9 juillet 2019
Pêche à la perchaude : une série de fascicules pour relancer le débat
Par: Deux Rives
Il est interdit de pêcher la perchaude depuis 2012 dans le lac Saint-Pierre.
Photothèque | Les 2 Rives ©

Il est interdit de pêcher la perchaude depuis 2012 dans le lac Saint-Pierre. Photothèque | Les 2 Rives ©

Sébastien Lacroix | Les 2 Rives

L’Association des pêcheurs du lac Saint-Pierre (APLSP) a lancé une série de fascicules qui a pour but de jeter un « nouvel éclairage scientifique » sur la perchaude du lac Saint-Pierre sur laquelle un deuxième moratoire de cinq ans a été imposé en 2017.

Disponibles sur son site Internet (www.aplsp.com), ces fascicules, sous forme d’études, auront pour objectif d’ajouter des connaissances sur l’état du stock de la perchaude du lac Saint-Pierre. Des études de mises à jour doivent d’ailleurs être réalisées cette année.

Dans son premier numéro, accessible en ligne depuis le 21 juin, l’APLSP invite les lecteurs à mieux comprendre la perchaude du lac Saint-Pierre. Un deuxième numéro, déjà annoncé pour le 12 juillet, se penchera plus en détail sur le déclin de la perchaude du lac Saint-Pierre.

La reproduction de la perchaude au lac Saint-Pierre fera quant à elle l’objet d’un traitement détaillé dans une troisième étude à paraître au cours de l’été. Il sera aussi question ultérieurement de la pollution de l’eau du lac Saint-Pierre et du fleuve Saint-Laurent dans les années 1980, une période pourtant très faste pour la pêche à la perchaude.

La série de fascicules/études se poursuivra ensuite de façon périodique au cours des deux prochaines années, soit juste avant la fin du présent moratoire qui est prévu en 2022. Le tout a pour objectif d’informer les scientifiques, les pêcheurs, les citoyens, les agriculteurs, les élus et autres décideurs ainsi que d’apporter « un regard neuf » sur la situation.

Aussi difficile à éliminer que les rats

Dans son premier fascicule, un document de 16 pages, l’Association des pêcheurs du lac Saint-Pierre avance plusieurs arguments démontrant que l’espèce n’est pas aussi vulnérable qu’on pourrait le croire.

« Cette espèce très tolérante est capable de se reproduire et de se développer dans les milieux aquatiques les plus perturbés. Certains ichtyologistes la comparent à un rat, soit une espèce animale qu’on ne peut pas éliminer. La seule façon de réduire un stock de perchaude est via un prélèvement majeur par les pêches et/ou par les prédateurs naturels », fait valoir cette étude qui estime que la pêche sportive représente 1 % du prélèvement de la perchaude.

Les auteurs estiment également que l’impact de l’agriculture sur l’espèce a été amplifié. Ils concluent que la grande tolérance de la perchaude lui permet d’utiliser des habitats qu’une panoplie d’espèces ne pourrait. Ils ajoutent que l’espèce se déplace beaucoup pour sa quête alimentaire, ne se limitant pas au lac Saint-Pierre.

Ils rappellent d’ailleurs que les perchaudes du lac Saint-Pierre fréquentent un domaine vital beaucoup plus étendu, soit jusqu’à Québec. Ce qui fait en sorte qu’elles se déplacent beaucoup pour se reproduire dans le fleuve Saint-Laurent et dans les rivières Richelieu, Yamaska, Saint-François, Nicolet, sur la rive sud, et du Loup, sur la rive nord.

Les périodes de frais font ainsi en sorte que le portrait de la population de perchaude à l’hiver et au printemps n’est pas le même qu’en été, soit la période à laquelle le Réseau de Suivi Ichtyologique (RSI) fait ses échantillonnages. Ce qui a pour effet de sous-estimer significativement le portrait du stock de perchaude du lac Saint-Pierre, fait valoir l’Association.

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