4 août 2020
Masqués
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Il y a maintenant quinze jours que la très grande majorité d’entre nous portons un couvre-visage quand nous nous rendons dans des endroits publics fermés. Et ce, malgré le fait que nous n’avons pas l’habitude d’en porter un, même quand on est affligé d’un rhume ou d’influenza.

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Oui, ce couvre-visage nous prive de notre sacrée liberté. Plus encore, de notre confort. Il est aussi une entrave certaine à une communication pleine et entière – dont le sourire – avec ceux que nous croisons. C’est pour le moment dans le regard qu’on nous jette qu’il faut savoir trouver notre compte de proximité. C’est vraiment un nouveau code à inventer, à décrypter chez l’autre, à partager. Tout cela dans un environnement plutôt sécuritaire de notre MRC qui l’a échappé belle à cette pandémie si virulente ailleurs.

Voilà maintenant que, simples citoyens, il nous faut continuer le combat à la hauteur de nos moyens. Faire notre part pour en diminuer l’impact et la propagation. Protéger les autres du virus que l’on pourrait porter sans le savoir.

Moi, je suis de ceux qui font confiance aux scientifiques, immunologues et microbiologistes qui en évaluent les mérites et ce, même si parfois leurs recommandations ont pu varier au gré des connaissances évolutives sur le virus. J’écoute leurs recommandations qui reposent sur des observations multiples menées de façon systématique et répétée à travers le monde. Qui suis-je, avec mes connaissances limitées sur le sujet, pour mettre en doute leurs connaissances?

D’autant que j’aime trop la vie et les autres pour me permettre de les mettre en danger en me laissant guider par l’insouciance, la naïveté, la facilité ou l’impression que je suis invulnérable. Surtout que la vie s’est déjà chargée de me démontrer que je ne le suis vraiment pas!

R.I.P.

La région a perdu récemment deux de ses fils qui ont laissé dans leur domaine, une marque indélébile: le Dr André Robidoux et le producteur agricole Dollard Cournoyer.

Figure importante de la recherche sur le cancer du sein, à la tête du Groupe de recherche en cancer du sein au Centre de CHUM, le Dr Robidoux laisse le souvenir d’un grand humaniste. Conférencier réputé, il a publié une centaine d’articles scientifiques faisant état de sa recherche.

Je ne l’ai jamais rencontré personnellement, mais j’ai croisé plusieurs de ses patientes soreloises. Elles n’ont jamais tari d’éloges à son égard. Elles m’ont décrit sa présence attentionnée, la qualité des soins dispensés, son écoute attentive et sa capacité de bien cerner leurs inquiétudes, les informations éclairantes et franches qu’il leur communiquait ainsi qu’à leur famille. Voilà un médecin qui était, à leurs yeux, sans pareil. Irremplaçable.

Agissant dans un tout autre environnement, celui de la production agricole et de l’élevage, M. Dollard Cournoyer a longuement contribué à rapprocher le monde rural du milieu urbain, notamment à titre d’administrateur puis comme président de La Société d’agriculture Richelieu au sein de laquelle il a organisé maintes expositions agricoles et contribué à l’implantation de compétitions équestres.

M. Cournoyer fut l’un de ceux qui ont contribué à faire mon « éducation agricole », à me faire comprendre la vie, les défis, les grandeurs et les misères des agriculteurs. Il a toujours défendu bec et ongle l’agriculture, les droits et besoins de ses pairs auprès des décideurs et des citoyens, solidaire et fier de ses racines familiales.

Voilà deux hommes issus de chez nous qui ont su marquer leur domaine professionnel respectif d’une marque distinctive trempée dans le souci du travail bien fait, de la présence assidue, de la passion, et d’un engagement sans relâche pour lesquels il faut les saluer en tout respect. R.I.P.

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