14 mai 2020
L’industrie de la construction a pris toutes les mesures
Par: Jean-Philippe Morin

Aux Habitations Bosco, les mesures de distanciation sociale sont respectées entre les travailleurs. Photo gracieuseté

Alors que la construction résidentielle a repris vers la mi-avril, les autres chantiers ont débuté le 11 mai partout au Québec. Dans la région, les entrepreneurs ont mis tout en branle au cours des dernières semaines afin que les travailleurs soient en sécurité.

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Chez Construction Alexandre Bélisle, le chantier des Habitations Bosco a beaucoup changé. La chargée de projet, Annie Parenteau, a aménagé une toilette avec lavabo au sous-sol pour permettre aux employés de se laver les mains souvent. Les sous-traitants et les employés remplissent chaque jour des documents nécessaires à être envoyés à l’Association professionnelle de construction et d’habitation du Québec (APCHQ) et à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST). Les masques et les visières sont commandés et devraient arriver sous peu.

« L’emphase est de plus en plus mise sur se tenir à deux mètres l’un de l’autre. On se le dit beaucoup entre nous. Quand c’est recommencé le 20 avril, j’étais tous les jours sur le chantier pour m’assurer que les règles soient respectées. Ça peut être stressant pour les employés, c’est important d’en jaser », souligne Mme Parenteau, en ajoutant que ses 25 employés sont revenus au travail à la date prévue pour ses deux chantiers, soit les Habitations Bosco et les quadruplex sur le chemin des Patriotes.

Du côté des Habitations Regard-sur-le-Fleuve, près de l’Hôtel-Dieu de Sorel, les interventions ont aussi repris le 20 avril sur le chantier. Le gestionnaire du projet, Construction Sorel, a mis en place plusieurs mesures. « Les gars prennent ça au sérieux, il n’y a vraiment pas beaucoup d’interventions à faire », note le président Sylvain Descheneaux.

Des inspecteurs sont passés sur les chantiers des deux entrepreneurs et tout est conforme, assurent-ils.

Des défis

Chez Construction Sorel, M. Descheneaux estime que l’entreprise a arrêté « à 95 % » pendant environ un mois. Un chiffre d’affaires qui ne sera pas récupéré. « Oui c’est un ajustement, oui il y a des coûts rattachés à ça, mais je ne pense pas que ce sera aussi pire que certaines études qui parlaient de pertes de productivité de 20 %. […] On espère qu’il n’y aura pas de vacances de la construction, mais on ne sait pas ce qui va arriver avec ça », souligne-t-il.

Cette pause a toutefois permis à l’entreprise de rattraper un retard dans certains dossiers. « On est toujours dans l’instantanéité, donc a pris le temps de faire un ménage de la cour. Les employés en santé et sécurité ont travaillé très fort aussi », ajoute-t-il.

L’entreprise soreloise compte une vingtaine de chantiers, dont quatre majeurs à Montréal, où l’éclosion de COVID-19 est la plus forte au Canada. Bien que les chantiers industriels ont redémarré le 11 mai, pas question de pousser la machine à fond, prévient Sylvain Descheneaux. « Il ne faut pas repartir les travaux à 125 milles à l’heure. Il faut y aller graduellement, s’assurer que toutes les mesures sont prises en bonne et due forme. »

Chez Construction Alexandre Belisle, la situation des locations est plus difficile. Plusieurs logements doivent être livrés pour le 1er juillet et l’équipe travaille fort pour finir les deux projets à temps.

« Les gens ne sont pas sortis et n’ont pas pu visiter les logements pendant un mois. On se ramasse tout près de juillet. J’ai beaucoup de gens de 60 ou 70 ans qui veulent louer dans les Habitations Bosco, mais qui sortent encore très peu. On prend donc d’autres approches, comme en diffusant des vidéos en direct », conclut Annie Parenteau, qui a déjà loué 47 de ses 56 logements.

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