14 mai 2020
Malgré la crise, certaines entreprises font des affaires d’or
Pleximax sollicité comme jamais
Par: Katy Desrosiers

PLEXIMAX Christian Deguise connaît une période très achalandée avec son entreprise Pleximax. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Avec la crise entourant la COVID-19, certains secteurs d’activités traversent une période plus difficile que d’autres. Chez Pleximax, les commandes ont explosé, si bien que le propriétaire Christian Deguise a un calendrier de production rempli pour plusieurs semaines.

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M. Deguise réalise des objets en plexiglas et autres matériaux depuis 28 ans. Son modèle d’affaires a toujours été la fabrication de produits sur mesure, comme des présentoirs et des pare-brise de motos ou de bateau. Depuis le début de la pandémie, son volume d’affaires a grandement augmenté puisqu’en plus des commandes régulières, il reçoit maintenant des demandes pour des panneaux de protection.

« Fabriquer un présentoir pour mettre des magazines ou faire un display pour protéger le client et la caissière, au niveau de la fabrication, c’est la même chose en principe, mais là, c’est le volume. C’est une affaire de fou. J’en ai quasiment pour un mois et demi en avant. Puis je voulais ralentir en plus. C’est moins le fun de ce côté-là », explique M. Deguise.

En effet, le propriétaire a connu une année plutôt difficile, alors qu’il a perdu sa conjointe et il a lui-même fait face à des problèmes de santé. Avec l’été qui s’en vient, il sait bien que le rythme des commandes ne diminuera pas.

Ces temps-ci, en plus d’offrir des dispositifs de protection pour les commerces, M. Deguise fabrique des séparateurs pour installer dans des véhicules.

« Les camions des travaux publics, d’Hydro-Québec, peu importe, ça leur prend tous des séparateurs. Les taxis aussi, ça va leur en prendre. C’est loin d’être fini cette affaire-là », lance-t-il.

Également, avec le nombre de commandes en hausse constante, un problème d’approvisionnement pourrait survenir. Le plexiglas est fabriqué au New Jersey et les réserves baissent.

« Je ne sais pas s’il y en a qui ont l’idée d’ouvrir une manufacture de plexiglas au Québec ou au Canada, mais ce serait bien le fun, mentionne l’homme d’affaires. On ne subirait plus le taux de change qui n’arrête pas de monter. »

Et la relève?

Christian Deguise aimerait bien pouvoir déléguer graduellement des tâches et compter sur quelqu’un de confiance pour reprendre son entreprise. Cependant, pour le moment, il n’y a pas de candidat en vue.

« J’aimerais ça que Pleximax continue, c’est mon bébé, c’est moi qui l’ai fondé. Quand j’ai parti l’entreprise, je travaillais chez Pratt & Whitney et tout le monde me disait que j’allais me planter. Je voulais au moins l’essayer. Et 28 ans plus tard, je suis encore là », souligne le propriétaire, en affirmant que son entreprise roule à fond.

M. Deguise a effectivement plusieurs gros clients dans la région, ce qui lui assure une certaine pérennité.

« C’est une entreprise qui pourrait rouler à deux ou trois personnes. Mais moi, je le fais tout seul. Ça donne une idée de comment je suis organisé, mais très bientôt, il va falloir que je trouve quelqu’un », ajoute-t-il, en précisant que son médecin lui a demandé de ralentir la cadence.

Malgré tout, l’entrepreneur ne baisse pas les bras.

« Ce n’est pas évident. Ça prend une certaine force de caractère, mais c’est un milieu que j’aime même si c’est très prenant. Où se trouve mon commerce, c’est aussi ma maison et où j’étais tout le temps avec ma conjointe, alors ça brasse des choses. Mais j’ai confiance d’être capable de continuer d’avancer », affirme Christian Deguise.

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