15 janvier 2019
Samuel Théroux réalise un Ironman après 20 mois d'entraînement
Quand deux frères se poussent mutuellement
Par: Jean-Philippe Morin

Les frères Samuel et David Théroux se poussent l'un et l'autre mutuellement dans leurs sports respectifs. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Samuel Théroux a obtenu des temps impressionnants à son premier Ironman l'été dernier. Photo gracieuseté

Samuel Théroux a décidé de se reprendre en main en janvier 2017. À ce moment, il buvait beaucoup, fumait un paquet par jour, avait une mauvaise alimentation et un surplus de poids. Jamais il n’aurait pu parier que 20 mois plus tard, il finirait parmi les meilleurs à son premier Ironman à vie à Mont-Tremblant.

« Je suis parti de loin, lance Samuel Théroux, âgé de 28 ans. Je faisais deux minutes de corde à danser et je devais m’arrêter. Mais en trois mois, j’ai perdu 30 livres. Je veux envoyer le message en cette période de résolutions qu’avec de la volonté, tout est possible. »

Et de la volonté, il en a eue, témoigne son frère cadet David Théroux. Ce dernier fait souvent l’actualité pour ses prouesses dans la boxe professionnelle. Il se dit fier du virage à 180 degrés entrepris par son aîné.

« Nous, les Théroux, quand on fait quelque chose, on le fait toujours à 110 %. On est des excessifs dans tout. C’est pareil pour moi, si je mets pas mon énergie dans la boxe, je la mets ailleurs. Lors de ma convalescence pour ma blessure à la main, je buvais tous les jours. Heureusement, j’ai pu tout couper et recommencer l’entraînement avec sérieux. Je suis fier que mon frère se soit pris en main. Il s’est investi dans sa passion, l’entraînement, et il a réussi son premier Ironman. »

« Je savais que j’avais un problème, répond Samuel Théroux. Ma force, c’est de connaître mes défauts. Un moment donné, mon frère m’a dit qu’il serait peut-être temps que j’arrête de boire. J’ai arrêté en janvier 2017, puis deux mois plus tard, je me suis dit que j’allais recommencer progressivement. Ç’a été pire. C’est donc depuis le 17 mars 2017 que je n’ai plus bu et que je m’entraîne fort chaque semaine. »

Des résultats impressionnants

Comme il aime la course à pied, l’aîné des Théroux a commencé progressivement à courir. Il s’est ensuite acheté un vélo à l’été 2017 pour en faire à l’occasion. C’est à ce moment qu’il s’est dit qu’il ne lui restait que la nage à pratiquer pour faire un triathlon un jour.

« Ma première fois à la piscine, j’ai fait une longueur de 25 mètres et j’étais brûlé, ricane-t-il. Je regardais des gens moins en forme que moi faire plein de longueurs et ne jamais arrêter. Je me suis alors dit que je ne lâcherais pas et que j’allais calculer mes temps chaque fois que j’y retournerais. En trois mois, j’ai été capable de faire 3 800 mètres, soit la longueur d’un Ironman. »

Samuel Théroux a décidé de s’inscrire à son premier triathlon (1,5 km de nage, 40 km de vélo et 10 km de course) qui s’est déroulé à Mont-Tremblant le 23 juin 2018. Il a terminé 6e sur 82 participants dans sa catégorie d’âge (25-29 ans) et 19e sur 959 participants au total.

Il a ensuite participé, deux semaines plus tard, à son premier demi-Ironman (1,9 km de nage, 90 km de vélo et 21,1 km de course) en Ontario, où il a de nouveau bien performé. La consécration, il l’a obtenue lors de son premier Ironman (3,8 km de nage, 180 km de vélo et 42,2 km de course) le 19 août 2018, à Mont-Tremblant. Il a franchi le fil d’arrivée « frais comme une rose », dit-il, en 18e position sur 145 chez les 25-29 ans et 214e sur 2765 au total. Il a mis 10 heures, 48 minutes et 14 secondes pour finir la course.

« Mon objectif l’an prochain est de le faire sous les 10 heures, souligne Samuel Théroux. Mais je ne veux pas axer ça sur mes performances. Je veux surtout dire aux gens que s’ils veulent se prendre en main, c’est possible de le faire. Il suffit d’avoir de la volonté et de s’investir à fond. »

David Théroux a toujours supporté son grand frère dans cette prise en main. « C’est quand je vois ce que mon frère a fait que je dis aux gens : arrêtez de dire que vous n’êtes pas capables! Tu ne peux pas dire ça si tu n’essaies pas. Personne n’est surhumain. Il ne faut pas toujours regarder ce que les autres font non plus. Ce n’est pas parce que Sam a couru un Ironman que ce sera l’objectif de tout le monde. Il faut se fixer ses propres objectifs. C’est trop facile d’être dans notre zone de confort. Il y a toujours un but à atteindre dans la vie », souligne le jeune boxeur de 25 ans.

Les mêmes passions

David et Samuel ont les mêmes passions depuis qu’ils sont petits. C’est Samuel qui a initié David à la boxe, au sous-sol de la maison familiale, alors qu’il n’avait pas encore le droit d’enfiler les gants puisqu’il était trop jeune à 11 ans.

« Notre mère ne voulait pas que je boxe, alors Sam me montrait certaines techniques au sous-sol », mentionne David en riant.

De l’âge de 15 ans à 20 ans, Samuel a livré une dizaine de combats amateurs. David a voulu suivre ses traces et il est une des raisons pourquoi il est un boxeur professionnel, raconte-t-il fièrement. Aujourd’hui, Samuel n’exclut pas un retour à la boxe un jour, lui qui a dû arrêter en raison d’un emploi obtenu dans le domaine de la construction.

De son côté, David se concentre actuellement à 100 % à sa carrière de boxeur, mais il n’exclut pas non plus de faire un triathlon ou même un Ironman un jour.

« J’adore m’entraîner et courir. Je me suis acheté un vélo et je nage beaucoup aussi, alors ça me donne le goût de vivre l’expérience d’un Ironman un jour. Je veux vivre ça avec mon frère dans quelques années, quand je ne boxerai plus », conclut-il.

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