31 mars 2020
Propagation de la COVID-19 par la pollution : des impacts dans la région?
Par: Sébastien Lacroix
La région de Sorel-Tracy a longtemps été considérée comme l’une des plus polluées au Québec.
Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

La région de Sorel-Tracy a longtemps été considérée comme l’une des plus polluées au Québec. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Les personnes vivant dans des régions où il y a plus de pollution seraient-elles plus à risque de contracter le coronavirus? C’est ce qu’avancent des scientifiques européens qui étudient la propagation de la COVID-19.

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Selon une hypothèse qui reste à vérifier, le virus pourrait être en suspension dans l’air où il y a le plus de particules fines. Ce qui ferait en sorte qu’il serait plus facile à contracter où il y a une forte concentration dans l’atmosphère.

C’est ce que conclut une étude de la Société italienne de médecine familiale, en collaboration avec les Universités de Bari, de Bologne et de Trieste, qui a étudié le phénomène dans le nord de l’Italie qui est à l’épicentre de la propagation du virus.

Inquiétant pour la région?

Ce phénomène a de quoi inquiéter dans la région qui a longtemps été considérée comme étant parmi les pires secteurs en ce qui concerne la qualité de l’air. Les statistiques annuelles sont toutefois beaucoup plus reluisantes en ce qui concerne l’Indice de Qualité de l’Air (IQA) au cours des dernières années.

Il est en effet possible d’observer une diminution des concentrations de dioxyde de soufre (SO2) dans l’air ambiant de l’ordre de 60 % entre 2014 et 2019 à la station de qualité de l’air de Sorel-Tracy. Une situation qui s’explique en grande partie par le fait que Rio Tinto Fer et Titane (RTFT) a installé un système de captation du SO2 qui est complètement opérationnel depuis 2016.

Selon les données les plus récentes qui sont disponibles sur le site du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC), il n’y a eu que 10 jours lors desquels l’IQA a été mauvais dans le secteur de Sorel-Tracy et de Saint-Joseph-de-Sorel, en 2018. En revanche, il a été « bon » durant 169 jours et « acceptable » durant 186 jours. Les statistiques enregistrées ont été similaires en 2017 et 2016.

Dans le secteur de Sorel-Tracy et de Saint-Joseph-de-Sorel, l’IQA comprend de l’ozone, des particules fines et du dioxyde de soufre. Au moment d’écrire ces lignes, le niveau de particules fines, qui est au cœur de l’étude, était toutefois demeuré « bon » au cours des dernières 24 heures.

Deux fois moins de particules fines qu’en Italie

Le MELCC estime toutefois qu’il faut être très prudent sur les constats qui ont défrayé la manchette, la semaine dernière. Puisque l’article original fait état de résultats préliminaires qui sont non validés par des pairs. « Ils pourraient s’avérer non fondés et semer la confusion », estime la relationniste Raphaëlle Savard-Moisan.

Le MELCC précise que les concentrations moyennes de particules fines en 2013 étaient deux fois moins élevées au Canada (7 µg/m3) qu’en Italie (17 µg/m3).

« En outre, il est fort probable que la diminution de l’activité économique et du transport due aux mesures de confinement auront un impact positif sur la qualité de l’air, mais une analyse poussée et une interprétation des données sont requises », ajoute la relationniste.

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