19 juin 2018
La politique, une histoire de famille
Les Péloquin tombés dans la marmite politique dès leur enfance
Par: Julie Lambert

Richard et Michel Péloquin sont la 5e génération à se retrouver sur le conseil municipal de Sainte-Anne-de-Sorel. (Photo : Pascal Cournoyer)

Le journal Les 2 Rives présente son dernier reportage dans le cadre d’une série mettant à l’honneur des familles de la MRC de Pierre-De Saurel qui se sont impliquées en politique municipale. Que ce soit un père ou une mère à la mairie, un frère, une sœur ou des enfants sur le conseil municipal, ils partagent tous cette passion qui est dans leur sang de génération en génération.

Les frères Richard et Michel Péloquin se sont tous les deux assis à la table du conseil municipal de Sainte-Anne-de-Sorel plusieurs années après leur père François. Si un ne se destinait pas à la politique locale et s’est lancé pour contrer un projet pour lequel il était en désaccord, l’autre est sauté à pieds joints dans l’aventure.

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Leur arbre généalogique est bien garni avec cinq générations de politiciens, dont leur grand-père, Joseph Péloquin, deux arrières grands-pères, Paul Péloquin fils et Charles Lusignan ainsi qu’un arrière-arrière-grand-père, Paul Péloquin, qui ont tous été conseillers municipaux à Sainte-Anne-de-Sorel. Leur père François Péloquin a été également élu conseiller municipal en 1967 avant de faire le saut à la mairie en 1983.

« J’avais sept ans quand il a été élu. Cela m’avait marqué. Quand il y avait des élections pour mon père, nous faisions partie des organisateurs. C’était beaucoup d’adrénaline », confie Richard Péloquin, qui a été élu conseiller municipal pendant 12 ans à partir de 1993. J’avais l’intérêt de savoir ce qui se passait et de participer aux décisions. J’ai fondé une ligue de ballon-balai pour femmes, j’ai été président du club optimiste et j’ai coaché à la balle. C’était comme une suite logique dans mon parcours. »

Il n’a pas siégé en même temps que son père ou son frère Michel Péloquin, qui se tenait loin de la scène municipale à ce moment. Ce dernier a toutefois été impliqué à divers paliers notamment dans le monde scolaire, communautaire, syndical et économique ainsi qu’avec le Parti québécois.

« Je suis toujours intervenu dans ma municipalité sans être un élu. Je suivais de très près ce qui se passait. Je n’envisageais pas plus qu’il faut la politique municipale, mais le conseil en place avait pris une orientation avec laquelle j’étais en désaccord. De fil en aiguille, des gens aussi en désaccord m’ont demandé de me présenter à la mairie. Je savais depuis longtemps que j’avais une vision pour Sainte-Anne et cela me permet de la mettre en place », explique Michel Péloquin, élu maire en 2013.

Une génération suivante

Les deux frères avouent que les discussions entre la fratrie n’incluent pas de politique municipale. « On a été là-dedans, mais soit tu aimes ça et tu t’impliques, soit tu n’aimes pas ça du tout. On est six dans la famille et on est seulement deux qui s’intéressent à ça. Notre père, c’est notre modèle, je n’ai pas vu mon père faire autre chose », mentionne Richard Péloquin.

La situation est tout autre dans la famille de son frère, qui a transmis son goût des débats à tous ses enfants. « Ils en mangent et ils dorment là-dessus », lance Michel Péloquin à la blague.

« Ils sont presque tous en politique. Mon fils travaille pour le Conseil national des cris et s’en va comme fonctionnaire au fédéral. J’ai une de mes filles qui est trésorière nationale du Parti québécois et une autre est chargée de projet à la permanence du Parti québécois. J’ai deux gendres en politique. Chez nous, ce sont des discussions politiques 24h sur 24 », répond-t-il en riant.

Les deux frères s’entendent pour dire que ce milieu a beaucoup évolué dans les dernières décennies notamment au niveau des responsabilités et aussi des lois à appliquer. Si leur père a été un défricheur pour leur montrer la voie, il n’a pas beaucoup pu les aider dans leur parcours politique.

« En fait, papa était, ce qu’on retrouve encore beaucoup aujourd’hui, une personne impliquée dans l’administration journalière. Il n’avait pas nécessairement de vision de développement. On devrait toujours demander à quelqu’un qui se présente en politique quel est son projet », croit Michel Péloquin.

« J’étais plutôt dans la deuxième tranche pour administrer, avoue son frère. Je ne m’en allais pas là pour mettre une vision en place, mais pour contrôler les dépenses et avoir les services dont on avait besoin », conclut Richard Péloquin.

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