12 mai 2020
Début de saison en force pour certains commerçants saisonniers
Les ventes de piscines explosent
Par: Katy Desrosiers

Janic Therrien est occupée plus que jamais depuis quelques semaines. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Malgré le ralentissement économique connu avec l’arrivée de la COVID-19, certaines entreprises tirent leur épingle du jeu. Celles qui vendent des piscines et des spas connaissent un printemps beaucoup plus occupé qu’à l’habitude.

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À la succursale de Sorel-Tracy de Club Piscine Super Fitness, le propriétaire Philippe Picard a clos sa semaine la plus prolifique de tous les temps à la fin avril.

« C’est vraiment la folie. Les gens nous disent qu’ils n’iront pas en vacances, qu’ils ont peur de ne pas pouvoir aller au camping ou au chalet. Les piscines municipales et celles des campings, ce n’est pas certain qu’elles rouvrent. Les gens s’installent donc à la maison », souligne M. Picard.

Janic Therrien, propriétaire de Piscines & Spas Janic Therrien & fils, connaît aussi un début de saison en force. Depuis qu’elle a rouvert les portes de son commerce le 17 avril, les soumissions en ligne fusent.

« Il y a l’insécurité financière avec la COVID, mais il y a aussi tous ceux qui avaient déjà un budget pour des vacances au Québec. Comme on ne sait pas ce qui va arriver, les gens commencent à penser à passer plus de temps en famille à la maison. […] Avec les mises de côté de l’an passé pour des installations cette année, en plus des soumissions d’assurances pour réparer les piscines brisées pendant l’hiver, la saison est presque bookée en installation », explique Mme Therrien.

Chacun explique que certains manufacturiers ont pris du retard dans la livraison de produits. Des compagnies ont même fermé leurs portes avant le début de la saison et n’ont pu livrer les produits prévus.

Malgré tout, Janic Therrien croit que la saison sera exceptionnelle et s’attend même à ce que des répercussions se fassent sentir l’an prochain. Elle est convaincue qu’à l’automne, elle aura déjà plusieurs réservations pour des installations en 2021.

Depuis la reprise de leurs activités, les deux propriétaires ont constaté que leurs clients tenaient à encourager des commerces locaux. Mme Therrien a reçu des commentaires de clients qui préféraient acheter local et encore plus chez un commerçant indépendant.

M. Picard, lui, explique que plusieurs ont souhaité redonner à son commerce puisqu’il soutient financièrement des événements locaux.

La problématique de la main-d’œuvre

Malgré la pénurie de main-d’œuvre qui perdure, les commerçants réussissent à dénicher des travailleurs.

« Ceux qui viennent, c’est sur une base personnelle. J’ai des magasins à Montréal et un peu partout. À Montréal, c’est vraiment plus difficile. Ils ont peur et c’est compréhensible. […] Je ne manque pas d’employés pour répondre à la demande. Il y a beaucoup de jeunes qui sont venus donner leur nom. L’école est terminée. Habituellement, on deal avec l’école, mais là, ils sont prêts à travailler à temps plein », mentionne Philippe Picard.

Janic Therrien a son équipe régulière déjà formée pour les installations, mais avoue qu’il est complexe de trouver des employés supplémentaires qui ont les qualifications requises.

« Je n’ai pas reçu de demandes. C’est plus moi qui cours après eux. Les étudiants, souvent, ils vont être des helpers. Si on arrive sur un terrain avec de la dénivellation, ça prend des gens qualifiés », souligne-t-elle.

Dans tous les cas, les équipes qui se rendent chez les clients ont dû s’adapter aux nouvelles mesures d’hygiène et de distanciation. Entre autres, des plexiglas ont été installés dans certains véhicules et les travailleurs sont invités à utiliser les mêmes outils toute la journée sans les prêter. Des trousses de désinfection ont aussi été fournies.

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