21 novembre 2019
Jeune pilote originaire de la région
Martine Simon souhaite inciter les femmes à découvrir l’aviation
Par: Katy Desrosiers

Martine Simon a l'occasion de piloter cet avion lors de différents contrats. Photo Yannick Belley

Tout juste avant de décoller, Martine Simon se prépare, en tant que commandante de vol. Photo Yannick Belley

Martine Simon avec son père, Bertrand Simon, lors d'un contrat à Trenton en Ontario. Photo gracieuseté

Depuis qu’elle est toute petite, Martine Simon baigne dans le monde de l’aviation. Aujourd’hui pilote, elle rêve de pouvoir travailler pour une entreprise comme Air Canada et transporter des voyageurs partout sur la planète. Celle qui a été très bien accueillie dans ce milieu d’hommes souhaite transmettre aux femmes sa passion et les inciter à se lancer en aviation.

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C’est après avoir voyagé pendant un an que la jeune femme de 25 ans, originaire de Sainte-Victoire-de-Sorel, a réalisé qu’elle voulait faire du voyage son emploi principal. Elle a alors commencé les démarches afin d’obtenir sa licence de pilote chez Cargair à Mirabel. « Ç’a pris deux heures dans l’avion et je me suis dit, ça y est, j’ai la piqûre », avoue Martine Simon. Alors qu’elle a mis quatre ans à prendre des cours pour obtenir sa licence, elle prenait ses étés à planter des arbres dans l’ouest canadien pour amasser de l’argent.

La jeune femme a entamé sa carrière en tant que pilote d’hélicoptère, comme son père. Elle travaillait avec lui dans son entreprise, qui effectue de la géophysique aéroportée. Grâce à de l’équipement spécialisé à bord de l’appareil, ils peuvent réaliser une cartographie de la surface et de la structuration des sols pour des compagnies privées comme des minières ou pour le gouvernement. En ce moment, elle effectue le même travail, mais en avion, pour une autre compagnie qui lui permet de réaliser des contrats un peu partout sur la planète.

Un milieu très ouvert aux femmes

Tout au long de son parcours, Martine Simon n’a jamais eu à faire face à du sexisme ou de l’intimidation. « Jamais je ne me suis sentie moins bien parce que j’étais une femme. Les garçons nous reçoivent les bras ouverts. Quand on arrive, ils disent que c’est le fun d’avoir des filles. En ce moment, on est 4 % de femmes en pilotage au Canada. Ce n’est rien. Mais depuis que j’ai commencé, il y en a de plus en plus », souligne la pilote.

« C’est encore vu de l’extérieur comme un métier masculin. […] On est un petit groupe de femmes dans les aéroports, mais on essaie de mettre l’emphase sur le fait qu’on est bien accueillies. Moi, personne m’a dit Martine, tu pourrais aller en aviation. C’est dommage qu’il n’y ait pas plus d’infos et que ce soit encore vu comme un domaine macho », mentionne-t-elle.

Certaines entreprises offrent maintenant à leurs agentes de bord de payer une partie de leur formation en pilotage.

Un conseil qu’elle donne aux femmes, mais aussi à tous ceux qui souhaitent se diriger en pilotage, est de s’encadrer des meilleurs pilotes. « Un avion, ça reste impressionnant. […] Des jeunes en aviation, il n’y en a pas tant que ça. Quand tu rencontres un gars qui a 30 ans de carrière, c’est la meilleure chose pour apprendre. Un, c’est plus sécuritaire et deux, ça te met plus à l’aise. C’est très pédagogique comme milieu, il n’y a plus le côté hiérarchique qu’il y avait avant. On fait beaucoup plus de travail d’équipe », affirme la jeune pilote.

Un mode de vie pas comme les autres

Malgré sa passion pour l’aviation et qu’elle considère son emploi comme le meilleur au monde, Martine Simon sait qu’elle n’aura jamais un horaire de travail typique.

« Si tu veux avoir une famille, ce n’est pas nécessairement le mode de vie le plus facile, surtout en tant que femme. Là, j’étais en Nouvelle-Écosse pour deux semaines. Après, je ne sais pas où je vais aller. Mais quand tu travailles pour des compagnies comme Air Canada, tu travailles 16 jours par mois et tu es basé soit à Toronto ou Montréal. Tu peux revenir chez toi le soir. Si tu pars en Europe, c’est seulement deux ou trois jours. C’est vers cet horaire-là que je veux aller », explique-t-elle.

Elle compte travailler encore deux ans comme pilote de brousse, avant de se diriger vers une grosse compagnie.

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