23 mai 2018
Partager une vie
Par: Deux Rives

Marc-André Dionne, contrôleur animalier, offre une chronique au journal Les 2 Rives. (Photo: Kim Rancourt photographe)

Cet animal que nous avons regardé grandir, à qui nous avons appris et avec qui nous avons joué.

Cet animal qui a fait des bêtises et qui nous en a fait vivre de toutes les couleurs lors de son éducation.

Cet animal avec qui nous avons passé plus de temps que n’importe quel autre être vivant.

Cet animal à qui nous avons présenté nos parents, nos amours, nos enfants et nos amis.

Cet animal qui vieillit, qui nous suit lors de nos marches, qui court à nos côtés, qui branle la queue lorsqu’on dit le mot « dehors » ou lorsqu’on ouvre la porte de l’auto.

Cet animal que l’on aime même s’il jappe, s’il est anxieux ou s’il a détruit le sac de poubelle que nous avons oublié près de la porte de la maison.

Cet animal que nous avons adopté il y a 8, 10 ou même 15 ans, n’a plus autant de fougue, mais il est toujours cette même boule d’amour que nous avons élevé. Nous nous comptons chanceux d’avoir partagé notre vie avec lui et c’est réciproque…

Je suis heureux avec toi. J’ai vécu ma vie de chien avec un humain qui a su m’aimer jusqu’à la fin, qui a su tenir sa promesse jusqu’au bout.

Il y a deux ans, tu as remarqué que j’avais de la difficulté avec mes hanches. Tu m’as amené chez le vétérinaire. Tu as suivi ses conseils et tu as commencé à me donner de la glucosamine et tu as changé ma nourriture. Je ne connaissais pas les Oméga. Je me suis senti mieux pour quelque temps. En plus, j’avais droit à des massages!

Un an plus tard, on a commencé les traitements de cartrophène. Je n’ai pas aimé ma première piqûre, je me sentais bizarre. Je n’ai pas aimé le fait de retourner chez le vétérinaire à chaque mois pour mes injections. Ces traitements se sont échelonnés jusqu’au moment où j’ai eu besoin d’antidouleur pour faire des activités… prendre une marche.

Une radiographie nous a ensuite démontré l’état de mes hanches. Tu as suivi toutes les étapes des traitements possibles et cela nous a permis d’avoir plus de temps ensemble. Tu m’as permis de garder une qualité de vie. Un jour, tu m’as demandé de te le dire lorsque je ne serai plus capable de soutenir cette douleur. C’est ce poids qui t’incombe aujourd’hui.

Je serai de bonne humeur si je subis une opération. Je serai de bonne humeur si tu décides de me laisser partir. Je serai de bonne humeur puisque je serai encore et toujours avec toi.

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