16 mai 2018
Soirée d'information pour un pont entre Sorel-Tracy et Lanoraie
« Depuis 50 ans, on n’a jamais été aussi près de réussir » – Luc Poirier
Par: Jean-Philippe Morin

Frédéric Bettez, Luc Poirier et Denis Lefebvre ont répondu aux questions du public après la séance d'information du pont. (Photo : Jean-Philippe Morin)

Environ 200 personnes ont assisté au 5 à 7 d'information sur le pont à l'Hôtel de la Rive. (Photo : Jean-Philippe Morin)

Le promoteur Luc Poirier a expliqué le projet et sa genèse au public. (Photo: Jean-Philippe Morin)

Le promoteur Luc Poirier a expliqué le projet et sa genèse au public. (Photo: Jean-Philippe Morin)

Le directeur de l'expertise chez Stantec, Denis Lefebvre. (Photo: Jean-Philippe Morin)

Le président de l'entreprise Cosime Infrastructure et Énergie, Frédéric Bettez. (Photo: Jean-Philippe Morin)

Richard St-Germain est le président du Regroupement de citoyens et de citoyennes pour la construction d'un pont entre Sorel-Tracy et Lanoraie pour un horizon 2028. (Photo: Jean-Philippe Morin)

Le citoyen Jean-Yves Landreville milite pour un pont entre Sorel-Tracy et la rive nord depuis plusieurs années. (Photo: Jean-Philippe Morin)

Environ 200 personnes ont assisté au 5 à 7 d’information organisé par un regroupement citoyen sur le projet de pont entre Sorel-Tracy et Lanoraie, le 15 mai à l’Hôtel de la Rive. Le promoteur Luc Poirier s’est dit optimiste que ce pont soit construit d’ici les 10 prochaines années.

« Depuis 50 ans, on n’a jamais été aussi près de réussir », a-t-il d’abord lancé à la foule conquise d’avance, avant de décrire le projet de long en large.

Selon lui, l’acceptabilité sociale est présente, autant du côté sud que du côté nord de la rive. Le côté technique et le côté économique sont également présents, croit-il.

« Tout ce qui manque, c’est le côté politique, a lancé Luc Poirier. Ça va être difficile de faire un PPP [NDLR : partenariat public-privé] comme avec le pont de l’A25 puisqu’il n’y a pas assez de trafic pour le rentabiliser à court terme. On parle d’un pont d’environ 400 M$ avec 45 000 personnes qui l’empruntent chaque jour, alors que nos estimations pour ici sont de 400 M$ avec beaucoup moins de personnes qui emprunteraient un pont. Je suis le seul assez fou pour perdre de l’argent pendant 20 ans. J’ai 42 ans, je suis jeune et je vais pouvoir faire de l’argent plus tard. »

Un service de traversier « archaïque »

Luc Poirier n’a pas manqué d’écorcher le service de traversiers, qu’il considère archaïque et polluant. « Ce n’est pas toujours ouvert 24 heures, surtout l’hiver en raison des glaces ou des vents. Il y a des dangers de ne pas arriver à l’heure si on manque le bateau ou si l’attente au traversier est plus longue, surtout avec les travaux qui s’en viennent au tunnel à Montréal. Ça pollue énormément. […] L’été, on laisse marcher l’auto pour l’air climatisé et l’hiver pour le chauffage. […] Un pont règlerait tous ces problèmes. »

« Les traversiers coûtent 40 M$ par année ici, a-t-il ajouté. Ce que je demande, c’est que le gouvernement me donne une partie de cet argent qu’on jette à l’eau de toute façon et qu’on l’injecte pour le pont. […] »

Questionné sur le fait que le gouvernement injecte plutôt entre 4 et 4,5 M$ par année pour la traverse Sorel-Tracy–Saint-Ignace-de-Loyola, M. Poirier a répliqué qu’avec les immobilisations, les travaux aux quais, aux terminus et toutes les autres dépenses, ce montant s’élevait bel et bien à 40 M$.

« Le gouvernement en place n’a pas l’intention de remplacer les traversiers. C’est pourquoi on va attendre après les élections pour rencontrer le nouveau ministre des Transports. […] J’espère que ça deviendra un enjeu électoral dans le comté auprès des politiciens », a-t-il exprimé.

Le maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin, qui a participé à la période de questions, a révélé que la Ville avait déjà appuyé le projet par résolution et a acheté un terrain dans le secteur Tracy afin d’accueillir l’éventuel pont. Il a aussi ajouté que le traversier était là pour rester même avec la construction d’un pont, comme par exemple à Québec où le service est en place même avec la présence d’un pont.

Interrogé à ce sujet, Luc Poirier n’a pas écarté la possibilité que le traversier reste en place. « Ce sera au gouvernement de décider s’il garde un service moindre. Ce qu’on veut, c’est une partie de son budget. Je vois quand même mal comment on pourrait le garder avec la présence d’un pont. »

D’autres études à venir

Le montant espéré par Luc Poirier servirait à produire d’autres études. L’étude de préfaisabilité, présentée aux quelque 200 convives, relatait plusieurs détails importants du projet, dont les options évaluées pour l’endroit, le coût, la largeur du pont, sa pente, etc.

« Il y a des défis techniques, comme l’argile. Plus le roc est profond dans le fleuve, plus ça va coûter cher. Avec une étude géotechnique, ça pourrait faire déplacer le projet de pont ailleurs », a déclaré le directeur de l’expertise chez Stantec, Denis Lefebvre, qui a présenté les détails techniques du projet.

Son emplacement est présentement prévu à la hauteur du chemin du Golf, dans le secteur Tracy. La solution du pont fixe en arc à suspentes croisées est privilégiée.

Le président de l’entreprise Cosime Infrastructure et Énergie, Frédéric Bettez, a ajouté qu’outre la géothermie, il faudra une étude sur le trafic de voitures.

« Pour l’instant, c’est au point mort parce que nous avons besoin d’études plus approfondies. Une fois qu’on aura ces études, il faut s’asseoir avec le ministère. On a besoin d’un chemin clair. Si on prend de notre temps et de notre argent, il faut savoir si on a une chance de voir le projet se réaliser auprès du gouvernement », a-t-il conclu.

Le pont en chiffres

1604 véhicules : débit journalier en 2007 pour le traversier

2350 véhicules : débit journalier estimé en 2025 pour le traversier

1,9 km : longueur totale estimée du pont

50 km/h : vitesse affichée

17,5 mètres : largeur du pont (Trois voies de 3,5 mètres avec des accotements de 0,75 mètre – deux voies de 3,5 mètres par direction des deux côtés du pont sur les pentes ascendantes)

4%: inclinaison de la pente du pont (sur 790 mètres du côté sud et 1350 mètres du côté nord)

3 ans : durée des travaux après l’obtention des autorisations

400 M$ : coût total estimé

Le promoteur Luc Poirier a expliqué le projet et sa genèse au public. (Photo: Jean-Philippe Morin)

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