7 juillet 2020
Pour recréer le partenariat
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

À en croire les interventions publiques de conseillers régionaux de la MRC de Pierre-De Saurel, l’appel lancé par Denis Marion sur la nécessité de travailler à l’unisson et de se rallier sur la réalisation de projets régionaux, incluant l’utilisation des fonds, a plu à plusieurs.

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Les Diane de Tonnancourt (Yamaska), Michel Péloquin (Sainte-Anne-de-Sorel), Vincent Deguise (Saint-Joseph-de-Sorel) abondent dans son sens. Seul pour le moment, le maire Serge Péloquin les a dénigrés. Où se situent leurs collègues? Il faudra le savoir pour inventer la façon de les rapprocher. Pour les ramener sur la même longueur d’ondes sur la pertinence de politiques, de projets et leur financement.

Oui, ils peuvent avoir des divergences de vues, mais il est néfaste de ne pas trouver la façon de les aplanir.

C’est loin d’être la première fois qu’on frappe ainsi un mur. Mais c’est arrivé plus souvent récemment. Depuis le report de l’adoption intégrale du budget 2019… trois mois après son dépôt, le maire de Sorel-Tracy ayant négocié son appui contre une étude sur la gouvernance de la table! Deux premières dans l’histoire des MRC du Québec! « Je me suis braqué et je vais continuer de me braquer », avait-il alors commenté à une journaliste.

Et cela se poursuit. Pas que les gens de cette table n’aient pas à cœur le développement de leur milieu. Mais ils n’ont certes pas une vision commune sur celui de la région.

Souvent, la ville-centre justifie ses désaccords en disant qu’elle assume la plus grosse part des factures. Ce faisant, elle donne l’impression de vouloir diriger seule la destinée régionale.

Oui sa facture est plus élevée. Sorel-Tracy compte 68 % de la population totale. Mais c’est un argument fallacieux quand on compare le coût net aux municipalités – ce qu’elles versent per capita à la MRC moins ce qu’elles reçoivent. Les citoyens de Sorel-Tracy déboursent 98,96 $ alors que les autres versent de 122,14 $ à 242,26 $ (voir le cahier des réalisations 2019 de la MRC distribué dans Les 2 Rives du 16 juin dernier).

Donc, les choix de Sorel-Tracy n’ont pas vraiment à voir avec sa contribution financière. Est-ce le partage du pouvoir régional qu’elle conspue? Veut-elle que la MRC disparaisse au profit d’une ville-MRC, Sorel-Tracy, qui vendrait ses services aux voisines plutôt que d’en être la partenaire?

Ce que les municipalités rurales n’accepteraient certes pas. Les conseillers semblent satisfaits – du moins ne le contestent pas – du partage actuel des pouvoirs tel que défini dans le décret de constitution de la MRC : une proposition pour être adoptée doit recevoir la double majorité – 8 voix sur 15 pour le nombre de votes (1/par 9000 habitants) et représenter plus de 50 % de la population (plus de 25 747 personnes). Sinon la proposition est rejetée. Ainsi le maire de la ville-centre peut faire rejeter une proposition même s’il est le seul à voter contre. Tout un pouvoir déjà! Mais pour en faire adopter une de son cru, son maire doit en rallier quatre autres.

Devant l’impasse actuelle, il faut souhaiter que d’autres voix s’ajoutent à la réflexion publique. Celles de citoyens engagés, celles des députés actuels Émond et Plamondon et leurs prédécesseurs – Albert Khelfa et Sylvain Simard. Ou celles d’intervenants qui ont longuement réclamé et pratiqué cette concertation – les René Lachapelle, André Lussier, Daniel Godin, Raymond Proulx et Raymond Arel. Pour que cesse enfin cette zizanie qui éloigne sûrement des partenaires essentiels de nos efforts de relance socioéconomique et va carrément à l’encontre des orientations de la CAQ qui semble privilégier les MRC comme seul interlocuteur régional vers lequel diriger ses politiques, supports financier et technique.

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