15 janvier 2020
Un Sorelois témoin des feux en Australie
« Même dans l’avion, la fumée poignait dans la gorge » – Benoît Laplante
Par: Jean-Philippe Morin

Steven Ruttley, ami et pilote de la compagnie Qantas, a envoyé cette photo à Benoît Laplante alors qu’il survolait la zone qui brûle en Australie. Photo Steven Ruttley

« L’Australie, je m’y sens pas mal chez moi là-bas. » Le Sorelois Benoît Laplante y effectuait un huitième voyage à vie, fin novembre. Deux fois pour des vacances et six fois pour le travail. C’est pourquoi les incendies qui s’y déroulent actuellement l’affectent grandement.

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Il y a quelques semaines, celui qui est directeur Approvisionnement chez Rio Tinto Fer et Titane se rendait à Perth, une ville située sur la côte ouest de l’Australie, pour un voyage d’affaires de deux semaines. Comme les feux sont plus imposants à l’est du pays, il n’a pas été au cœur du drame, mais il a tout de même pu voir une partie de l’ampleur du phénomène lors de son escale à l’aéroport de Sydney.

« En atterrissant, quand on a commencé à perdre de l’altitude, ça sentait déjà le feu dans l’avion. De l’intérieur de l’aéroport, on ne voyait même pas la tour de contrôle qui était proche. Ça sentait le feu à l’intérieur, ça poignait dans la gorge. Je ne peux même pas imaginer, plus d’un mois plus tard, comme les feux n’ont pas arrêté encore, à quel point la situation peut être catastrophique », témoigne M. Laplante.

« J’ai un ami qui habite près des incendies, poursuit-il. Pour l’instant, il est en sécurité, mais tout dépend de la direction des vents et du travail des pompiers. Un autre ami a une maison au sud de Sydney et en s’y rendant, il voyait des villages détruits par les flammes. La chose qui l’incommode le plus, c’est l’air difficilement respirable. »

Selon le Sorelois, même si des pluies sont tombées dans la dernière semaine et ont pu améliorer la situation, elle pourrait se détériorer avec l’annonce d’une autre vague de chaleur.

« C’est l’été là-bas et c’est toujours très chaud dans cette période, j’ai déjà vécu des 48 degrés Celsius à Perth. Je voyais des kangourous cachés sous des arbres à la recherche d’ombre. […] Ce n’est pas hors du commun pour eux d’avoir du 40 degrés et plus, mais là c’est sans arrêt, chaque jour. Il faut dire que chaque année, il y a des feux de forêt. La première fois que je suis allé à Sydney avec la famille, en 2001, on sentait le feu partout. Cette année, ç’a pris une ampleur incroyable avec la sécheresse, les vents et la chaleur beaucoup plus grande que les autres années. »

Une tragédie sans nom

Selon le Journal de Montréal, en date du 7 janvier, la tragédie avait fauché 24 vies humaines et plus de 100 000 personnes avaient été évacuées. La surface brûlée était estimée à 58 000 kilomètres carrés, soit l’équivalent de deux fois la Belgique. Le 13 janvier, un autre article faisait état d’un milliard de pertes de vies animales.

« C’est désolant de voir autant d’animaux périr. On voit beaucoup les koalas aux nouvelles, mais il y en a plein d’autres dont on ne parle pas. Comme les Australiens disent : c’est du jamais-vu, mais on est habitués aux feux, parce qu’il y en a toutes les années. Le réchauffement de la planète n’aide pas non plus, mais on ne peut pas tout mettre sur le dos du réchauffement. C’est souvent l’humain derrière qui n’aide pas. »

Rio Tinto solidaire

Rio Tinto a donné 1 M$ à la Croix-Rouge australienne. L’entreprise a aussi invité ses employés à faire un don à diverses associations d’aide en Australie et s’est engagée à doubler les montants remis.

Sur les quelque 45 000 employés de Rio Tinto, environ 20 000 travaillent en Australie en raison de la présence de mines.

Benoît Laplante ne croit pas retourner en Australie bientôt puisque la compagnie limitera les voyages d’affaires afin d’aider les employés qui y vivent.

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