit » qui lui avait permis d’accroitre sensiblement sa population, il y a plus de 10 ans, tout en ajoutant à son parc immobilier. N’a-t-elle pas d’autres atouts à faire valoir que le seul prix de ses maisons?

Pour une fois, ce décret ne souligne pas le vieillissement prématuré de la population soreloise, même s’il est toujours actuel. Mais il est aussi le lot de toutes les régions moins populeuses du Québec. Il va souvent malheureusement de pair avec le marché de l’emploi de ces régions. Et déteint souvent sur la valeur des maisons, la présence de services et commerces diversifiés de proximité, l’accès à Internet haute vitesse, etc.

Voilà des éléments que des politiques adéquates de développement économique peuvent conjurer, tout comme le dynamisme culturel, l’urbanisme, la qualité de vie d’un milieu. Le nôtre n’y échappe pas.

Ainsi tout dépendra des efforts consacrés à consolider ces éléments et des sommes qu’on leur consacrera. Comme de la réalisation d’ingénieux projets que le milieu osera pour donner l’élan de relance qui consolidera ses acquis et assurera l’avenir de ses contribuables.

Cela exige des décideurs qu’ils identifient et partagent idées, projets et responsabilités. Qu’ils se dotent de véritables politiques de développement durable. Qu’ils créent des opportunités d’entreprendre tant dans les sphères économiques que sociales, culturelles, touristiques et communautaires. Qu’ils misent mieux sur tous les atouts de la région – environnement, cours d’eau, zone agricole, travailleurs spécialisés, entreprises solides, institutions d’éducation et de santé bien implantées, qualité de vie.

Mais ils ne pourront y arriver seuls. Nos deux députés doivent les seconder. La région doit sentir l’appui moral et financier des gouvernements pour renforcer substantiellement son leadership régional via des investissements stratégiques. Comme des projets d’amélioration des services de santé publics et de transport collectif; des projets culturels et d’installations sportives; le soutien de ses chaires de recherche au cégep, au CTTEI et dans les entreprises. Le renforcement de ses pôles d’expertise. La complétion de ses installations portuaires, etc.

Il est clair que l’avenir de la région dépend de l’énergie qu’on y mettra!

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