21 septembre 2015
Que pensent les candidats du transport par train et par bateau de matières dangereuses comme le pétrole brut sur le territoire?
Par: Julie Lambert
Le Genmar Daphné, le second pétrolier, qui en octobre 2014, a pris livraison de pétrole tiré des sables bitumineux au quai de Kildair | Photo: TC Média - Pascal Cournoyer

Le Genmar Daphné, le second pétrolier, qui en octobre 2014, a pris livraison de pétrole tiré des sables bitumineux au quai de Kildair | Photo: TC Média - Pascal Cournoyer

Chaque semaine, d’ici l’élection du 19 octobre, nos journalistes poseront aux quatre candidats à ce scrutin, des questions portant sur des sujets d’intérêts régionaux.

Il faut s’assurer des mesures de prévention

Le candidat du Nouveau parti démocratique (NPD), Nicolas Tabah, souligne qu’il est important de s’assurer qu’il n’y aura aucun déversement sur le territoire. Selon lui, les impacts d’un tel incident seraient catastrophiques pour la région.

« Le fleuve est un attrait touristique et économique. Nous avons une richesse importante avec la Biosphère du Lac Saint-Pierre. C’est important de la préserver », croit-il.

Selon lui, le pétrole est encore une matière première qui sera utilisée pour plusieurs années. Il faut donc mettre en place des normes, des mesures de prévention et de sécurité adéquates pour les municipalités.

« Le ministère ne doit pas laisser les compagnies s’autoréglementer. On doit avoir une meilleure réglementation pour la protection de l’environnement. »

Il faut trouver un consensus

Le transport de pétrole brut ne peut pas s’arrêter, mentionne le candidat du Parti libéral, Claude Carpentier, mais il faudrait trouver un moyen de s’assurer que son transport soit fait de façon sécuritaire.

« De nombreuses études ont été menées dans les dernières années pour trouver des façons de diminuer notre consommation, mais ce n’est pas pour aujourd’hui. L’oléoduc serait un moyen efficace et simple de diminuer le transport ferroviaire et maritime », souligne-t-il.

Il est d’accord avec l’idée de son parti de réaliser une vaste consultation auprès des partenaires et des municipalités afin de trouver un consensus. « Il y a des manières d’exploiter cette richesse sans que ce soit fait au détriment de l’environnement. »

Le fleuve ne doit pas être l’autoroute du pétrole

Le bloquiste Louis Plamondon est le premier à avoir soulevé l’augmentation de la largeur des superpétroliers de 32 m à 44 m. Il a aussi été au côté des manifestants au parc Maisouna en octobre 2014.

Selon lui, les risques d’un déversement de pétrole sont bien trop élevés.

« Il est inadmissible que le fleuve Saint-Laurent devienne l’autoroute du pétrole. Il y a cinq endroits où les pétroliers ne peuvent pas se rencontrer au risque d’avoir un accident. Un déversement signerait la fin du lac Saint-Pierre. »

Ses inquiétudes sont aussi tenaces pour le transport par train « On doit mettre en place des mesures et des plans pour assurer un maximum de sécurité », martèle-t-il.

Le rôle du gouvernement est celui d’un protecteur

Le candidat conservateur Yves Laberge croit que le rôle du gouvernement dans la réglementation du transport de matières dangereuses est celui d’un protecteur de l’environnement.

Il doit limiter les risques tout en n’étant pas un frein au développement économique.

« Le gouvernement devra être le catalyseur. Oui, il y a un commerce, mais cela doit se faire en respectant les lois. On présume que les compagnies respectent les normes. »

Conscient du mouvement d’opposition dans la région, il pense qu’on ne doit pas prendre le message d’inquiétude véhiculé.

« Mon rôle sera d’être à l’écoute et de guider la voix de ce groupe. S’il y a quelque chose à vérifier, je vais poser des questions », assure-t-il.

On doit travailler pour son élimination complète

Le candidat du Parti vert, Claude Poudrier, croit qu’il faut travailler à éliminer complètement la consommation de pétrole même si ce n’est pas pour demain, souligne-t-il.

« Les gens n’ont pas voulu que ça passe sur le fleuve Saint-Laurent, mais il faut que le transport transige par un endroit. Si ce n’est pas dans la région, ce sera ailleurs. Le lobby est très fort et c’est un combat perdu d’avance. »

Le candidat croit toutefois que certaines actions sont possibles afin que tous en ressortent gagnants.

« Pour l’instant, on doit dire allez-y, mais il faut que ce soit le moins souvent possible en attendant que nous nous dirigions vers des mesures alternatives et moins polluantes. »

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