30 octobre 2015
Référendum 1995: la région a dit OUI il y a 20 ans
Par: Louise Grégoire-Racicot
La « une » du 31 octobre 1995 du Journal Les 2 Rives. | Tc Média - Jean-Philippe Morin

La « une » du 31 octobre 1995 du Journal Les 2 Rives. | Tc Média - Jean-Philippe Morin

« Acceptez-vous que le Québec devienne souverain, après avoir offert formellement au Canada un nouveau partenariat économique et politique, dans le cadre du projet de loi sur l’avenir du Québec et de l’entente signée le 12 juin 1995 ?» Telle était la question référendaire à laquelle, dans le comté de Richelieu, les électeurs ont répondu OUI à 61,2% et NON à 38,8%, le 30 octobre 1995. Il y a 20 ans.

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Le taux de participation richelois a été égal à celui du Québec: 93,2%. Vingt ans plus tard, la coprésidente du parapluie du OUI, Marie Bouchard, (avec l’homme d’affaires Réjean Poissant) se rappelle clairement de cette campagne. Tout comme Henri Tousignant, président du parapluie du comité du NON.

Ils avaient assidûment consacré le mois d’octobre à « ce grand rendez-vous », comme le nommaient les politiciens.

Une campagne pour le camp du OUI ponctuée de discours des ténors de la souveraineté Bernard Landry et Lucien Bouchard, des interventions des députés Louis Plamondon et Sylvain Simard, de rencontres dans les écoles secondaires et au cégep, d’un spectacle, d’assemblées de cuisine et de porte à porte, se rappelle-t-elle.

Une campagne moins publique pour le camp du NON. M. Tousignant la décrit: « Ça marchait un peu bric-à-brac. L’ex-députée de Saint-Hyacinthe, Andrée Champagne, coordonnait nos démarches. On a travaillé avec les moyens du bord. On a tenu des réunions, mais ceux qui y assistaient étaient déjà convaincus », décrit-il.

Alors mairesse de Saint-Ours, Mme Bouchard est formelle: « J’ai adoré cette période. On a parlé avec les gens. Om formait une équipe unie. J’avais pris la peine de revoir l’histoire du Québec, de structurer mon discours référendaire. On travaillait en symbiose et on était bien préparé. Le comité avait des documents fort bien faits et on trouvait des réponses à toutes les questions. Nous faisions une bonne équipe, car ce mouvement vers la souveraineté venait de la base. Je ne regrette pas cet engagement, car il s’est fait dans le respect. »

Le résultat national l’a tout de même déçue (50,6% pour le NON), comme la conclusion tirée par M. Parizeau qui a attribué la défaite référendaire à l’argent et au vote ethnique. « Je crois plutôt que les gens de la Ville de Québec nous ont peu aidés. Ils ont plutôt voté NON. »

Aussi a-t-elle vécu une certaine désillusion du fait que les Québécois ne soient pas allés au bout de leur rêve.

« Pour remboîter le pas à une telle démarche, il faudrait un discours renouvelé, une coalition des forces souverainistes, une harmonie entre souverainistes. Il faudrait s’élever au-dessus de la quête de pouvoirs personnels pour travailler ensemble au pays, à son avenir collectif », conclut-elle.

M. Tousignant, un ancien député libéral fédéral du Témiscamingue au début des années 80, avoue être toujours aussi fédéraliste. « Je crois à la cause de la non-séparation. Cette séparation ne peut se décider unilatéralement à 50% des voix plus une. Seules les décisions mineures se prennent de cette façon. On ne peut diviser le Canada en deux avec le Québec au milieu. »

Il s’est satisfait du résultat national de ce référendum souhaitant que plus jamais le Québec n’entame une telle démarche.

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