19 février 2019
Les 2 Rives au cœur de la tempête du 12 février 2019
Opération déneigement à Sorel-Tracy : l’équipe des Travaux publics à pied d’œuvre
Par: Katy Desrosiers
Près de 40 cm de neige est tombé sur Sorel-Tracy pendant la tempête et l'équipe du déneigement a dû parcourir plusieurs fois le territoire pour nettoyer les rues.
Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Près de 40 cm de neige est tombé sur Sorel-Tracy pendant la tempête et l'équipe du déneigement a dû parcourir plusieurs fois le territoire pour nettoyer les rues. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

L’équipe de nuit, assis : Jean-François Grenier, Chantal Hamel et Tony Venancio; debout : Sylvain Cournoyer, Alexandre Crevier, Christos Koltoukis, contremaître, Sylvain Dufresne et Richard Grignon-Ceré.
Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

L’équipe de nuit, assis : Jean-François Grenier, Chantal Hamel et Tony Venancio; debout : Sylvain Cournoyer, Alexandre Crevier, Christos Koltoukis, contremaître, Sylvain Dufresne et Richard Grignon-Ceré. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

La tempête du 12 et 13 février est une des plus importantes cette saison. 
Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

La tempête du 12 et 13 février est une des plus importantes cette saison. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Près de 40 cm de neige est tombé sur Sorel-Tracy pendant la tempête et l'équipe du déneigement a dû parcourir plusieurs fois le territoire pour nettoyer les rues.
Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Près de 40 cm de neige est tombé sur Sorel-Tracy pendant la tempête et l'équipe du déneigement a dû parcourir plusieurs fois le territoire pour nettoyer les rues. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

La tempête du 12 et 13 février est une des plus importantes cette saison. 
Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

La tempête du 12 et 13 février est une des plus importantes cette saison. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Près de 40 cm de neige est tombé sur Sorel-Tracy pendant la tempête et l'équipe du déneigement a dû parcourir plusieurs fois le territoire pour nettoyer les rues.
Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Près de 40 cm de neige est tombé sur Sorel-Tracy pendant la tempête et l'équipe du déneigement a dû parcourir plusieurs fois le territoire pour nettoyer les rues. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

La tempête du 12 et 13 février est une des plus importantes cette saison. 
Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

La tempête du 12 et 13 février est une des plus importantes cette saison. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Le journal Les 2 Rives s’est joint à l’équipe de nuit du Service des travaux publics de la Ville de Sorel-Tracy afin de constater l’ampleur de la mission déneigement lors de la tempête du 12 février 2019, qui a paralysé le Québec pendant quelques heures.

La soirée débute vers 23 h 30 au garage municipal. Le contremaître de nuit, Christos Koltoukis, discute avec son équipe du plan de match. Pour cette tempête, trois personnes s’occupent de rendre l’accès de la vingtaine de bâtiments municipaux sécuritaire, alors que le reste de l’équipe s’affaire sur les routes.

Notre photographe accompagne le contremaître dans le camion, alors que j’ai pu rejoindre Chantal Hamel, une des seules femmes opératrice de machinerie du Service. Son quartier à déneiger est celui qui se trouve entre la rue de Ramezay, l’autoroute 30 et la rue du Collège.

On commence la soirée avec la rue Larivière, où il y a un petit rond point rempli de neige avec un sol glacé. Chantal, pourtant habituée à de telles conditions, ne peut dégager le camion qui s’est enlisé. Avec la glace, impossible de faire demi-tour et de toute façon, l’espace est trop restreint. Après plusieurs essais, elle réussit à déloger son camion et opte pour la marche arrière pour sortir de la rue, pendant que le contremaître surveille les alentours à bord de son véhicule.

Conclusion : on abandonne cette rue. Un collègue avec de la machinerie plus adaptée viendra faire ce secteur plus tard.

On poursuit le parcours sur la rue de Ramezay, en direction des Promenades de Sorel.

« Ce qui est vraiment plate, c’est les gens en voiture qui viennent près derrière et qui restent là. On ne les voit pas toujours quand ils sont trop près. Je dois mettre les quatre « flashers » et attendre qu’ils passent. Des fois, ils ne comprennent pas et je dois tout arrêter et descendre du camion pour leur faire signe. On met toujours nos clignotants pour indiquer où on va, les gens peuvent alors nous dépasser ou au moins se tenir loin du camion », mentionne Chantal.

Quelques minutes plus tard, après avoir terminé cette intersection critique, on se dirige vers la rue Joseph-Rivet, une rue en « U », assez difficile à déneiger en raison de la chaussée glacée, selon l’opératrice.

Effectivement, le camion reste coincé, encore une fois, seulement une vingtaine de minutes après être resté coincé sur la rue Larivière. Il est près de minuit. Incapable de déloger le camion, on doit appeler du renfort. Ce n’est pas la première fois que la situation se produit cet hiver. Après quelques minutes, un des collègues de Chantal vient nous aider. Il tente d’abord avec la pelle de son chargeur sur pneu de nous tirer. Notre camion s’enlise davantage. Les deux opérateurs optent donc pour une chaine reliant les deux véhicules. Ainsi, le collègue de Chantal a pu nous tirer plus loin, sur une surface moins glacée. On abandonne cette rue également, un autre passera plus tard. Les employés gardent tout de même l’atmosphère légère en racontant quelques blagues dans la radio.

Dépassé minuit, on entre dans le quartier et le déneigement s’effectue plus facilement. « Faut quand même faire attention avec la neige gelée en bord de route pour ne pas briser l’aile (la lame sur le côté du camion). On roule généralement en bas de 20 km/h », explique Chantal.

