11 mai 2021
Pas de crise, mais une rareté de logements, clament les élus
Par: Alexandre Brouillard

Serge Péloquin, maire de la Ville de Sorel-Tracy, ne croit pas que la municipalité vit une crise du logement. Photothèque | Les 2 Rives ©

Jean-Bernard Émond, député de Richelieu, assure que le gouvernement du Québec reconnaît la rareté des logements à plusieurs endroits dans la province. Photothèque | Les 2 Rives ©

Pour Serge Péloquin, maire de la Ville de Sorel-Tracy, et Jean-Bernard Émond, député de Richelieu, la région de Sorel-Tracy n’est pas plongée dans une crise du logement, mais vit plutôt une rareté de ceux-ci.

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« Il y a une grande différence entre une crise et une rareté, assure d’emblée Serge Péloquin. À Sorel-Tracy, les prix des logements augmentent, beaucoup de familles sont à la recherche d’appartements et certains propriétaires refusent tout simplement de loger des familles. Ce mélange d’impondérables crée une rareté de logement, mais pas une crise. Il suffit de s’attarder aux données de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) pour remarquer l’effet de rareté, alors qu’entre 2015 et 2020, le taux inoccupation est passé de 7,6 % à 2,5 % à Sorel-Tracy ».

Sans nier une possible crise du logement, Jean-Bernard Émond affirme toutefois que le gouvernement reconnaît une rareté de logements à certains endroits. « Nous travaillons sur plusieurs fronts pour loger les Québécois à un prix raisonnable. […] Il faut se rappeler que le taux d’inoccupation au Québec demeure tout de même assez bas, mais il est encore loin de celui du début des années 2000 lorsqu’il y avait une crise du logement », affirme-t-il.

Alors que certains organismes de la région déplorent le manque de logements et soutiennent qu’une crise fait rage, le maire souligne que la Ville multiplie les efforts pour loger ses citoyens. « Depuis l’année 2000, il s’est construit 700 logements locatifs pour des personnes avec des revenus d’au moins 40 000 $ par année, tandis que les familles à faibles revenus peuvent bénéficier de 462 habitations à loyer modique (HLM) dans la région. Sans oublier que la Ville contribue au Programme de subventions au loyer (PSL) ».

« Notre gouvernement est déjà en action pour construire plus de logements abordables : c’est plus de 2,6 milliards $ qui sont prévus dans le Plan québécois des infrastructures (PQI) 2021-2031 pour le logement social et communautaire. Depuis octobre 2018, on a construit 3080 nouveaux logements et 3424 logements supplémentaires sont présentement en chantier à travers la province », ajoute M. Émond.

Malgré ces investissements prévus, Serge Péloquin affirme qu’il y a actuellement 60 personnes sur une liste d’attente afin d’obtenir une place dans un HLM de la région. « Certains d’entre eux iraient habiter dans des HLM en région si un transport collectif existait sur tout le territoire de la MRC de Pierre-De Saurel. Ces gens veulent être à Sorel-Tracy et près des services essentiels », affirme-t-il.

S’occuper des familles à faibles revenus

« Ce qui me préoccupe beaucoup, c’est nos familles à faibles revenus. C’est pour cette raison que nous travaillons avec l’Office municipal d’habitation (OMH) pour réaliser un projet de 40, 60 ou 80 logements mixtes à Sorel-Tracy. La Ville devrait contribuer à la hauteur de 10 % et fournir un terrain, comme dans le cas de l’Héberge du Grand Héron. De cette façon, nous pourrons offrir plus de possibilités aux gens qui désirent des logements de qualités à petits prix », détaille le maire.

M. Péloquin explique également que la Ville travaille actuellement pour que le Programme de subventions au loyer soit augmenté afin que les propriétaires soient assurés que 25 % du prix de leur loyer soit payé par l’OMH. « De cette façon, le propriétaire s’assure d’avoir son revenu et le locataire obtient une contribution de 25 %. Ça permet aussi à la Ville d’éviter de construire de nouveaux bâtiments », explique-t-il.

Alors que M. Péloquin réitère que la rareté de logements à Sorel-Tracy l’inquiète, Jean-Bernard Émond assure que « cet enjeu est très sérieux et on va tout faire pour que chaque Québécois ait un loyer décent ».

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