18 septembre 2017
Poussière au centre-ville : le nombre de plaintes explose
Par: Sarah-Eve Charland
La poussière qui s’échappe de l’entreprise Richardson International a incommodé les résidents du centre-ville. | TC Média - Archives/Pascal Cournoyer

La poussière qui s’échappe de l’entreprise Richardson International a incommodé les résidents du centre-ville. | TC Média - Archives/Pascal Cournoyer

Cette photo a été envoyée par un citoyen. | Gracieuseté

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La poussière générée par les élévateurs à grains incommode plus que jamais les commerçants et les résidents du centre-ville de Sorel-Tracy.

La situation s’est particulièrement fait sentir les 31 août et 1er septembre, selon les commerçants et le conseiller municipal du Vieux-Sorel, Jocelyn Mondou.

« En quelques jours, j’ai eu sept plaintes de citoyens. […] Les gens consomment moins sur les terrasses et fuient le centre-ville. Ça occasionne donc des pertes importantes pour les commerçants », déplore-t-il.

Il a annoncé en séance du conseil vouloir mettre ce sujet sur la table avec les élus et la Ville.

« Je ne veux pas que Richardson International quitte ou mette la clé sous la porte. Loin de là. Je veux qu’on trouve ensemble une solution. Lorsqu’on a travaillé sur le trajet des camions lourds, on a eu une belle collaboration avec l’entreprise. Je suis certain que ce sera à nouveau le cas », poursuit le conseiller municipal.

Alors que le propriétaire immobilier Keven Hébert investit en moyenne près de 15 000$ annuellement pour nettoyer ses systèmes de climatisation et ses bâtiments, il a dû débourser 70 000$ cet été.

« Je constate tous les ans beaucoup de dommages causés par la poussière. Plusieurs locataires résidentiels m’ont demandé de les relocaliser ailleurs. J’ai des difficultés à louer mes logements au centre-ville », observe M. Hébert.

Un dossier suivi par le ministère de l’Environnement

En juin 2016, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques avait remis une amende de 10 000$ à l’entreprise pour avoir manqué au règlement sur l’assainissement de l’atmosphère et émis de la poussière dans l’air à plus de deux mètres de la source.

L’entreprise a contesté cette condamnation devant le Bureau de réexamen des sanctions administratives pécuniaires.

« Le ministère fait le suivi des plaintes qui lui sont adressées et fait le nécessaire afin de documenter la situation », précise le directeur des communications du ministère de l’Environnement, Clément Falardeau.

Il n’a pas pu confirmer si des capteurs de poussière avaient été installés au centre-ville de Sorel-Tracy comme le sous-entendaient certaines rumeurs.

« Le ministère évalue présentement tous les outils dont il dispose pour s’assurer du respect de la réglementation comme l’installation d’équipements d’échantillonnage », conclut-il.

Richardson International concernée

Le directeur des opérations chez Richardson International, Serge Laperrière, assure que l’entreprise met en place des mesures d’atténuation en investissant dans des systèmes de dépoussiérage. L’année dernière, l’entreprise a investi près de 300 000$ dans son système.

« On fait de notre mieux, mais on ne peut pas contrôler le vent ni sa direction. Il est certain que certaines poussières sont plus volatiles que d’autres, comme celle du maïs », affirme-t-il.

Il ajoute qu’à l’heure actuelle, aucun autre bateau transportant du maïs n’est prévu d’ici la fin de l’année.

L’entreprise ne peut pas adapter les transbordements avec les conditions climatiques, souligne-t-il. « Ça coûte des dizaines de milliers de dollars garder un bateau à quai. On ne peut pas attendre que le vent se calme lorsqu’un bateau arrive. »

M. Laperrière a refusé de commenter les démarches de l’entreprise qui conteste la sanction administrative devant le Bureau de réexamen des sanctions administratives pécuniaires. « Le litige est encore en cours », conclut-il.

Nombre de plaintes déposées au ministère

2017 : 12 plaintes

2016 : 12 plaintes

2015 : 1 plainte

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