25 mai 2018
L’ex-avocat Luc Vaillancourt écope d’une peine de six ans de prison
Par: Sarah-Eve Charland

Le dossier de l'ex-avocat Luc Vaillancourt s'est terminé après cinq ans de procédures judiciaires. (Photo : Sarah-Eve Charland)

Le juge Jean-Pierre Dumais a choisi d’imposer une peine dissuasive de six ans de prison à l’ex-avocat criminaliste Luc Vaillancourt, reconnu coupable d’avoir transmis des stupéfiants à l’un de ses clients en 2013 dans le bloc cellulaire du palais de justice de Sorel-Tracy.

« L’accusé jouissait d’une place privilégiée dans la société. Chaque manquement met à mal notre système de justice. Un tel comportement heurte les valeurs fondamentales de l’ordre social. Le tribunal doit imposer une peine significative sans quoi cela pourrait être vu comme du laxisme », a affirmé le juge en rendant sa sentence le 25 mai.

La sentence correspond à la suggestion de la procureure de la Couronne, Geneviève Beaudin. Elle avait proposé une peine variant entre six et sept ans de prison.

« Il est essentiel que la population ait une confiance inébranlable envers nos officiers de justice. La sentence rendue démontre la réprobation de notre système de justice face à ceux qui abusent de leur statut », a-t-elle commenté après le prononcé de la peine.

Le juge n’a pas acquiescé à la demande de Me Beaudin concernant un délai minimal avant une libération conditionnelle. Elle exigeait qu’il purge la moitié de sa peine avant d’être admissible à une libération conditionnelle.

L’avocat de la défense, Robert Bellefeuille, qui représentait l’accusé à l’époque, avait plutôt suggéré une peine de quatre ans de prison. Il considérait qu’une peine trop sévère serait contraire à la dignité humaine.

L’accusé se retrouvait dans le box des accusés à écouter la sentence, la tête baissée. Alors qu’il avait suivi les procédures judiciaires en liberté, il a été incarcéré lorsqu’il a été déclaré coupable le 9 mars dernier. Il a d’ailleurs porté en appel la décision.

Le juge Dumais n’a considéré que très peu de facteurs atténuants. « L’accusé a agi par lucre et pour l’appât du gain pour arrondir ses fins de mois. […] L’accusé n’a démontré aucuns remords, ni regret, ni excuse. »

L’accusé a toujours nié les événements. Il a affirmé avoir transmis un cellulaire et du tabac en échange de 500$ à son client, ce qui n’est pas considéré comme un acte criminel. Sa version des faits avait été rejetée par le juge.

M. Vaillancourt a entre autres été reconnu coupable d’avoir transmis des stupéfiants à son client Jean-François Raymond à l’intérieur des murs du palais de justice de Sorel-Tracy. Il lui a donné un paquet contenant 140g de résine de cannabis, 20g de cannabis, quatre timbres de 75mg de fentanyl et 21 comprimés de méthamphétamine.

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