30 mai 2016
Projet OPTILAB : la centralisation des laboratoires inquiète
Par: Sarah-Eve Charland
Le projet de centralisation des laboratoires des hôpitaux à Charles-Lemoyne inquiète. | depositphotos

Le projet de centralisation des laboratoires des hôpitaux à Charles-Lemoyne inquiète. | depositphotos

La mise en place du projet OPTILAB, qui vise à centraliser les centres d’analyse de toute la Montérégie à l’hôpital Charles-Lemoyne à Longueuil, inquiète de plus en plus les employés et le maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin.

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« On va être directement touché. C’est un projet qui se réalise dans une totale discrétion. Il y a plusieurs inconvénients. On parle de pertes d’emplois, de transferts d’emplois et une perte d’un service de proximité », dénonce le maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin.

Le maire a fait une sortie au congrès de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) il y a deux semaines en demandant un moratoire du déploiement du projet OPTILAB.

« On veut prendre le temps de s’assurer que les régions soient consultées […]. On veut garder nos emplois de qualité. On ne sait pas quels seront les impacts sur nos médecins et sur la qualité des services », ajoute-t-il.

Le CISSS Montérégie-Est emploie, en ce moment, une quarantaine de technologistes médicaux au laboratoire de Sorel-Tracy. Pour le moment, on ne connaît pas les impacts pour la région.

« On pose des questions depuis des mois. On soumet nos inquiétudes, mais nous n’avons pas de réponse. C’est un projet improvisé à vitesse grand V. Il n’y a pas eu d’études de faisabilité pour s’assurer de la qualité des transferts », affirme la responsable politique en Montérégie de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé (APTS), Sylvie Richer.

Un projet, des économies

La présidente-directrice générale du CISSS Montérégie-Est, Louise Potvin, explique que ce projet permettra d’importantes économies.

« On va toujours garder un laboratoire ici. Au fil des années, les équipements se sont sophistiqués. Les moyens de conservation des échantillons se sont aussi améliorés. Ces équipements coûtent très cher. Ça nous amène à des factures importantes. On croit qu’on peut, à moindre coût, continuer de donner des analyses de laboratoire dans des temps qui respectent les bonnes pratiques. C’est la logique du ministère », mentionne-t-elle.

Le CISSS Montérégie-Est travaillait également en parallèle sur un projet d’optimisation des laboratoires en attendant la mise en place du projet OPTILAB. Une baisse de coût de 1,2 M$ était estimée si ce projet allait de l’avant.

« On appelle ça un parcours difficile. On veut encore le faire. Les médecins ont leurs intérêts, les technologistes ont leurs craintes. Tant que les gens ne s’entendent pas bien, on met ça de côté », souligne-t-elle.

Au ministère de la Santé, on n’a pas voulu commenter le dossier. On nous a plutôt référé au CISSS qui mettra en place le projet.

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