13 mars 2018
Les trois défis du Gib Fest!
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit un éditorial hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Heureux retour du Festival de la gibelotte – désormais nommé Gib Fest– du 6 au 14 juillet. La Ville de Sorel-Tracy y versera 90 000$, sans compter son soutien technique et matériel. Mais cela n’arrange pas tout.

L’organisation est en difficulté financière. Elle doit financer son budget de 2018 (600 000$), effacer une partie de son déficit accumulé de 210 000$. Et assurer le maintien de cette « tradition » soreloise.

Depuis cinq ans, le festival n’a pas toujours fait ses frais. Sorel-Tracy a toujours contribué au festival – de 50 000$ (2010) à 200 000$ (2014). C’est 90 000$ depuis 2016.

Car, à tort ou à raison, la confiance n’y était plus. Même si les élus savent bien que le festival complète ses offres culturelles et de loisirs, qu’ils en apprécient l’accès gratuit, ils gèlent leur contribution qu’ils qualifient cependant d’importante par rapport à d’autres villes.

Et pour cause. Les dirigeants du festival ont déjà pris des décisions discutables, comme le déménagement du site derrière le Colisée où le festival engloutit ses profits accumulés et tomba dans un cercle vicieux: moins d’argent, donc moins d’attractions, d’achalandage et de revenus.

Premier défi: que l’administration restaure la confiance de tous à son égard. Il n’y a pas cinquante façons de le faire.

Elle doit administrer de façon beaucoup plus transparente. Nonobstant la loi qui permet aux OSBL de ne pas rendre de comptes, Gib Fest devra s’en acquitter systématiquement. Dévoiler sa liste des comptes payables et recevables. Qui a été payé et quand? Pourquoi X a-t-il été payé et Y pas ?

Deuxième défi: redonner une âme au festival. Ce qu’on n’a pas fait avant, même s’il s’essoufflait. Il aurait fallu le redéfinir. Il a besoin d’une vocation particulière. Ne plus être qu’une braderie, un repas de gibelotte et quelques spectacles.

Il a besoin d’une thématique bien à lui qui pourrait s’inspirer de la nature, de l’histoire, des arts (musique, arts visuels et manuels, etc.), sports compétitifs et de plein air, etc. Il n’a surtout plus à être ce qu’il fut depuis 40 ans!

Troisième défi: bien composer avec Statera qui sera lancé à peu près au même moment. Aucune des deux organisations ne doit vivre dans l’ombre de l’autre, et ce, même si le festival est de courte durée.

Ce sont d’importants événements régionaux. Ils doivent dès le départ mettre en commun tout ce qu’ils peuvent. Harmoniser leurs interventions en juillet. Respecter leurs horaires respectifs et activités ou temps forts du jour. Considérer la mise en place possible de forfaits conjoints pour s’assurer que les visiteurs participent aux activités de chacun, etc.

La Ville qui soutient les deux organismes devra s’assurer qu’ils travaillent en duo harmonieux, rappelant que la compétition vient de l’extérieur et non pas de l’une et l’autre. C’est en se serrant les coudes que la région cumulera d’autres raisons d’être fière et attractive.

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