7 juillet 2021
Impliqué pour les soins palliatifs à domicile
L’infirmier Steve Gouin reçoit un prix pour son leadership
Par: Katy Desrosiers

Steve Gouin, infirmier en soins palliatifs à domicile depuis 18 ans, a été récompensé par le Réseau de cancérologie de la Montérégie pour son implication dans l’amélioration des services. Photothèque | Les 2 Rives ©

L’infirmier et conseiller en soins palliatifs, Steve Gouin, a vu son travail des dernières années pour améliorer les soins de fin de vie à domicile et à l’hôpital récompensé. Il a obtenu le Prix d’excellence Jean-Latreille lors du dernier Colloque du Réseau de cancérologie de la Montérégie.

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Ce prix, sous forme de bourse à l’éducation de 500 $, encourage les membres du réseau de la santé à optimiser les soins auprès des patients. Il souligne l’implication et le rayonnement d’un professionnel ou d’une équipe du Réseau de cancérologie de la Montérégie. Steve Gouin a été reconnu pour son leadership en matière de soins palliatifs à domicile ainsi que son travail de formation et de transfert des connaissances. Le prix souligne aussi le fait que grâce à son travail, dans la dernière année, plus de gens ont pu passer leurs derniers moments à la maison plutôt qu’à l’hôpital.

« Ce que j’espérais dans la vie, c’est que ma passion puisse se transférer à d’autres personnes qui travaillent dans le milieu », mentionne Steve Gouin, qui se dit honoré que ses efforts aient été reconnus devant les meilleurs professionnels du milieu.

L’infirmier travaille en soins palliatifs depuis 18 ans. À Sorel-Tracy, il fait partie d’une des seules équipes multidisciplinaires de la province qui aide les gens à vivre leurs derniers moments à la maison avec leurs proches. Il a donc hésité avant d’accepter un poste de conseiller.

« J’aimais déjà ce que je faisais comme travail. Je n’étais pas obligé de me mettre une charge plus élevée. Mais c’est un défi que j’ai voulu relever et j’ai déjà des retombées donc je suis bien fier », explique-t-il, en avouant que ce prix le motive à continuer.

Depuis deux ans et demi, Steve Gouin travaille donc à améliorer les pratiques d’aide médicale à mourir et de soins palliatifs en Montérégie-Est, tout en continuant son travail d’infirmier sur le terrain.

Défaire les craintes

Un de ses chevaux de bataille est de mieux accompagner les infirmières dans le processus de l’aide médicale à mourir et d’uniformiser les pratiques.

« Les infirmières pouvaient rentrer à 8 h et elles ne savaient pas qu’elles avaient une aide médicale à mourir dans l’après-midi. Elles n’en avaient jamais fait, elles se sentaient insécures, mais elles devaient y aller quand même. Ça faisait des situations où elles étaient traumatisées et qu’elles ne voulaient plus en refaire. Je ne veux plus que ça se passe comme ça », raconte-t-il.

Des outils et des cadres de références ont été développés pour soutenir les professionnels de la santé. Ils seront informatisés et disponibles en tout temps.

Un groupe interdisciplinaire de soutien a aussi été créé pour que les professionnels de la santé puissent recevoir, s’ils le désirent, de l’aide psychologique après avoir réalisé une aide médicale à mourir. Ils trouveront auprès du groupe toutes les réponses à leurs questions.

Le conseiller espère transmettre le plus de connaissances possible aux professionnels qui travaillent avec les gens face à la mort afin qu’ils ne craignent plus ce volet de leur travail.

Après avoir revisité l’aide médicale à mourir en centre hospitalier, M. Gouin et ses collègues se pencheront cet automne sur l’aide médicale à mourir et les soins palliatifs à domicile. L’infirmier souhaite que la formule utilisée à Sorel-Tracy serve d’exemple. « On va essayer d’amener ça à Saint-Hyacinthe et Pierre-Boucher, dans les CLSC, pour éviter les hospitalisations et que les gens puissent rester dans leur maison », précise-t-il.

Les soins palliatifs à domicile ont été particulièrement appréciés des familles pendant la pandémie en raison des restrictions de visites dans les centres hospitaliers.

M. Gouin craint que ceux qui n’ont pu visiter leur être cher une dernière fois à l’hôpital aient plus de difficulté à faire leur deuil. Il mentionne que la situation a aussi été difficile pour le personnel, qui a vécu beaucoup de décès dans les CHSLD sans avoir de plateforme pour s’exprimer.

L’infirmier, qui est également musicien, organisait auparavant des spectacles-bénéfices pour amasser des fonds servant à se procurer du matériel comme des lits pour le service de soins palliatifs à domicile. Bien qu’il ait dû prendre une pause en raison de la COVID, il aimerait revenir à la charge lorsque les mesures sanitaires le permettront. Cette fois, avec les dons, il souhaiterait recréer un service de soutien et de rencontres pour les endeuillés.

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