L’opératrice me raconte aussi qu’elle doit être vigilante pour ne pas blesser de piétons. Dans son quartier, il y a plus souvent des piétons qui marchent dans les tempêtes à trois heures du matin que de voitures stationnées dans la rue.

La femme effectue plusieurs autres tâches l’été et l’hiver, mais le déneigement est ce qu’elle préfère. Elle prend son travail très à cœur. « Ça vient me chercher les commentaires négatifs, les gens qui se demandent pourquoi telle ou telle rue n’est pas déneigée. On ne se « pogne » pas le beigne quand on travaille », affirme-t-elle.

Le reste du territoire

Vers 1 h du matin, on procède à un échange : le photographe accompagne Chantal, tandis que je me joins au contremaître de nuit, Christos Koltoukis, dans le camion. Il m’explique que la tempête que nous vivons est une des plus grosses de l’année et que la quantité de neige tombée et la vitesse à laquelle elle s’accumule rendent les opérations plus difficiles, surtout avec la couche de glace déjà au sol.

Comme les températures sont souvent très froides, il est difficile d’épandre du sel. « Il doit faire entre 0 et moins 5 degrés pour qu’on puisse sortir la machinerie qui gratte la glace et en bas de moins 12, le sel ne travaille plus. C’est pour ça qu’on ajoute de la roche concassée, elle permet d’avoir de l’adhérence au sol », mentionne-t-il.

Christos confirme qu’il n’y a pas beaucoup de voitures stationnées dans les rues, comparativement à d’autres opérations déneigement. Cependant, quelques minutes plus tard, il doit faire remorquer un véhicule qui bloque le passage de la machinerie sur la rue Hôtel-Dieu.

L’arrivée des saleuses

Après la pause à 1 h 30, Jean-François, un des travailleurs, entreprend l’épandage sur les artères principales et aux intersections. Une fois que celles-ci seront faites, si le temps le permet, il passera au centre-ville.

L’équipe de nuit termine son travail vers 7 h 30. Par la suite, l’équipe de jour prendra le relais afin de s’assurer de nettoyer tout le territoire.

Une saison difficile

Les périodes de gel et de dégel connues au cours des dernières semaines rendent la tâche difficile à l’équipe du Service des travaux publics de la Ville de Sorel-Tracy qui effectue le déneigement du territoire. Les véhicules stationnés dans les rues en période d’interdiction compliquent également leur travail.

Les voitures stationnées malgré l’interdiction constituent une des problématiques principales. Les camions doivent les contourner, ce qui laisse une accumulation de neige. Il n’est pas toujours possible de repasser plusieurs fois dans le secteur pour vérifier si le véhicule est parti. L’accumulation de neige laissée finira par durcir, ce qui créera un monticule de glace difficile à récolter.

Les périodes de gel et de dégel répétitives font en sorte qu’il est souvent impossible pour le sel de bien travailler afin de faire fondre la glace.

Plusieurs secteurs à déneiger

Le territoire est réparti en plusieurs secteurs et la majorité de la superficie est déneigée par des sous-traitants. Leur travail s’effectue selon les normes du Service des travaux publics. Le déblaiement des trottoirs est aussi effectué par une entreprise et débute vers 4 h ou 5 h. Les routes et les trottoirs doivent être praticables et sécuritaires lorsque les gens les utilisent le matin pour se rendre au travail. Normalement, dégager un secteur prend quatre heures.

Le Service connaît peu de bris de machinerie dans une saison. Ce qui peut cependant être dommageable pour les souffleurs à neige sont les objets ensevelis comme des plaques d’adhérence (plus communément appelés Traction Aids) et des pneus.

La Ville de Sorel-Tracy a reçu quelques plaintes depuis le début de la saison et celles-ci concernent majoritairement la glace dans les rues secondaires.

La tempête du 12 et 13 février

Pour cette tempête, la première étape était de bien dégager les rues. Par la suite, le soufflement de la neige peut débuter. Il consiste à amasser la neige dans des camions lourds et la transporter au site de dépôt. Cette opération dure normalement entre deux jours et demi et trois jours. Cette fois-ci, il se pourrait que l’opération soit plus longue.

L’objectif, selon le contremaître Christos Koltoukis, était de dégager au moins le centre-ville d’ici la fin de semaine. La tâche nécessite une douzaine de camions par quart de travail pour récolter toute la neige. M. Koltoukis travaille sur le déneigement depuis une vingtaine d’années et depuis son arrivée, il n’a jamais connu une saison pendant laquelle dès novembre, on devait procéder à des opérations mécaniques pour récolter la neige. La tempête des 12 et 13 février a laissé sur Sorel-Tracy plus ou moins 40 cm de neige selon les endroits.

Un survol de l’hiver 2019

Cet hiver jusqu’à maintenant

Moyenne

Épisodes de gel – dégel

15

4 ou 5

Précipitations de pluie pour décembre et janvier

Plus de 120 mm

66 mm

Quantité de sel utilisé

2600 tonnes (la quantité finale prévue est d’environ 3250)

2600 tonnes

Précipitations de neige

200 cm

200 cm (moyenne des 20 dernières années)

Quelques chiffres supplémentaires
Coût d’une tempête

8000 $ par cm de neige

Coût d’une saison en moyenne

1,6 M$

Coût de la tempête du 12 et 13 février

320 000 $

Bris d’équipement cette saison

1 (impact avec un muret de béton sur la Phipps)

image