5 août 2020
Pas d’intervention spéciale pour Hanna Horbanova
Par: Sébastien Lacroix
Hanna Horbanova, Ihor Horbanov et leurs deux enfants se sont installés à Sorel-Tracy pour fuir avaient fui les conflits en Ukraine.
Photo tirée de Facebook

Hanna Horbanova, Ihor Horbanov et leurs deux enfants se sont installés à Sorel-Tracy pour fuir avaient fui les conflits en Ukraine. Photo tirée de Facebook

Alors que le visa de travail de son mari décédé a été révoqué, la Soreloise d’adoption Hanna Horbanova se bat toujours pour ne pas être forcée de retourner en Ukraine avec ses deux enfants. La ministre québécoise de l’Immigration Nadine Girault, s’est entretenue avec elle il y a quelques jours, mais n’avait malheureusement pas de bonnes nouvelles à lui annoncer.

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Après que son histoire soit sortie au grand jour dans le Journal de Montréal, l’opposition officielle à Québec avait demandé à la ministre de régulariser sa situation et de lui accorder un Certificat de sélection du Québec (CSQ) pour lui permettre de recommencer à travailler.

Bien que touchée par la situation, la ministre dit avoir les mains liées. « Elle nous a expliqué qu’elle ne peut pas intervenir à ce moment-ci, raconte son avocate, Nataliya Dzera, qui suit son dossier d’immigration de près et qui servait d’interprète à la mère de famille d’origine ukrainienne. Elle nous a dit qu’il faut attendre la décision du fédéral concernant son statut de réfugiée et qu’ensuite elle pourra accélérer les choses quand ce sera à son niveau. »

Celle qui réside à Sorel-Tracy depuis près de deux ans et demi a dû cesser de travailler, en janvier dernier, parce que ses papiers n’étaient plus en règle. Le visa avait été consenti à son conjoint Ihor Horbanov. Il n’était plus valide parce que l’homme est décédé à la suite d’un accident dans un nid-de-poule géant sur l’autoroute 30 en raison de ce qui s’apparente à de la négligence de la part du ministère des Transports (MTQ).

« La ministre pourrait intervenir dans des circonstances exceptionnelles, comme on croit que c’est le cas, mais elle ne veut pas. Elle suit la loi à la lettre, poursuit l’avocate spécialisée en immigration. C’est politique. Elle ne veut pas faire d’exception. Sinon, elle a peur de devoir en faire d’autres. »

Pas de nouvelles avant septembre

Au fédéral, le dossier de la famille de l’immigrante ukrainienne et soreloise d’adoption frappe présentement un mur. La demande a été faite en mai 2019, mais plus rien ne bouge depuis le mois de mars, en raison de la pandémie de la COVID-19, indique l’avocate.

« On a tout fait pour accélérer les choses, mais il n’y aura pas de développement avant le mois de septembre. Parce que les bureaux du fédéral sont fermés, indique celle qui a fait plusieurs demandes humanitaires. Il y en a plusieurs autres qui sont en attente. Quand ce sera son tour? On ne le sait pas. »

D’ici là, son avocate accélérera le processus pour prolonger son statut de visiteur, afin que ses papiers soient en règle et qu’elle évite une expulsion d’ici quelques mois. Ce qui ne lui permettra toutefois pas de travailler.

La dame est d’ailleurs bien décidée à demeurer au Québec, assure son avocate. Elle a même demandé à la ministre de lui donner accès à des cours de francisation. Ce qu’elle n’a pas voulu faire tant que la réponse du fédéral n’aura pas été rendue. Même chose pour l’assurance maladie.

« Tout le monde veut montrer de l’humanisme à Hanna, mais rien ne bouge, mentionne Nataliya Dzera. C’est plate. Parce qu’elle ne peut même pas fournir les papiers nécessaires pour l’école de ses enfants. »

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