25 décembre 2018
Pouvoir dire : quelle belle fête!
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit un éditorial hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Le 5e rendez-vous du Réveillon du 31 décembre au centre-ville est une jeune tradition que les élus, à la Ville de Sorel-Tracy, cherchent à perpétuer. Une décision importante et cohérente.

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Une décision d’autant exigeante qu’elle implique une participation plus étroite du maire Serge Péloquin et du conseiller du secteur, Jocelyn Mondou qui, avec trois autres personnes – Jean-Philippe Boulet du Fougasse, Kimmaly Paul-Hus du RIRÉRST (Statera) et d’un citoyen, Sam Brouillard, assument la responsabilité de sa programmation et de son déroulement.

La clé du succès d’une telle fête est certes la volonté de ses organisateurs qu’elle réponde bien aux attentes des gens, voire les surprennent. Et ce, dans le respect d’un budget donné.

Ce pourquoi il faut reconnaitre leur sagesse d’être revenus sur la décision de concentrer tous les événements au quai Catherine-Legardeur. Bien sûr, l’emplacement permet les grands rassemblements et les feux d’artifice sécuritaires. Mais au bord de l’eau, le vent souffle plus fort et la place n’est pas attenante aux endroits où s’abriter au besoin.

Celle du marché est aussi propice à de telles activités en plein centre-ville que l’on cherche depuis longtemps à revitaliser, avec ses espaces joliment décorés, ses bars et restaurants variés. L’attrait des réveillons des quatre dernières années l’a prouvé largement.

En jumelant et animant les deux sites, l’organisation a bien écouté et répondu à tous ceux qui avaient écrit, sur les réseaux sociaux, qu’ils souhaitaient le maintien de la fête à la Place du marché. Pas sur le quai.

Ainsi, les gens pourront-ils ajouter une autre occasion de rencontre aux rendez-vous plus traditionnels, familiaux et amicaux du temps des Fêtes. Cette soirée de fin d’année humanise en quelque sorte la région. Une activité de quelques heures, en fin d’année, à dimension humaine, qui favorise à sa façon la proximité. La convivialité.

Dommage toutefois que peu de gens d’affaires du centre-ville s’impliquent pour l’enrichir d’attraits et d’activités. C’est difficile à croire. Mais on ne peut, non plus, en être surpris. La majorité d’entre eux nous ont habitués à ce désengagement. Ils s’impliquent peu notamment dans le Festival de la gibelotte (Gib Fest) dont ils tirent pourtant des bénéfices certains.

Ils ont même refusé, en août dernier, quand la Ville proposait que les rues du centre-ville deviennent piétonnières les fins de semaine de l’été, d’organiser à leurs frais dans leur commerce, des activités attrayantes pour en stimuler l’achalandage. Implicitement, ils refusaient ainsi de contribuer à ce que les citoyens s’approprient leur centre-ville, le fréquentent plus et en soient fiers.

Comment expliquer ce refus d’être partie prenante de l’éveil et de la croissance du centre-ville? Qui proposera des solutions pour corriger ce qui doit l’être?

Il est clair que la Ville ne peut seule créer ce momentum. Elle y assure déjà l’aménagement, la protection, l’entretien des infrastructures et places publiques. Et elle doit pouvoir compter sur les gens qui y œuvrent et en vivent pour ajouter à ses efforts. D’autant qu’elle ne peut négliger les autres secteurs commerciaux de son territoire.

Cependant, en proposant des temps forts de rassemblement au centre-ville – temps qui créent des liens, tissent des complicités – elle fait un autre pas dans la bonne direction.

Ce réveillon en est un qui comptera, si plusieurs y voient de bonnes raisons de quitter le confort de leur maison pour y assister, qu’il fasse froid ou pas. Parce qu’ils aspirent à un accueil chaleureux, une atmosphère à la fête, des gens heureux d’y être! Qu’ils puissent dire : quelle belle fête! Quelle bonne soirée!

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