6 avril 2020
Atteint d’un cancer incurable
L’homme d’affaires Clément Croteau s’éteint à l’âge de 81 ans
Par: Katy Desrosiers

Clément Croteau a ouvert un des premiers magasins Croteau, ici à Sorel-Tracy, en 1960. Sa femme Claire l’a beaucoup aidé dans ses démarches. Photo gracieuseté

Clément Croteau est décédé à l’âge de 81 ans le 30 mars dernier. Photo gracieuseté

L’homme d’affaires Clément Croteau, qui a été à la tête du magasin Croteau de Sorel-Tracy pendant plus de 30 ans, est décédé du cancer, le lundi 30 mars, à l’âge de 81 ans.

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Le premier magasin de la chaîne a été ouvert par son oncle en 1944 à La Tuque et le second peu après par son père au Cap-de-la-Madeleine. En 1960, alors qu’il avait 20 ans, Clément Croteau a ouvert le magasin de Sorel-Tracy, le premier de la deuxième génération des Croteau.

Pendant des années, il a travaillé d’arrache-pied avec sa femme Claire Croteau afin que le magasin grandisse.

« Quand mon père a commencé, c’est lui qui faisait tout. La vitrine, la comptabilité, les achats, l’étiquetage avec ma mère. […] Quand je suis venue au monde, ils me mettaient dans un tiroir, ils étiquetaient toute la soirée et ils me ramenaient. Ils travaillaient très fort et faisaient beaucoup d’heures », raconte sa fille Sylvie Croteau.

Son père, qu’elle décrit comme un homme perfectionniste et compétitif, a toujours fait en sorte que le magasin soit impeccable et un des plus performants du groupe. Il était également un très bon patron pour les employés. Il était toujours souriant et saluait tout le monde dans la boutique. Il considérait ses employés comme de la famille.

En 1993, il s’est retiré pour laisser la place à son fils lorsque le magasin est devenu l’Aubainerie. Il est toutefois resté très présent pour le conseiller et l’appuyer dans l’ouverture d’un autre magasin à Victoriaville. Aujourd’hui, son autre fille, Nathalie Croteau, est directrice du magasin de Sorel-Tracy.

Depuis sa retraite, il passait plusieurs mois par année en Floride, avec sa femme, et profitait du moment pour s’adonner à son sport favori, le golf, avec ses frères.

Il y a une dizaine d’années, il a été atteint d’un cancer des poumons. Un médecin a accepté de l’opérer et il a été guéri. Quelques années plus tard, le cancer est revenu et il a suivi un traitement avec de nouveaux appareils spécialisés. Il a encore guéri. Il y a trois ans, le cancer est encore revenu. Cette fois, comme il avait gagné le cerveau, on lui avait d’abord donné entre trois et six mois à vivre. Pendant toutes ces années, il ne s’est jamais plaint.

« Il disait toujours qu’il allait faire le traitement, qu’il allait guérir et être correct. Il a toujours eu espoir. On ne pouvait pas le plaindre, il changeait de sujet. On dirait qu’il ne voulait pas nous inquiéter », mentionne sa fille.

Une passion familiale

Sylvie Croteau souligne que son père lui a transmis cette passion pour l’entrepreneuriat et le travail. Très jeune, elle a voulu travailler pour la boutique. Son père n’a jamais hésité à leur donner des responsabilités. « Il nous faisait beaucoup confiance. Il m’avait dit que je pouvais être en charge du comptoir des bijoux. Je pouvais acheter les bijoux moi-même, il ne contrôlait pas nos achats. Il nous laissait nous épanouir là-dedans », se souvient-elle.

Selon Mme Croteau, son père n’avait que des amis, était toujours heureux, avait un bon sens de l’humour et ne voyait que le bon côté des choses. «Tout le monde en garde un très bon souvenir », résume-t-elle.

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