5 mars 2018
Seulement six victoires en 36 matchs pour les Rebelles du Cégep de Sorel-Tracy
« On a manqué de caractère et de passion » – Éric Messier
Par: Jean-Philippe Morin

L'entraîneur Éric Messier ne mâche pas ses mots pour commenter la saison 2017-2018 des Rebelles du Cégep de Sorel-Tracy. (Photo : Pascal Cournoyer)

Manque de caractère et manque de passion. Ces mots reviennent constamment dans la discussion lorsque l’entraîneur des Rebelles, Éric Messier, parle de la saison catastrophique de son équipe en 2017-2018.

Avec seulement six victoires en 36 rencontres, les Rebelles du Cégep de Sorel-Tracy ont conclu, le 25 février, leur pire saison depuis le retour de l’équipe il y a neuf ans. Les joueurs étaient jeunes, certes, mais il ne faut pas pointer leur âge pour expliquer les insuccès de la formation cette année, croit Éric Messier.

« C’est une saison qui a fini tôt en février, mais qui a été longue pareil », lance d’emblée l’entraîneur, lorsque questionné sur les déboires des Rebelles.

« On manquait carrément de caractère. Ce n’est pas parce qu’on était jeunes, parce que j’en ai vu des équipes jeunes se battre. On n’a pas commencé du bon pied et notre confiance était affectée. Quand on perdait par un but, la game était finie, on n’était pas capable de revenir. Du caractère, tu en as ou t’en n’a pas. Nous, on n’en avait pas », a-t-il répété de nombreuses fois.

Éric Messier en était à sa 9e saison derrière le banc des Rebelles. S’il a connu de bonnes années la plupart du temps, certaines saisons ont été plus difficiles. Malgré tout, il n’avait jamais vu rien de tel en une saison complète.

« Dans les premières années, on ne gagnait pas tout le temps, mais quand les gars venaient à l’aréna, ils travaillaient et avaient du plaisir à jouer. Parfois, on ralentissait les pratiques pour ne pas les brûler en vue des matchs, mais ils voulaient toujours pousser et en apprendre plus, même si on perdait. Ce n’était pas le cas cette année », analyse-t-il sévèrement.

Dix-neuf joueurs sur les 23 de l’équipe étaient de nouveaux-venus. Malgré tout, ce n’est pas une question de manque de chimie qui a fait défaut, selon l’entraîneur.

« La chimie se forme quand les gars ont de la passion. Quand la moitié des joueurs ça leur tente et l’autre moitié non, c’est difficile d’en former une. Quand la passion n’est pas là, elle ne se donne pas. Je suis allé voir au Walmart et il n’y en avait pas à vendre », avance Éric Messier.

Et l’an prochain?

Au sujet de l’équipe qui sera sur la glace, il ne pense pas que la solution est de changer l’entièreté des joueurs. « Il y a des leaders silencieux dans cette équipe qui devront prendre encore plus de place. Certains avaient cette passion en eux, mais ce n’était pas tout le groupe », croit l’ancien défenseur de l’Avalanche du Colorado et des Panthers de la Floride.

Éric Messier sera de retour pour une 10e année comme entraîneur des Rebelles du Cégep de Sorel-Tracy. Il s’agit de sa dernière année d’un contrat de cinq ans.

« Ça me fait vieillir! Le temps passe vite, déjà… Surtout quand les anciens Rebelles reviennent à 26 ou 27 ans, et qu’ils coachent avec moi en plus… C’est spécial. La passion du hockey, je l’ai depuis que j’ai trois ans. J’en ai 44 et je joue encore dans les ligues de garage. J’ai très hâte à la prochaine saison », conclut le Sorelois d’adoption.

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