28 juillet 2020
Qui donc?
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Alors que des Sorelois s’inquiètent du sort réservé à la famille d’une victime ukrainienne de la route ou contribuent généreusement à des campagnes GoFundMe pour aider des concitoyens en difficulté, voilà que leur maire fait preuve d’un isolationnisme déconcertant.

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Il a encore clamé sa volonté de faire bande à part, plaçant avec arrogance la ville-centre au cœur de nouvelles tensions avec la MRC dont elle semble ne faire partie que de nom!

Cette fois c’est à la distribution des redevances du parc éolien qu’il s’en prend. On peut se demander quelle mouche l’a piqué pour qu’il convoque seul, à la mairie soreloise – et non aux bureaux de la MRC ou du parc même – la presse régionale pour dévoiler les résultats financiers du parc pour 2019.

Comme président du c.a., il ne pouvait certes pas annoncer du même coup que la ville encaissera 70% de cette somme pour réaliser des projets que son conseil votera. C’était ajouter à l’insulte.

Car dès la création du parc par la MRC, l’entente intermunicipale stipulait que ce parc 100% communautaire – et non 70% sorelois – aurait des retombées économiques directes dont le Conseil de la MRC disposerait. Trois voies étaient spécifiées: investir dans des projets régionaux profitables à l’ensemble de la MRC; les affecter au fonctionnement de la MRC pour réduire les contributions financières des municipalités; les redistribuer aux municipalités en fonction de leur quote-part.
Les choses étaient claires: cet argent appartient à la MRC qui a contracté une dette de 17,25 M$ sur les 70 nécessaires pour créer le parc, répartie en fonction de la richesse foncière uniformisée. Donc, la distribution des retombées devait être décidée collectivement.
Curieusement dans un communiqué publié sur sa page Facebook, M. Péloquin affirme que c’est grâce à la contribution financière de la ville-centre que ce projet a vu le jour et est bénéfique pour tous. Il lui en attribue les mérites exclusifs.

C’est certainement là minimiser tout le travail des municipalités pour en arriver à un consensus le plus équitable possible, et ce, après avoir pesé toutes les objections que soulevaient certains élus et citoyens issus principalement de la ville-centre.

Il n’est pas à propos de remettre en question l’important apport de la ville-centre, mais bien de déplorer profondément son attitude dans ce dossier.

Car si ce projet – voulu pour assurer à la région une source additionnelle de revenus – n’avait pas reçu l’aval de toutes les municipalités, il n’aurait jamais vu le jour. N’en déplaise à M. Péloquin!

Il aura beau dire que cet argent permettra de réaliser dans sa ville des projets qu’il qualifie de « régionaux » et accessibles à tous – terrain de soccer synthétique, complexe aquatique, nouveau skate park, restauration d’un stade de baseball, amélioration de pistes cyclables, modules de jeux dans les parcs. Mais Sorel-Tracy aura seule la mainmise sur leur conception, réalisation et accès.

C’est comme si elle disait aux autres: je prends 70 % de l’argent disponible pour tous et je vais vous construire des infrastructures dont je serai le seul propriétaire, mais je vous y inviterai à les utiliser au gré de mes fantaisies.

C’est d’autant inacceptable que trop souvent son maire refuse unilatéralement de tenir compte des décisions antérieures prises par l’ensemble! On est loin du consensus régional et de la mise en commun des intelligences, des talents et de la solidarité! Ce que déplorent avec raison ses pairs.

Qui donc saura redresser la situation et ramener la ville-centre à de meilleurs sentiments, sinon ses conseillers et citoyens? Cela demande mesure, bonne volonté et ouverture, sentiment d’appartenance, quête d’équité et espoir en l’avenir!

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