18 mai 2021
Ancienne Maison Cyrille-Labelle
Les propriétaires désirent collaborer avec la Ville
Par: Alexandre Brouillard

Le copropriétaire de l’ancienne Maison Cyrille-Labelle, Richard Bibeau, ne veut pas immobiliser un autre 500 000 $ dans le bâtiment centenaire. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Richard Bibeau, copropriétaire de l’ancienne Maison Cyrille-Labelle, affirme être prêt à collaborer avec la Ville de Sorel-Tracy et la Société historique Pierre-De Saurel (SHPS) pour assurer la pérennité du bâtiment centenaire situé au 40, rue du Roi, à Sorel-Tracy. Il n’est toutefois pas prêt à investir plusieurs milliers de dollars.

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« Mon frère [Louis Bibeau] et moi sommes prêts à écouter la Ville de Sorel-Tracy et à collaborer avec elle et avec la Société historique, lance d’emblée Richard Bibeau. Nous allons être attentifs aux propositions, mais pour l’instant c’est une question de liquidité parce qu’on ne veut pas immobiliser un autre 500 000 $ là-dedans. »

Les frères Richard et Louis Bibeau sont copropriétaires de l’ancienne Maison Cyrille-Labelle depuis une quinzaine d’années. Après avoir éprouvé quelques difficultés avec l’ancien bar qui s’y trouvait, le Marine Cabinet, ils avaient décidé de mettre en vente le bâtiment centenaire en 2018.

Lors de la dernière séance du conseil de ville le 3 mai dernier, le conseiller du Vieux-Sorel, Jocelyn Mondou, avait sollicité l’aide de la SHPS pour trouver une solution afin de sauver l’ancienne Maison Cyrille-Labelle. Le directeur général de la SHPS, Geoffrey Shayne Packwood, avait alors expliqué que l’organisme allait unir ses forces avec le Comité du patrimoine de la Ville de Sorel-Tracy pour établir un plan de match et identifier des solutions de conservation à présenter aux frères Bibeau.

Le copropriétaire assure toutefois que ses intentions ne sont pas de laisser dépérir le bâtiment. « Tout comme la Société historique et la Ville, on veut trouver une solution, mais nous avons déjà investi beaucoup d’argent », clame-t-il.

Investissements majeurs

Richard Bibeau explique qu’au fil des années, son frère et lui ont effectué plusieurs rénovations coûteuses. « Nous avons solidifié tous les murs et revu la structure au complet. En ce moment, le bâtiment n’est pas délabré », assure-t-il.

« Quand on vit d’un restaurant ou d’un commerce et qu’on immobilise autant de ressources et d’argent, ça devient lourd. C’est pourquoi nous sommes ouverts à collaborer avec la Ville pour nous aider avec les travaux et pour trouver une nouvelle fonction au bâtiment », ajoute le copropriétaire.

Selon lui, rénover les corniches devrait être fait en priorité. « Vu que c’est un édifice patrimonial, nous devrions rénover les corniches de la même façon qu’à l’époque, mais cela coûte beaucoup plus cher. C’est sans parler des fenêtres qui sont toutes à changer. Au final, si on veut respecter l’histoire et l’essence du bâtiment, il faudra dépenser beaucoup d’argent », avance-t-il.

« Dans son état actuel, le bâtiment est sécuritaire, assure M. Bibeau. Mais un bâtiment de 140 ans, ça ne répond pas tout le temps aux normes d’aujourd’hui. Quand un inspecteur rentre dans un vieux bâtiment, les problèmes apparaissent assez rapidement. »

Trouver une nouvelle fonction

Bien que d’importants travaux soient nécessaires, Richard Bibeau croit que le plus grand défi est de trouver une nouvelle fonction au bâtiment.

« L’idée doit être rentable. En 2018, lorsque nous avons fermé le Marine Cabaret, ce n’était pas facile de faire vivre un établissement culturel au centre-ville de Sorel-Tracy », explique M. Bibeau.

« Nous ne pensons pas que l’idée des condos soit réaliste, sachant qu’il y a seulement des fenêtres sur deux faces du bâtiment, soutient Richard Bibeau. Et la restauration, il faut oublier ça. Nous sommes déjà propriétaires du Cactus au centre-ville. »

Advenant l’aide de la Ville et de la SHPS, les propriétaires n’écartent pas l’idée de demeurer propriétaire de l’ancienne Maison Cyrille-Labelle. « Si nous avons accès à de bonnes subventions pour les rénovations et que la nouvelle fonction du bâtiment a un bon potentiel, nous pourrions le conserver. Nous avions déjà des personnes qui s’étaient montrées intéressées au bâtiment, mais ce n’était rien de sérieux. Nous ne voulons pas le vendre pour des peanuts. Au final, toutes les avenues demeurent hypothétiques », conclut-il.

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