28 octobre 2020
Coupable du meurtre non prémédité de son père
Loïc René passera au minimum 10 ans derrière les barreaux
Par: Sébastien Lacroix
Loïc René lors de son arrivée au palais de justice de Sorel-Tracy. Photo Jean-Philippe Morin  Les 2 Rives ©

Loïc René, à son arrivée au palais de justice de Sorel-Tracy, lors de son procès en septembre dernier. Photo Jean-Philippe Morin \ Les 2 Rives ©

Le procès pour meurtre au deuxième degré de Guy René, à sa résidence de Yamaska, a pris fin au palais de justice de Sorel-Tracy, le 28 octobre en avant-midi. La juge France Charbonneau a été très expéditive à rendre son verdict de culpabilité et à prononcer la sentence.

Publicité
Activer le son

Loïc René a reçu une peine d’emprisonnement à perpétuité pour son geste avec la possibilité d’une libération conditionnelle après 10 ans. Comme il a déjà passé deux ans derrière les barreaux, il pourrait sortir d’ici huit ans.

Dans son jugement, la juge indique qu’elle ne croit pas l’accusé lorsqu’il prétend qu’il ne voulait pas tuer son père, mais seulement lui faire mal. Elle estime que son témoignage est invraisemblable et qu’il ne soulève aucun doute raisonnable. Le Tribunal est convaincu que Loïc René avait l’intention de tuer son père et que l’accusé n’a pas démontré la vraisemblance de la défense de provocation.

L’accusé a tenu à s’adresser à la juge avant que celle-ci ne rende sa sentence. Celui qui disait qu’il n’avait pas de remords d’avoir tué son père quelques heures après s’être rendu aux policiers, est revenu sur cette déclaration.

« J’ai fait une grosse erreur dans ma vie, c’est celle de croire que je pouvais vivre sans médicaments. Quand je disais que je n’avais pas de remords, c’est parce que j’étais sous le choc. Je le suis toujours encore, a-t-il soulevé, en présence de quelques membres de sa famille. C’est certain que j’ai des remords. Je doit être médicamenté pour ne plus jamais recommencer, mais c’est certain que ça n’arrivera plus. »

Après avoir entendu la sentence sans avoir la chance de faire de représentations, ni connaître les motifs de la décision, les avocats des deux côtés ont admis qu’une possibilité de libération conditionnelle après 10 ans était la peine qu’ils avaient en tête. « C’est une triste histoire. C’est peut-être ce qu’elle en retient », a souligné l’avocat de la défense, Me Marc-André Gauthier.

« Il y a des facteurs atténuants, a admis la procureure de la Couronne, Me Geneviève Beaudin. Quand on parle de problème de santé mentale, c’est toujours un facteur atténuant. En plus de la relation difficile entre les deux hommes qu’on ne peut pas mettre de côté. »

« C’est une décision que nous accueillons favorablement, a-t-elle commenté à sa sortie de la salle d’audience. Malgré que ce soit un dossier qui est triste, ça démontre qu’on ne peut pas se faire justice soi-même. »

Du côté de la défense, on souhaitait prendre le temps de bien lire le jugement de 67 pages qui a été remis aux parties avant de prendre position quant à la possibilité d’aller en appel. « Je n’ai pas le choix de regarder toutes les avenues, a souligné Me Gauthier. Il y a une analyse à faire et nous allons regarder la décision comme il le faut. »

D’autres détails et réactions à venir dans le journal du 3 novembre

image