25 novembre 2020
Projet immobilier à Sainte-Anne-de-Sorel : des citoyens demandent des ajustements
Par: Alexandre Brouillard

Mélissa Veillet, Alexandre Pérusse et leur fils, devant la maison du 1, rue Marianne qui pourrait être détruite afin de faire place à un projet immobilier. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Une pétition lancée par Mélissa Veillet et Alexandre Pérusse, deux nouveaux résidents de Sainte-Anne-de-Sorel, demande de réduire de moitié un projet résidentiel à logements multiples pour ainés prévu au 1, rue Marianne.

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Selon eux, le projet immobilier est surdimensionné, il augmenterait la circulation automobile et il détériorerait l’aspect visuel du quartier. Ils demandent donc une réduction du projet immobilier pour un total de 10 logements maximum. « Lorsque nous avons été informés du projet, on s’est dit : « mon dieu ça n’a pas de bon sens ». Ça va changer complètement le quartier. Lorsqu’on a pris possession de notre nouvelle maison fin août 2020, il n’était vraiment pas question de ça ».

C’est l’entrepreneur Gaétan LaMadeleine qui a acquis l’ancienne maison du docteur Normand Sullivan, urologue à l’Hôtel-Dieu de Sorel durant plus de 30 ans.M. LaMadeleine souhaiterait démolir cette maison du 1, rue Marianne pour y construire un immeuble à logements multiples pour ainés.

Pour Mélissa Veillet et Alexandre Pérusse, le problème réside dans la grosseur du projet. Selon leurs informations, l’immeuble résidentiel comporterait deux étages et 24 unités habitables. « Il faut vérifier les lois qui protègent notre quartier. Ce qui nous a mis la puce à l’oreille, c’est que ça n’a pas de bons sens de mettre un 24 logements […] dans un petit rond-point », mentionne Mélissa Veillet.

Plusieurs démarches entreprises

Après avoir pris connaissance du projet, les instigateurs de la pétition ont discuté avec le partenaire de l’entrepreneur, Paul Gemme. « Nous voulions lui expliquer notre démarche. On n’est pas là pour mettre personne à dos, mais pour émettre notre point comme quoi le quartier, c’est des maisons unifamiliales et bifamiliales », indique Mélissa Veillet.

Ne sachant pas si une demande de permis de démolition a été demandée pour la maison de l’ex-médecin, Mélissa Veillet souhaite agir le plus rapidement possible. « On s’est pris d’avance pour arriver avec quelque chose de béton. Avec une pétition, une signature et aussi avec une lettre qui a été directement dirigée au maire et aux membres du conseil. »

Les instigateurs de la pétition indiquent avoir sondé les gens du quartier et que la majorité ne souhaitent pas accueillir un immeuble de cette envergure. En date du 20 novembre, Mélissa Veillet et Alexandre Pérusse ont récolté un total de 78 signatures. « On ne s’en va pas à la bataille, on veut seulement un projet plus petit », conclut-elle.

Un projet qui répondra à tous les règlements

De son côté, Gaétan LaMadeleine mentionne que la construction d’un immeuble à logements multiples pour ainés n’est pas officielle. « Nous avons passé au Comité consultatif d’urbanisme de la ville, mais c’est dans nos intentions et on attend encore une réponse. »

Advenant la concrétisation de son projet immobilier, il a l’intention de respecter l’ensemble des lois de la municipalité. « Si on construit quelque chose, soyez certain que ce sera d’un commun accord avec la municipalité de Sainte-Anne de Sorel. »

Questionné sur la pertinence d’ériger un 24 logements au sein d’un quartier résidentiel unifamilial Gaétan LaMadeleine répond qu’il est conscient des dissidences. « Ça fait 40 ans que je suis dans la construction et quand tu bâtis, tu déranges du monde. Il y a toujours des gens contre et d’autres gens pour. Pour l’instant, la ville vieillit et si nous voulons garder nos personnes âgées, et bien nous devons leur construire des endroits. On est en démocratie, c’est bien qu’il y ait des gens qui s’opposent. Ça fait que le projet va être encore mieux. »

Ne pouvant pas préciser les caractéristiques de son projet immobilier, l’entrepreneur indique que le projet sur la rue Marianne serait une réplique des Appartements au pays du Survenant situés sur la rue Aflred-Caisse à Sainte-Anne de Sorel. « La seule différence est le remplacement des stationnements extérieurs par des garages sous-terrain. De plus, j’ai vu que la pétition indiquait 50 % du terrain. Ce n’est pas vrai, nous sommes à 29 % d’occupation », tient-il à préciser.

Le maire tempère la situation

Le maire de Sainte-Anne de Sorel, Michel Péloquin, mentionne qu’aucun permis n’a été délivré pour l’instant. « Un processus de modification à la réglementation concernant la démolition des immeubles à la municipalité est en cours. Pour l’instant, tant que ce processus ne sera pas terminé, il ne peut pas avoir de permis de démolition d’émis », précise le maire.

Pour le maire, si la municipalité délivre un permis de démolition et de construction à Gaétan LaMadeleine, c’est parce que son projet répondra à toutes leurs exigences.

Concernant la pétition, il indique ne pas pouvoir commenter la situation du fait qu’aucun permis n’a été délivré pour le moment. « Je ne peux pas commenter quelque chose qui n’existe pas », affirme-t-il.

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