5 août 2016
Neuf ans de prison pour un prédateur sexuel aux multiples victimes
Par: Deux Rives
Simon Girard-Lévesque a écopé d'une lourde peine de pénitencier le 5 août au palais de justice de Joliette. | TC Média - Archives

Simon Girard-Lévesque a écopé d'une lourde peine de pénitencier le 5 août au palais de justice de Joliette. | TC Média - Archives

Un prédateur sexuel de 29 ans de Saint-Robert, qui hameçonnait ses jeunes victimes par de faux comptes Facebook et qui présente un risque élevé de récidive à long terme a écopé d’une lourde peine de pénitencier, le vendredi 5 août, au palais de justice de Joliette.

Simon Girard-Lévesque, un militaire de carrière qui a fait deux missions en Afghanistan avant de se livrer à ses crimes, n’a pas bronché ni sourcillé pendant l’heure que le juge Normand Bonin a livré son jugement au terme de laquelle il l’a condamné à neuf ans de pénitencier.

La Couronne réclamait douze ans et la défense, six ans.

Manipulateur et narcissique

Le juge a dépeint l’accusé comme un être manipulateur et narcissique qui recherchait un bénéfice sexuel personnel en usant de diverses identités et en exploitant la naïveté des adolescentes et leur éveil sexuel.

« Ces gestes étaient de nature à atteindre leur dignité, leur intégrité, voire leur personnalité […], a insisté le juge. Il a non seulement exploité leur naïveté, mais il les a insultées, a procédé à du chantage et s’est rendu à des gestes de contrainte et de violence additionnelle envers certaines victimes. Toutes les victimes étaient en situation de vulnérabilité en raison de leur jeune âge et aussi en raison que certaines provenaient de milieux défavorisés. »

Très jeunes

Pendant deux ans, entre septembre 2010 et décembre 2012, Simon Girard-Lévesque a fait 13 victimes, dont deux d’entre elles n’avaient seulement que 12 ans. La plupart des victimes avaient entre 13 et 14 ans. Il les a leurrées en se créant de faux comptes Facebook. Il communiquait avec plusieurs adolescentes en même temps afin de les solliciter pour des touchers ou des relations sexuelles.

Il communiquait avec les jeunes filles à partir de son ordinateur personnel, depuis chez sa mère, à Rawdon et à Saint-Robert près de Sorel-Tracy, puis de chez lui, à Québec.

Il a été reconnu coupable, le 22 mai 2015, de 47 chefs d’accusation dont la majorité est de nature sexuelle, soit contact sexuel, agression sexuelle, incitation à la prostitution puis accès et production de pornographie juvénile. Il a aussi été reconnu coupable de séquestration et de leurres.

Même modus operandi

Pour hameçonner ses victimes, Simon Girard-Lévesque utilisait toujours le même modus operandi. Il faisait une demande d’ami à une adolescente choisie au hasard et prétendait qu’il ouvrait un nouveau compte sur le réseau social.

Quand sa potentielle victime établissait un contact avec lui, il entamait des discussions banales qui prenaient rapidement une connotation sexuelle.

Simon Girard-Lévesque se présentait par la suite comme un jeune adulte qui avait lancé un défi avec un ami comme quoi il devait avoir une relation sexuelle avec la fille la plus jeune possible.

Il les mettait au défi moyennant une somme d’argent en retour.

Si une interlocutrice ne voulait pas faire l’amour avec lui, il lui arrivait de lui demander de trouver une amie qui aimerait relever le défi.

Insultes et gestes violents

Il a réussi à gagner la confiance de ses victimes et sept d’entre elles qui ont accepté de le rencontrer.

« L’une d’elles a été séquestrée par l’accusé et forcée de lui faire une fellation dans un véhicule; de plus, elle n’a jamais obtenu l’argent promis, relate le juge. Il a forcé une pénétration à l’égard de deux victimes et il a menacé l’une d’elles de la « banger », l’a saisie de force et l’a giflée au visage. Plusieurs rendez-vous ont aussi été donnés à trois jeunes adolescentes lors desquels des fellations ont été faites en l’échange de bière ou d’argent. »

Gravité importante

Selon le juge, le fait que l’accusé ait utilisé les réseaux sociaux pour commette ses crimes est très grave.

« L’utilisation des moyens informatiques à des fins de leurre, à répétition, en entretenant un lien presque quotidien pour développer une certaine confiance et ensuite pousser le côté exploratoire de plusieurs adolescents, violer leur vie privée, est certainement d’une gravité importante dans un contexte où nous sommes à l’ère où même de très jeunes enfants grandissent avec la technologie, celle-ci étant devenue partie intégrante de leur quotidien, même un outil essentiel pour leur développement intellectuel et personnel », a déclaré le juge.

Une histoire

À sa défense, l’accusé a prétendu devant la cour qu’il voulait vérifier un phénomène social.

Or, le juge estime que Simon Girard-Lévesque s’est forgé une histoire montée de toutes pièces afin de se livrer aux crimes sexuels envers ses victimes et il « s’est complu dans cette histoire alors qu’il n’avait aucune compétence particulière dans la recherche scientifique sociologique ».

« Il cherchait a posteriori à se justifier, mais, clairement, il n’a berné nul autre que lui-même », a indiqué le juge.

Risque élévé de récidive

Selon les différentes évaluations psychologiques soulevées par le juge, Simon Girard-Lévesque présente un haut risque de récidive à long terme.

Il a plus d’une chance sur deux de faire de nouvelles victimes dans une période de sept ans, et trois chances sur quatre sur une période de dix ans.

Ainsi, en plus de le condamner à une lourde peine de pénitencier, le juge a déclaré Simon Girard-Lévesque délinquant à contrôler et a ordonné qu’il soit soumis à une surveillance pour une période minimale de dix ans.

Il devra aussi se soumettre à perpétuité à la Loi sur l’enregistrement des renseignements sur les délinquants sexuels.

Après sa détention, Simon Girard-Lévesque ne pourra pas, pendant une décennie, utiliser un ordinateur ou un réseau social afin de communiquer avec des personnes de moins de seize ans.

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