5 février 2019
Prêts?
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

L’Institut de la statistique du Québec a discrètement rendu public l’indice de vitalité économique des municipalités et MRC du Québec. La région y enregistre un autre recul!

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Pas étonnant quand on sait qu’on le calcule à partir de trois composantes : le taux de travailleurs (25-64 ans), le revenu total médian (18 ans et plus) et le taux d’accroissement annuel moyen de la population. Des éléments plutôt stagnants ici.

L’indice n’est positif qu’à Contrecœur, Saint-Roch-de-Richelieu, Sainte-Victoire-de-Sorel, Saint-Aimé et Sainte-Anne-de-Sorel.

Bien sûr, la situation s’explique en partie par la fermeture, depuis 20 ans, de plusieurs grandes entreprises et la perte de plus de 6000 emplois bien rémunérés. Un grand nombre de travailleurs – à la tête de jeunes familles – ont déménagé. Ce qui a fortement entamé la clientèle scolaire et haussé l’âge moyen des habitants restants.

Même si plusieurs recevaient encore des salaires adéquats, d’autres ont occupé des emplois moins bien payés, souvent à temps partiel. L’offre d’emploi a ainsi diminué et moins de gens sont venus s’établir dans la région. Une situation qui a diminué l’évaluation des maisons, affecté le commerce, voire même le niveau de construction, et ce, pour un long moment.

Depuis, la situation s’est légèrement redressée. La couronne immédiate montréalaise déborde vers les banlieues plus lointaines – Contrecœur en profite. Mais les chances sont minces que la région retrouve sa prospérité d’antan – en 1976, la ville de Sorel était la deuxième ville du Québec pour l’importance des salaires versés!

Voilà une partie de son histoire que la région ne peut pas oublier. Oui, elle a mis des efforts pour redresser la situation. Certains ont porté fruit. Mais pas à la hauteur des espoirs qu’elle y mettait.

Dans le plan stratégique de la Ville de Sorel-Tracy, déposé il y a quelques semaines, la Ville mise tant sur des projets déjà amorcés que sur d’autres à inventer pour faire de la ville-centre un endroit à la vitalité économique renouvelée.

Des éléments dépendent cependant de la conjoncture québécoise – comme la concrétisation des projets de pôle logistique de transport et de pôle maritime de la Montérégie, ainsi que du goût des Québécois de découvrir les régions du Québec dont la nôtre.

Mais d’autres dépendent nécessairement de la volonté et des efforts qu’elle consacrera à concrétiser ce plan où le développement économique commande de recruter de nouveaux entrepreneurs et investissements créant des emplois.

Car il ne suffit pas de penser que seuls les investissements annoncés, même importants, régleront tout. Ils auront leur effet d’entrainement. Mais cela ne suffira pas.

Tout reposera aussi sur sa capacité d’accueil par l’offre d’espaces accessibles, de services adéquats, de communications aisées.

Combien de fois ai-je entendu que la région ne manquait pas de moyens financiers pour se développer, mais qu’elle manquait d’idées qui la projetteraient dans l’avenir. On est maintenant à l’instant de vérité.

Des organismes sont voués au développement économique – le CLD, la SADC, la Société des parcs, la Chambre de commerce. Mais ce développement repose aussi sur l’image que la région projette de son dynamisme, de son intérêt pour ses gens et ceux d’ailleurs, pour l’environnement, son histoire et son patrimoine.

Comme cela dépend également de la qualité de l’éducation qu’on y dispense et des soins de santé qu’on y prodigue.

Chacun de nous a un rôle à y jouer comme bénéficiaires ou usagers, comme dispensateurs et spectateurs. On doit y contribuer non en les dénigrant, mais en partageant avec leurs responsables réflexions, restrictions et suggestions pour qu’ils soient le mieux adaptés possible aux besoins du milieu. Mettre toute sa créativité au service de la région, c’est aussi affaire de citoyen. Vous êtes prêts?

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