9 avril 2019
Renaître de ses cendres
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Le Café St-Thomas, envolé en fumée il y a une quinzaine, manque déjà à ses habitués et à tous ceux qui, en cours d’année, s’y arrêtaient pour prendre une bouchée ou boire un verre, jouer en appréciant une musique d’ambiance, entendre des musiciens jammer, ou enfin découvrir les œuvres exposées d’artistes de la région. C’était un endroit de calme et de volupté. On avait le goût d’y flâner.

Audacieux et créatifs, ses créateurs Pierre Cournoyer et Christiane Léveillée l’avaient ouvert, il y a 24 ans, après la fermeture du magasin de vêtements pour enfants, Chez Béatrice.

Si ma mémoire est bonne, nouveaux venus en restauration, c’est envers et contre tous qu’ils ont cru à cette formule de resto-pub. Que cet endroit si bien logé – face au carré Royal – serait un lieu de rendez-vous inévitable.

Ils l’ont baptisé Café St-Thomas, du nom de l’apôtre incrédule qui, rappelons-le, avait mis le doigt sur les plaies de Jésus pour enfin croire à sa résurrection.

Oui dans ce nom il y avait un clin d’œil à l’éducation judéo-chrétienne alors dispensée, mais il y avait surtout une foi en un projet unique. Une conviction qu’il était possible d’y marier musique et plaisirs de vivre.

Ils ont si bien insufflé leur passion dans ce lieu qu’il est devenu un incontournable sorelois. Presque une institution!

Un lieu charmant qui faisait vite oublier qu’on se trouvait dans un édifice centenaire à l’architecture bien ordinaire. Son décor bien pensé lui conférait un cachet intimiste et propice aux longues conversations.

L’heure est maintenant décisive. Les proprios doivent décider s’ils veulent faire revivre ou pas leur pub.

Dans tous les cas, dès qu’il y aura sur la table un projet « St-Thomas 2 » animé du même esprit, il doit recevoir l’appui inconditionnel de la Ville et des organismes préoccupés de faire du centre-ville un milieu de vie attrayant et renouvelé, riche de lieux rassembleurs, diversifiés.

Ce café ne sera pas, on l’imagine bien, une copie conforme du premier. Mais on peut faire confiance à ses proprios : ils ont su créer un premier endroit unique. Ils sauront bien trouver la formule qui saura réunir de quoi satisfaire les gourmands de culture et gourmets de nature à cet endroit, un des plus beaux sites du centre-ville tant par sa localisation que son environnement.

Pas facile cette tâche d’allier modernité et histoire ancienne dans ce secteur déjà tant appauvri par la disparition successive de plusieurs de ses bâtiments patrimoniaux ou le mauvais état de d’autres.

Heureusement, certains propriétaires privés ont déjà amorcé la revitalisation du centre-ville en rénovant leurs édifices. La Ville a mis à niveau la salle de spectacle du marché et sa rue piétonnière adjacente, ainsi que l’accès au quai numéro 2. Le café St-Thomas 2 sera une clé de ce nouveau visage.

Voilà l’occasion ou jamais d’imaginer un autre pas vers le renouveau. Un défi à relever – espérons-le dans la prochaine année – qui saura conjuguer les vues des promoteurs, les lois de l’esthétisme et de l’urbanisme à des coûts qui sauront permettre la faisabilité et la viabilité du projet.

Oui, voilà un projet privé sur lequel la collectivité comptera pour assurer sa qualité de vie et son attrait touristique.

Les artistes qui organisent un concert-bénéfice en sa faveur le 28 avril l’ont fort bien compris. Les encourager en achetant des billets pour ce spectacle – qu’on y assiste ou pas – sera une excellente façon de dire à notre façon que nous tenons à ce que le St-Thomas renaisse de ses cendres!

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