25 septembre 2018
Plus que des « grandes oreilles »
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit un éditorial hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Participer au débat au Cégep de Sorel-Tracy, mardi dernier, a permis aux candidats du scrutin provincial du premier octobre dans Richelieu de croiser le fer devant des électeurs voulant repérer celui qu’ils choisiront. Ce que le député sortant Sylvain Rochon (PQ) et les aspirants Sophie Chevalier (PLQ), Jean-Bernard Émond (CAQ) et Sophie Pagé-Sabourin (QS) ont fait. Bien modérément, pour ne pas dire « Pas tellement »!

Voilà deux heures où la parole a été d’or! Chacun a démontré qu’il connaissait et adhérait aux principales lignes du programme de son parti respectif. Ils y ont référé largement en répondant aux questions portant sur les cinq thèmes proposés et à portée régionale – santé, économie, éducation, transport et gouvernance.

Ils ont été beaucoup plus généraux que spécifiques. Ils ont souvent tous reconnu l’évidence de certains problèmes. Mais ils n’ont pas cerné de solutions plus locales ou originales!

Le débat nous a donné une idée de leur façon de penser, de dire, de discuter. Ils ont débattu sans combattre. Chacun a pu intervenir selon sa personnalité, parfois théâtralement, parfois modestement, parfois maniant la morale ou l’ironie, toujours soucieux de défendre et de promouvoir l’image de son parti.

Malheureusement, on n’a pu saisir, à travers leurs propos, ce qu’est Richelieu à leurs yeux, comment ils l’aideront à façonner son avenir.

Les candidats ont aussi tous affirmé sans nuance qu’ils écouteraient ce que les citoyens ont à dire. Qu’ils transmettraient sans faute – c’est promis – leurs demandes à qui de droit.

Mais jamais ils ne se sont présentés comme des gens qui pourraient initier eux-mêmes des mouvements menant à la résolution de problèmes. Ils se voient comme des « grandes oreilles ». Puis comme des porte-parole, oui.

Comme il doit être les « grandes oreilles » de Richelieu à Québec, où les demandes et solutions des régions circulent, où des aides sont accordées! On n’a pas à réinventer le bouton à quatre trous. On peut parfois y déceler des pistes de solutions pas banales.

Les candidats n’ont pas manifesté non plus leur désir d’agir comme rassembleur du milieu. Pour mieux identifier les problèmes. Cerner les solutions. Développer des consensus tant sur la démarche à entreprendre que sur l’argumentaire à utiliser pour les régler.

Pensons-y : souvent Québec avance des solutions mur-à-mur, offertes à toutes les régions, sans tenir compte de leur spécificité, de leurs talents, de leurs capacités et de leur volonté.

Pourtant, on voit que des régions se sont relancées – Drummondville, Shawinigan – quand un rassembleur a su amener les gens à cesser de travailler en silo, sur leur petite affaire, pour concocter des interventions élargies et solidaires, permettant à leur milieu d’enfin redéployer ses ailes.

Bâtir l’avenir d’une communauté ne se fait pas en quatre ans. Ce qui exige d’un député qu’il ne doive pas travailler avec ce seul court terme en tête. Il doit voir plus loin. Accepter de consacrer du temps et de l’énergie à d’autres générations d’électeurs! Personne n’en a fait mention. Oui, je sais. Il n’y a que 24 heures dans une journée!

Ce débat vous a-t-il permis de mieux jauger les candidats? Moi, oui. À un candidat qui m’a fait remarquer que je suis par mes attentes fort exigeante pour les élus, je le confirme : c’est vrai!

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