14 avril 2016
« Quelques secondes de plus et c’était nous » – Geneviève Morin
Par: Julie Lambert
On peut voir sur le sol à gauche de la photo les traces de freinage du véhicule de la résidente de Sorel-Tracy, Geneviève Morin, qui s’arrêtait près du lieu de l’accident. | Photo: Gracieuseté

On peut voir sur le sol à gauche de la photo les traces de freinage du véhicule de la résidente de Sorel-Tracy, Geneviève Morin, qui s’arrêtait près du lieu de l’accident. | Photo: Gracieuseté

Une résidente de Sorel-Tracy, Geneviève Morin, s’en allait tranquillement faire des achats à Drummondville avec sa mère lorsqu’elle a dû mettre les freins à toute vitesse après qu’un accident sur la route 132 à Yamaska, qui a fait deux morts et deux blessés graves, se soit produit sous ses yeux. Sonnée et arrêtée à peine à quelques mètres des véhicules accidentés, elle a porté secours à une des victimes qu’elle espère voir s’en sortir.

En entrevue avec le Journal le lendemain des événements, Geneviève Morin était encore sous le choc de l’accident. Ébranlée, elle raconte que la nuit a été très difficile. Elle revoit sans cesse l’accident se dérouler devant ses yeux.

Mme Morin suivait depuis un certain temps le véhicule où prenaient place les sœurs Lyonnais de Saint-François-du-Lac, raconte-t-elle. Même si elle était très concentrée sur la route, elle n’a jamais vu venir la voiture rouge avant qu’elle emboutisse celle devant son Jeep.

« Je ne sais pas d’où elle venait. La voiture rouge a éclaté. Cela a fait un vacarme énorme. J’ai mis les freins pour éviter l’impact. Cela a pris au moins une centaine de pieds avant que je m’immobilise. Quand je me suis enfin arrêtée, j’étais à moins de sept pieds de la voiture rouge. Tout ça s’est déroulé tellement vite. On ne s’imagine pas comment un accident peut être aussi important en roulant à 100 km/h. »

Réalisant qu’elles n’avaient rien, Mme Morin et sa mère ont ensuite pris conscience de ce qui venait de se passer et ont entendu des gens impliqués dans l’accident crier à l’aide. En appelant les secours, Mme Morin s’est dirigée vers le véhicule blanc.

Une scène bouleversante

La scène était immensément déstabilisante et ressemblait étrangement à une publicité-choc sur les accidents entre automobiles, décrit-elle. Il y avait des débris partout et les véhicules étaient très endommagés.

Lors de son arrivée près des deux dames âgées, la conductrice était en état de panique et voulait sortir du véhicule, mentionne Mme Morin. Tentant de calmer la dame visiblement blessée aux jambes, mais toujours consciente, la bienfaitrice a vérifié l’état de la passagère qui présentait des blessures semblant très graves. Elle ne lui a pas trouvé de pouls.

« La dame n’arrêtait pas d’appeler sa sœur, à côté d’elle, confie Mme Morin, les larmes coulant sur ses joues. J’ai tenté de la calmer et je voulais qu’elle se concentre sur moi. Je voulais garder le lien visuel. Je sentais toute sa détresse et un moment donné, elle a compris que sa sœur n’était plus là. Je l’ai vu dans ses yeux. Je lui disais que les secours s’en venaient. »

À l’arrivée des policiers et des ambulanciers, Mme Morin s’est mise en retrait de la scène en attendant de faire sa déposition. Elle se souvient encore du cri de la mère des enfants arrivée sur les lieux quelques minutes après l’accident alors qu’elle suivait le véhicule comptant également quatre hommes à son bord.

Elle se rappelle que c’était un peu chaotique tellement de gens étaient impliqués dans l’accident. Mme Morin souligne que le passager du véhicule rouge était encore en vie, mais se plaignait de sa douleur lorsque le personnel l’a pris en charge. Elle aurait aimé en faire plus, se désole-t-elle.

Sous le choc, elle n’a pas pris le temps de vérifier l’état des enfants, alors qu’elle est elle-même une mère, dit Mme Morin. Et elle regrette de ne pas avoir pu vérifier l’état de Mme Lyonnais avant son départ en ambulance.

« J’aimerais réentendre sa voix de façon plus rassurante. Elle ne souffrait pas seulement physiquement. On sentait sa détresse parce qu’elle venait de perdre quelqu’un de cher. Le fait de ne pas avoir pu la revoir me dérange. J’ai besoin de savoir si elle va bien et de lui offrir mes sympathies », conclut-elle.

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