12 janvier 2021
Québec avance 55 M$ pour l’agrandissement du Port de Montréal à Contrecœur
Par: Jean-Philippe Morin

La mairesse de Contrecœur Maud Allaire, le ministre des Transports François Bonnardel, la députée de Verchères Suzanne Dansereau, la ministre déléguée aux Transports Chantal Rouleau, le PDG de l’APM Martin Imbleau et le député de Nicolet-Bécancour Donald Martel. Photo capture d’écran

Le gouvernement du Québec avance 55 M$ des 111 M$ nécessaires pour les travaux préliminaires en vue de l’agrandissement du terminal de conteneurs du Port de Montréal à Contrecœur.

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En point de presse le 12 janvier, plusieurs élus caquistes ont procédé à cette « annonce majeure pour le développement économique de l’ensemble du Québec », a indiqué d’entrée de jeu la ministre déléguée aux Transports et ministre responsable de la région de Montréal, Chantal Rouleau.

Cette aide financière de 55 M$ servira à réaliser la phase de démarrage du projet et permettra d’entreprendre les travaux de préparation et de terrassement du site ainsi que la construction d’une barrière visuelle et sonore. Les 56 M$ restants seront payés par l’Administration portuaire de Montréal (APM), responsable du projet.

Le projet total de construction du terminal est estimé entre 750 M$ et 950 M$. La variation s’explique puisque les estimés ne sont pas finalisés et les appels d’offres ne sont pas encore lancés.

Le gouvernement fédéral, via la Banque d’investissement du Canada (BIC), contribue déjà de l’ordre de 300 M$ au projet. Le reste proviendra de l’APM et de partenaires privés.

Un rapport préliminaire déposé en novembre dernier par l’Agence d’évaluation d’impact du Canada (AEIC) s’est montré favorable au projet. Le nouveau président-directeur général de l’APM, Martin Imbleau, croit qu’un rapport définitif pourrait être déposé dès cet hiver, ce qui permettrait de commencer les travaux l’automne prochain. L’objectif est une mise en service dès 2024.

« C’est pourquoi l’annonce d’aujourd’hui est aussi importante. Nous sommes toujours en attente des autorisations du fédéral, mais avoir l’appui du gouvernement provincial est un signal fort », souligne M. Imbleau.

Dans son ensemble, le projet du terminal de Contrecœur, qui prévoit la manutention, à terme, de 1,15 million de conteneurs, aura des retombées économiques pour le PIB, soit 470 M$ pendant sa construction et 119 M$ annuellement lors de son exploitation au maximum de sa capacité. Il prévoit la création de 5000 emplois pendant la phase de construction et 1000 pendant la phase d’exploitation.

Relance économique

« C’est une belle façon de stimuler la relance économique de la grande région de Montréal. Les demandes pour les marchandises conteneurisées sont en hausse. Cette annonce donne un coup d’envoi à cet ambitieux projet qui contribuera à la relance économique post pandémie », s’est réjouie Chantal Rouleau.

« C’est une annonce qui peut avoir une portée internationale, a renchéri le ministre des Transports, François Bonnardel. Une croissance importante est à venir pour les 15 prochaines années pour le transport de marchandises en conteneurs. »

Les députés Donald Martel (adjoint parlementaire du premier ministre pour le projet Saint-Laurent) et Suzanne Dansereau (députée de Verchères) ont abondé dans le même sens.

« Cela marque l’aboutissement d’un long travail pour le site industrialo-portuaire de Contrecœur. C’est un dossier qui me tenait à cœur depuis longtemps [comme ancienne mairesse de Contrecœur et maintenant députée]. J’y travaille sans relâche depuis plusieurs années et cette annonce est de la musique à mes oreilles », a souligné Mme Dansereau.

Acceptabilité sociale

Un groupe de citoyens et citoyennes, Vigie citoyenne – Projet Contrecœur, a vu le jour en décembre dernier à la suite du dépôt du rapport préliminaire de l’AEIC. Ce groupe s’inquiète des impacts de la construction et de l’exploitation sur la qualité de vie des citoyens en ce qui a trait entre autres à l’environnement, dont l’érosion des îles, la poussière et le bruit.

Questionnée au sujet de l’acceptabilité sociale du projet, la mairesse de Contrecœur, Maud Allaire, l’a estimée à 90 %.

« Comme dans tout grand projet, des gens posent des questions et veulent des précisions. C’est un projet attendu depuis 1988, année où la Ville a acquis les premières terres. J’ai grandement confiance que l’Administration portuaire de Montréal établira des normes d’atténuation satisfaisantes pour tout le monde », a-t-elle indiqué.

« Nous sommes conscients des préoccupations citoyennes, a renchéri le PDG de l’APM, Martin Imbleau. Il faut être respectueux de notre communauté d’accueil. On prend les préoccupations des gens au sérieux. »

Le gouvernement Trudeau a aussi promis de protéger l’habitat du chevalier cuivré, le 11 janvier. Cette annonce pourrait-elle avoir une incidence sur le projet?

« Avec nos mesures de compensation, le ministère [au fédéral] était satisfait de notre plan. L’Agence suit avec attention la situation et analyse nos mesures. Nous sommes confiants que le projet ira de l’avant », conclut Martin Imbleau.

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