21 mai 2019
Changements climatiques
La question d’un examen du ministère choque des élèves de l’ESFL
Par: Raphaëlle Ritchot

L'élève de l'École secondaire Fernand-Lefebvre, Alissia Blais, porte le cercle vert. Qu'il orne des vêtements ou une copie d'examen de français, il est un symbole de lutte aux changements climatiques. Photo Raphaëlle Ritchot | Les 2 Rives ©

Alissia Blais arbore fièrement un cercle vert sur ses vêtements. Elle est la première à l’École secondaire Fernand-Lefebvre (ESFL) à le faire, même si elle affirme que les élèves de la polyvalente étaient nombreux à réagir à la formulation de la question sur les changements climatiques posée par le ministère de l’Éducation dans le cadre de l’épreuve de français de 5e secondaire qui a eu lieu le jeudi 2 mai.

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Le ministère a choisi de formuler sa question comme suit : « Peut-on s’adapter aux changements climatiques? »

« Nous étions fâchés parce que cette question nous montre que le gouvernement ne veut pas faire de changement, il souhaite simplement s’adapter et accepter les changements climatiques. Comme si on ne pouvait plus rien faire pour l’environnement », a indiqué l’élève de cinquième secondaire.

Alissia Blais n’est pas la seule à avoir perçu la question de cette façon. Ils sont maintenant plus de 36 000 jeunes de partout au Québec réunis dans le groupe Facebook « Examen du ministère 2019 » où ils dénoncent l’hypocrisie du gouvernement qui ne fait rien, selon eux, pour améliorer la lutte aux changements climatiques. D’ailleurs, certains enseignants auraient aussi été d’avis que la question n’était pas adéquate.

« Le mouvement demande au gouvernement de poser des gestes pour changer les choses. L’important, ce n’est pas de s’adapter, mais de poser des actions », soutient Alissia Blais.

De son côté, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge a réagi sur Twitter en reconnaissant que c’était une « drôle de question ».

« À mon avis, on aurait dû demander comment lutter contre les changements climatiques, et non s’il était possible de s’y adapter. Par contre, je suis fier que la jeunesse soit aussi sensibilisée et mobilisée sur cet enjeu », a continué le ministre.

Trouver des solutions dans la région

La jeune femme, qui s’est toujours impliquée pour l’environnement, a également expliqué qu’elle souhaiterait avoir l’attention de la population en plus de celle des gouvernements.

« Je voudrais sensibiliser la population pour que tout le monde pose des gestes pour l’environnement et j’ai décidé de commencer par ceux de ma région », précise-t-elle.

Elle souhaiterait, par exemple, que la Ville de Sorel-Tracy bannisse les sacs de plastique, les pailles et les bouteilles d’eau en plastique.

« Je voudrais des mesures pour encourager les citoyens à diminuer leur consommation de viande rouge ou qu’il y ait des lois plus strictes entourant la pollution », poursuit-elle.

Elle croit que si les élèves de chaque région du Québec arrivent à mobiliser leurs élus, un jour, le gouvernement n’aura plus d’autres choix que de les écouter.

« J’ai décidé de commencer par ma région à moi. Je me suis dit que si je ne faisais rien, personne d’autre ne le ferait pour moi », conclut la jeune femme.

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