3 avril 2018
Les usagers de l’accueil psychosocial du CLSC seront orientés vers une ligne téléphonique
Par: Sarah-Eve Charland

Le président de l'APTS, Joël Bélanger, dénonce la mise en place d'un numéro unique pour l'accueil psychosocial pour l'ensemble de la Montérégie-Est. (Photo : Sarah-Eve Charland)

Sauf si le patient est en crise suicidaire, la majorité des interventions à l’accueil psychosocial au CLSC Gaston-Bélanger se feront dès cet été par téléphone. Une mesure dénoncée par l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS).

« On sait que c’est difficile pour les hommes d’admettre un problème. Un homme violent, qui décide d’aller chercher de l’aide, se présente au CLSC et se fera dire : merci, mais on va te rappeler. Ça n’a pas de sens », déplore le président de l’APTS, Joël Bélanger.

Selon les directives émises auprès des employés, le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) Montérégie-Est souhaite que 85% des interventions soient réalisées au téléphone. L’organisation demande également que les évaluations durent un maximum de 20 minutes, précise le président de l’APTS.

« Pour nous, le nombre importe peu. C’est la qualité qui importe. […] Quand les gens viennent, ils veulent un service tout de suite. Pas dans trois ou quatre jours. C’est un peu décourageant. Il y a bien des lacunes dans ce système », ajoute M. Bélanger.

Les travailleurs sociaux de Sorel-Tracy ont manifesté leur désaccord en lien avec cette mesure dans une lettre envoyée au gestionnaire.

« Afin de faire notre travail de manière professionnelle, nous sommes convaincus qu’il est essentiel de rencontrer les usagers en personne, dans le but de bien accueillir, analyser, orienter et référer. De plus, il nous sera difficile d’estimer avec justesse les risques, et ce, dans un délai restreint» , a signé l’équipe de l’accueil psychosocial et des services sociaux généraux.

« On nous a répondu que le projet continuerait malgré notre désaccord », mentionne le président de l’APTS.

Ce dernier se rappelle de la réorganisation de l’accueil psychosocial en 2007 où les organismes communautaires avaient participé au développement des services maintenant en place.

«On se déplace dans les organismes communautaires. Les organismes nous appellent au besoin. On offre un accompagnement personnalisé. On est un des accueils ouverts le plus longtemps en Montérégie-Est. Ça va à l’encontre de ce qu’on a mis en place il y a 10 ans. On a développé un service pour la communauté avec les organismes communautaires », assure M. Bélanger.

Un projet pour maximiser les services

Le projet vise à implanter un système d’accueil centralisé afin d’augmenter l’accessibilité dans le traitement des demandes de services et d’optimiser l’utilisation des ressources, assure le conseiller-cadre aux relations publiques, médiatiques et ministérielles du CISSS Montérégie-Est, Daniel Vincent.

Ce projet consiste notamment à la mise en place d’un numéro de téléphone unique pour l’ensemble du territoire du CISSS Montérégie-Est. Il vise également à donner accès à un intervenant rapidement, selon M. Vincent, même si ceux du territoire de l’usager sont occupés.

« Les clients n’auront plus à devoir trouver l’un des nombreux numéros des services souhaités. À partir d’un seul numéro, il sera orienté adéquatement. »

Il ajoute qu’il sera tout de même possible de rencontrer un intervenant sur place, même si l’organisation favorise une analyse téléphonique. Les personnes se présentant sur place pourront utiliser une ligne téléphonique pour contacter un intervenant sur un autre territoire, attendre qu’un intervenant se libère ou prendre un rendez-vous téléphonique.

« Ceci accélère le traitement de la demande. Le client n’a pas à se déplacer et à partir d’un seul appel, il a une orientation vers le service requis. L’intervenant détermine à partir de son jugement clinique les analyses qui peuvent se faire par téléphone ou qui requièrent une rencontre en face à face. Pour les rencontres en face à face, l’intervenant donnera un rendez-vous pour compléter l’analyse », explique M. Vincent.

Ces changements permettront de libérer les intervenants pour qu’ils puissent faire de l’intervention directement dans le milieu de vie des usagers. Une expérimentation préliminaire, réalisée sur le territoire de Saint-Hyacinthe, laisse penser 25 à 30% du temps pourrait être réinvesti dans les services de proximité sur le territoire, mentionne M. Vincent.

Le projet devrait être en place à l’été 2018 à Sorel-Tracy.

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