29 février 2016
Plamondon réitère son opposition envers le pipeline Énergie Est
Par: Louise Grégoire-Racicot
Le pipeline Énergie Est inquiète Louis Plamondon. | © by Dmitry Tereshchenko

Le pipeline Énergie Est inquiète Louis Plamondon. | © by Dmitry Tereshchenko

Le Bloc Québécois et les Verts se sont alliés pour s’opposer au passage au Québec de l’oléoduc de TransCanada, Énergie Est. Louis Plamondon leur emboite le pas, alors qu’Énergie Est est bien au fait de cette pétition et réitère que cette façon de faire est la plus sécuritaire.

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Il appelle les gens à signer une pétition en ligne sur le site de la Chambre des communes, réclamant du premier ministre Justin Trudeau qu’il empêche la réalisation de ce projet.

« Nous espérons prouver qu’il y aura un consensus québécois à ce propos. Les gens ont jusqu’en juin pour la signer », dit-il.

Les signataires exigent de ne pas transformer le Québec en autoroute du pétrole des sables bitumineux; de respecter les pouvoirs du Québec en environnement et de mettre un terme au projet Énergie Est de TransCanada.

La source

Le gouvernement Trudeau a annoncé des changements temporaires devant guider l’Office national de l’énergie (ONÉ) dans l’examen de projets de pipeline incluant Énergie Est, explique M. Plamondon. Ce qui l’inquiète.

« Ce projet n’en est pas un de développement durable et économique pour le Québec. »

Les risques sont trop grands, dit-il, d’acheminer plus de 1,1 million de barils de pétrole brut par jour en traversant plus de 80 bassins hydrographiques distincts, plus de 600 cours d’eau et plusieurs zones agricoles.

« On ne peut envisager que notre eau et nos terres soient contaminées par un déversement, qu’on met 18 minutes à repérer », rappelle-t-il.

« De plus, le pipeline transporte du bitume mélangé avec un diluant. Et dans l’eau, il ne flotte pas. C’est pire encore que celui qui est transporté par bateau et par train. »

Déjà 82 municipalités représentant quatre millions d’habitants du Québec s’y sont opposées, dit-il.

:« La loi interdit la tarification de produits quand ils circulent d’une province à l’autre. Et ce pétrole sera exporté à 93% vers le Nouveau-Brunswick », complète-t-il.

On a enregistré 1600 déversements de toutes les tailles en 2015 au Canada, déplore-t-il.

Tout comme lui, les ex-candidats du Parti vert, Corina Bastiani et JiCi Lauzon, dénoncent cette situation. Contactée par le Journal, Mme Bastiani a préféré ne pas commenter sa démarche.

Le Parti Québécois s’est également prononcé contre ce pipeline. Le député de Richelieu, Sylvain Rochon, a entre autres écrit ceci sur sa page Facebook, lundi matin: «Le projet Énergie Est fait porter tous les risques environnementaux au Québec pour 100 ans et ne comporte aucune retombée économique.»

La vision d’Énergie Est

Le porte-parole pour le projet Énergie Est, Tim Duboyce, est bien au fait de cette pétition. « Nous sommes très conscients des questions et des préoccupations des Québécois sur ce projet. Et nous nous engageons à les écouter. »

Mais il rappelle que le transport du pétrole par oléoduc vers deux raffineries de pétrole du Québec et une autre du Nouveau-Brunswick est la façon la plus sécuritaire de le faire.

« Nous avons besoin de ce pétrole pour remplacer celui qui vient de l’étranger. Et si nous n’utilisons pas cet oléoduc, on devra faire usage de plus en plus de trains pour le transporter », conclut-il.

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