28 avril 2015
PEPS compromis
Par: Deux Rives

CHRONIQUE DE JOCELYN DANEAU. Scène surréaliste, le 13 avril 2015, le conseil municipal de Saurel, maîtrisant difficilement la complexité technico-économique du projet 100% communautaire de Parc éolien Pierre-de Saurel (PEPS), a repoussé du revers de la main, pratiquement sans explication, 6 conseillers contre 2, la tenue d’un référendum sur le projet de 70M$ de PEPS.

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Ce qui a amené M. Sylvain Rochon, député de Richelieu, à déclarer (16 avril 2015) : « La MRC doit tenter de susciter l’adhésion d’une majorité claire à son projet de parc éolien ». On remarque immédiatement dans cette citation, le : doit tenter. Cette forme évite le conditionnel et oblige à l’action. Pour Sylvain Rochon, les citoyens doivent se reconnaître dans le projet de PEPS, dans l’esprit d’un 50 % + 1.

Il faut donc trouver un compromis social pour résoudre simultanément, les deux principaux problèmes de fond du projet de PEPS, qui étaient d’ailleurs au centre des conclusions du rapport du Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE). Premièrement, une acceptabilité sociale toujours à démontrer. Dans ce cas, il est généralement admis que les citoyens ont été informés avec un minimum d’effort et généralement placé devant le fait accompli. Deuxièmement, l’absence encore aujourd’hui, d’une démonstration formelle quant à la rentabilité financière du projet. Laquelle pour l’instant, repose sur une hypothèse de présence de vent rentable peu robuste, validée par 3 firmes indépendantes. Cette rentabilité financière fragile, si elle existe, est corroborée par au moins 3 faits significatifs : 1) le financement du projet n’est toujours pas bouclé à moins de 8 mois de sa mise en service prévue en décembre 2015, faute d’actifs crédibles de contrepartie, autres que le compte de taxes des citoyens; 2) le fait que PEPS présente systématiquement des revenus potentiels comme preuve de sa rentabilité, sans jamais présenter les coûts associés pour les obtenir et finalement; 3) l’argument qui veut que le projet soit trop avancé pour pouvoir reculer, une tactique supportée par du chantage économique en accordant conditionnellement un juteux contrat à un entrepreneur local, et en véhiculant l’idée discutable de pénalités de plusieurs millions de dollars, en cas de rupture du contrat. Rappelons que PEPS est déjà en retard sur son échéancier de réalisation et qu’il ne détient toujours pas ses autorisations gouvernementales. Note : Sur la base des vents d’avril 2015, PEPS annonce un taux de rendement potentiel de 24,9%. Pour 2014, la Caisse de dépôt annonce un taux rendement réel considéré comme supérieur à la moyenne de 13,2%, pour son portefeuille d’infrastructures de classe mondiale, dont Invernergy Wind, un chef de file nord-américain de l’industrie éolienne.

Un compromis est possible. L’idée a même déjà été mise sur la table, notamment dans cette chronique : faire réaliser une vérification technico-économique complète du projet, par un vérificateur externe indépendant, hors du contrôle de PEPS y incluant des prêteurs. Si PEPS n’a pas l’obligation légale de faire cet audit, la morale et le respect des citoyens l’exigent, en regard du risque financier que ce projet nous impose, sans que l’on nous ait demandé notre permission.

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