24 mars 2020
Oh coronavirus, quand tu nous tiens!
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Ce virus bouleverse nos habitudes. Le confinement entrave notre habituel sentiment de liberté. L’isolement nous donne cependant un certain temps pour penser, une fois l’intendance de la maison assurée – comme savoir nos proches en sécurité, avoir suffisamment à manger, à lire, à se soigner, à se distraire. Beaucoup plus de temps que d’habitude, car les obligations sont amoindries pour plusieurs d’entre nous.

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Bien sûr, les parents ont les bras pleins, surtout s’ils doivent « télétravailler ». D’autant que plusieurs doivent réapprendre à composer avec des enfants habitués à toujours être accompagnés d’adultes attentifs, au CPE ou à l’école. Ces parents doivent constamment diviser leur attention entre les enfants qui les réclament et le travail qui les attend, tout en faisant fonctionner adéquatement la maisonnée. Que d’organisation et d’énergie cela leur demande. Et le ministère de l’Éducation qui a un peu tardé à leur fournir des propositions d’activités qui sauront garder leurs enfants alertes et ouverts à apprendre et/ou consolider leurs connaissances. L’école à la maison? Ça s’en vient, dit-on. Courage!

Courage aussi aux ainés qui ont dû renoncer à leurs rencontres familiales ou amicales, histoire de protéger leur santé. Ils doivent renouer avec la solitude. Heureusement, le téléphone et les médias sociaux peuvent les garder en communication avec leurs proches. Au fait, membre de ce groupe, j’ai largement apprécié le coup de fil de ma conseillère municipale, Sylvie Labelle, s’assurant que nous ne manquions de rien!

Mais voilà que dans ce confinement, plein d’idées et sentiments nous assaillent. Rarement plaisants. Souvent inquiétants. Il faut les laisser vivre, se dire. En parler s’impose. Pour mieux accepter ce qui se passe et mieux le vivre. Pour en tirer quelque chose de bon.

À travers eux, d’autres questions montent : qui sommes-nous, pourquoi vivons-nous? Que sera l’après? Une quête que des citoyens de tous les temps ont menée. Et leurs réponses diffèrent. Comme les nôtres. Mais elles ne pourront que nous changer. Permettre de mieux nous connaitre et désormais être plus fidèles à qui nous sommes vraiment.

Voilà un isolement qui fera peut-être craquer notre masque social – hélas affiché trop souvent en public. Peut-être même tombera-t-il définitivement. Pour le mieux!

Car cette pandémie qui a vite surgi et que nous combattons à coup d’isolement nous sort de l’indifférence et de la routine du quotidien. On ne peut plus penser que le monde va de soi. On doit y mettre du sien, seul et avec les autres pour en traverser les bons et mauvais épisodes, transgresser ses inquiétudes et réviser ses certitudes!

Moi, je m’étonne de voir que plus rien ne rythme ma vie que ces quelques visites déjà planifiées chez le médecin. Tout dépend de ma propre initiative et de ma capacité à la discipliner, moi qui de tous les temps ai détesté les routines, les activités à heure fixe. Je suis bien obligée d’admettre qu’elles sont nécessaires. D’ailleurs, tous les parents confinés avec leurs jeunes enfants en savent long sur cette question. Moi, « mes petits » ont déjà aussi leurs petits, alors je suis laissée à moi-même!

J’applaudis toutefois toutes les mesures exceptionnelles prises par les différents paliers gouvernementaux et l’existence de ce filet social que nous nous sommes donné au Québec – même si souvent, on trouve qu’il nous coûte bien cher. Il a toute sa raison d’être par les temps qui courent, permettant sûrement d’alléger les inquiétudes et l’insécurité de plusieurs.

Être confiné fait enfin réaliser qu’il faut prendre les moyens de garder nos cerveaux et nos cœurs ouverts et actifs. Pour mieux préparer l’après!

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