20 novembre 2015
Projet de loi 76 : le CIT pourrait échapper au contrôle des maires
Par: Louise Grégoire-Racicot
Le transporteur dessert quotidiennement le trajet Sorel-Varennes jusqu’au terminus de Longueuil. | Photo: TC Média - Archives

Le transporteur dessert quotidiennement le trajet Sorel-Varennes jusqu’au terminus de Longueuil. | Photo: TC Média - Archives

L’administration du Conseil intermunicipal de transport (CIT) Sorel-Varennes pourrait désormais échapper au contrôle des maires qui la gèrent si le projet de loi 76 mis de l’avant par le ministre des Transports, Robert Poëti est adopté.

C’est ce que pressent le président du CIT Sorel-Varennes et maire de Verchères, Alexandre Bélisle. Tout comme l’Association pour le transport collectif de la Rive-Sud (ATCRS) et l’un de ses porte-paroles, Jean-Michel Laliberté.

L’abolition des CIT causera des problèmes pratiques, dit l’ATCRS. Actuellement, Sorel-Tracy et Saint-Joseph-de-Sorel sont hors de l’Association métropolitaine de transport (AMT). Le projet de loi abolit les CIT mais limite le territoire du Réseau de transport métropolitain à celui de l’AMT, créant un vide juridique, non seulement pour les usagers des villes mentionnées, mais également pour ceux de Varennes, Verchères et Contrecœur qui bénéficient de l’achalandage de Sorel-Tracy pour disposer d’un meilleur service, notamment hors des périodes de pointe.

« Nous espérons qu’il s’agit d’une erreur de la part du gouvernement et qu’il sera ouvert à la corriger, » déclare un autre porte-parole, Axel Fournier. « Sinon, les usagers perdront dans la qualité des services. »

De plus, alors que les séances sont publiques, les séances du RTM seront privées. « Comment pourra-t-il être près des besoins des usagers si l’organisme est géré par des bureaucrates de Montréal et si les assemblées sont privées? La nouvelle structure entraîne une perte de poids pour les usagers » demande M. Laliberté.

Des maires prudents

Mais ni le maire Bélisle, si celui de Sorel-Tracy, Serge Péloquin (aussi vice-président du CIT) n’ont lancé la serviette.

M. Bélisle est prudent: l’information sommaire reçue, dit-il, annonce l’abolition de la loi qui a créé les CIT au profit d’une administration métropolitaine plus centralisée.

L’analyse de l’administration des services du transport en commun métropolitain à travers le monde laisse croire que celle de Montréal basée sur des pratiques intermunicipales laisse à désirer. Centraliser sa gestion serait plus efficace, décrit-il.

« Mais cela m’inquiète quant à la couleur locale du service offert. Les élus des municipalités composant le CIT Sorel-Varennes (qui inclut aussi Saint-Joseph-de-Sorel, Contrecœur, Saint-Amable et Verchères) sont à la fois responsables de la qualité du service et de sa fréquence. Ils ont les deux pieds dedans et assurent une belle représentativité de leurs populations locales. Ils prennent des décisions budgétaires prudentes. »

Mais il préfère commenter plus tard quand il aura vu le sommaire exécutif du projet. « Après l’avoir analysé, on verra si on fera des représentations lors de la tenue d’une commission parlementaire. »

Même son de cloche de la part du maire Péloquin qui rappelle que « le CIT est à étudier le service offert, les horaires proposés, la tarification appliquée pour s’assurer qu’elle est la plus efficiente possible. »

« On sera alors en véritable connaissance de nos besoins et nous pourrons en discuter », rajoute-t-il.

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