19 septembre 2017
« On était coincés là-bas, on ne savait plus quoi faire »
Par: Jean-Philippe Morin
Les employés ont lancé des chaises dans les piscines pour se préparer aux forts vents d’Irma. | Gracieuseté

Les employés ont lancé des chaises dans les piscines pour se préparer aux forts vents d’Irma. | Gracieuseté

Les « X » dans les fenêtres empêchent les vitres de briser en éclats lors de forts vents. | Gracieuseté

Les « X » dans les fenêtres empêchent les vitres de briser en éclats lors de forts vents. | Gracieuseté

Un convoi de 16 autobus a transporté les touristes de Cayo Coco à Varadero. Un voyage de neuf heures. | Gracieuseté

Un convoi de 16 autobus a transporté les touristes de Cayo Coco à Varadero. Un voyage de neuf heures. | Gracieuseté

Clément et Antoynet Fournier. | Gracieuseté

Clément et Antoynet Fournier. | Gracieuseté

Guylaine Lusignan et Denis Lecomte. | Gracieuseté

Guylaine Lusignan et Denis Lecomte. | Gracieuseté

Antoynet Fournier, Clément Fournier, Denis Lecomte et Guylaine Lusignan ont évité le pire de l’ouragan Irma, à Cuba la semaine dernière. Soulagés, les Sorelois déplorent d’avoir été laissés à eux-mêmes, sans moyen de revenir au Canada.

Arrivés à Cayo Coco le 5 septembre, les deux couples ont croisé un homme qui s’apprêtait à retourner au Québec. En lui parlant, ils ont réalisé que leur vol de Québec jusqu’à Cuba était en fait le dernier.

« Le cœur m’a serrée, commente Antoynet Fournier. On avait tout vérifié avant de partir. Notre vol n’avait pas été annulé et Irma était loin de Cayo Coco. C’était supposé passer en orages et en pluie intense, mais pour peu de temps. Finalement, c’était plus gros que prévu. »

Un calvaire

Les trois premiers jours ont été un véritable calvaire pour les deux couples sorelois. Comme l’ouragan se dirigeait tout droit vers Cayo Coco, les voyageurs ont dû être escortés par un cortège de 16 autobus vers Varadero. Le trajet a duré un total de neuf heures.

Rendus à Varadero, ils n’avaient aucune indication concernant leur vol du retour, initialement prévu le 12 septembre. Le soir du vendredi 8 septembre, ils ont été informés par le restaurant de l’hôtel qu’aucun repas ne serait servi le lendemain puisqu’Irma approchait.

« À ce moment, mon cœur s’est encore serré. On ne savait pas quand on allait revenir. Les employés se préparaient à l’arrivée de l’ouragan et on était laissés à nous-mêmes. Ils lançaient les chaises dans la piscine et installaient des « X » dans les fenêtres au cas où elles brisent pour que les débris revolent moins. Il faisait super beau, on était en vacances, mais on ne pouvait même pas aller à la plage se baigner », témoigne Mme Fournier.

Dans la nuit de vendredi à samedi, vers 1h du matin, on leur a finalement annoncé que leur avion décollait à 8h30 du matin. « Je peux te dire que je n’ai pas dormi de la nuit! », ajoute Antoynet Fournier.

Une peur bleue

Cette nuit a non seulement été mouvementée en raison de l’incertitude, mais aussi en raison du vent qui soufflait et de la pluie qui tombait.

« Il y avait de l’eau dans le passage du lobby de l’hôtel. On marchait en longeant les murs pour ne pas piler dans l’eau. Dehors, ce n’était pas possible de marcher en ligne droite tellement le vent était fort », décrit Mme Fournier.

À l’aéroport, leur vol était en retard de deux heures en raison des forts vents. « On nous a dit de s’attacher tout le long du vol. Si on voulait aller aux toilettes, il fallait demander aux agents de bord si c’était sécuritaire. On a senti des secousses très fortes. Il y a eu une turbulence majeure où il y a eu plusieurs cris, mais le reste était correct. Tout le monde a applaudi et crié lors de l’atterrissage, c’était la fin d’un long calvaire », conclut-elle.

Ils seront dédommagés

Antoynet Fournier a écrit une douzaine de pages concernant tout ce qui leur est arrivé à Cuba afin de recevoir un dédommagement. Arrivés au Québec depuis 10 jours, les deux couples sorelois doivent démontrer à leur transporteur Sunwing à quel point ils ont été lésés durant leur séjour à Cuba.

Mme Fournier a déposé une longue lettre du récit des faits à son agence de voyage. « Irma s’est déplacée le mardi soir [NDLR : le 5 septembre] alors que nous avons atterri le mardi matin. Rien n’indiquait que l’ouragan allait toucher Cayo Coco. C’est pour cette raison qu’on recevra un dédommagement selon notre agent de voyage », explique Mme Fournier.

Les Sorelois pourraient recevoir un crédit voyage de Sunwing ou un montant en argent de l’Office de protection du consommateur. Le président de Voyages Vasco à Sorel-Tracy, Normand Niquet, explique que la procédure habituelle concernant un dédommagement relève du cas par cas.

« En tant qu’agents de voyage, on agit comme intermédiaire. L’agence n’a aucune responsabilité; on travaille pour le client. On lui demande de nous fournir le récit précis des événements et on transmet le tout aux personnes concernées », souligne-t-il.

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