14 mai 2019
Semaine nationale de la santé mentale
Réapprendre à vivre
Par: Raphaëlle Ritchot

Maxime, Natacha et son bébé posent ici avec Nathalie Desmarais et Chantal Cimon de l'organisme Santé mentale Québec – Pierre-De Saurel. Photo Raphaëlle Ritchot | Les 2 Rives ©

À l’occasion de la semaine nationale de la santé mentale, Natacha et Maxime, deux personnes qui ont bénéficié des services de la Maison la Margelle, se sont ouverts sur les difficultés de reprendre sa vie en main quand la santé mentale n’y est plus.

Ils ont donc livré de touchants témoignages de résilience lors du lancement des activités de l’organisme Santé mentale Québec – Pierre-De Saurel, le 6 mai.

Natacha a commencé à consommer alors qu’elle n’avait que 7 ans. Après avoir passé la majeure partie de sa vie dans la rue, elle est maintenant maman de deux enfants.

« Quand je suis rentrée à la Maison la Margelle, je n’avais plus confiance en moi, je ne m’aimais plus et je croyais que plus personne au monde ne voudrait m’aimer », raconte Natacha.

Un sentiment partagé également par Maxime. « Je ne croyais plus que j’allais pouvoir m’en sortir. Je suis allé chercher de la douceur à la Margelle, parce qu’il n’y en avait plus dans ma vie », explique celui qui a aussi passé un séjour en prison.

Après avoir fait une tentative de suicide, Maxime est allé chercher de l’aide à la Maison la Margelle. Il est maintenant sobre depuis bientôt un an, il vit dans un logement dont il est fier et devrait bientôt ravoir la garde de sa fille la plus vieille.

« Maintenant, j’ai un quatre et demi et c’est propre chez nous. Je suis fier quand les gens viennent de leur montrer où je vis. Parce qu’avant, c’était gênant pour moi faire rentrer quelqu’un chez nous », soutient-il.

Repartir de zéro

« Quand on parle de santé mentale, on parle souvent d’être bien avec nous-mêmes, mais quand on ne sait pas où est-ce qu’on peut s’en aller ou c’est quoi notre potentiel, ce n’est pas évident », a confié Natacha.

Elle a expliqué à la foule présente qu’après un certain temps dans la rue, on oublie les « choses de base ». Elle souligne qu’à la Maison la Margelle, on lui a réappris à faire son lit, à manger, comment s’habiller, à prendre soin de soi.

« Ils m’ont appris à redevenir moi. Ils m’ont tout remontré sans que se soit dégradant ou offusquant », précise Natacha qui suit présentement un cours avec l’Association canadienne de la paie pour devenir spécialiste en conformité de la paie au Canada.

Ces témoignages de résilience démontrent le courage qu’il faut pour réapprendre à avoir confiance en soi, mais aussi pour s’en sortir.

Besoin d’aide pour vous ou pour un de vos proches? Ligne québécoise de prévention du suicide : 1 866 APPELLE (1 866 277-3553). Le suicide n’est pas une option.

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