8 octobre 2019
Retrait de la Ville du PDZA et de la politique culturelle de la MRC
« Les payeurs de taxes de Sorel-Tracy ne veulent plus payer à deux places pour les mêmes choses » – Serge Péloquin
Par: Katy Desrosiers

Le maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin, à la séance du conseil de ville du 7 octobre. Photo capture d'écran

Lors de la séance du conseil de ville de Sorel-Tracy du 7 octobre, le maire, Serge Péloquin, a expliqué la décision de son conseil, de se retirer du financement du plan développement de la zone agricole (PDZA) et de la politique culturelle de la MRC de Pierre-De Saurel. Tout en expliquant pourquoi certaines dépenses étaient, selon le conseil, des doublons, il en a profité pour faire état des projets auxquels la Ville participe financièrement et non la MRC.

Le maire a tout d’abord affirmé que la décision ne s’est pas prise à la légère, et qu’elle résultait d’une urgence à refuser une nouvelle embauche à la MRC pour le PDZA. « Encore une fois, c’est les contribuables de la ville-centre qui auraient eu à payer le gros de la facture, sans justification et sans tenir compte des bilans négatifs de ces activités pilotées par la MRC », a-t-il déclaré. « Les élus ont conclu qu’à titre de ville-centre, nous possédons déjà dans notre structure organisationnelle des services et des ressources spécialisés. […] Ce que votre conseil et votre maire ont exprimé, ce n’est pas de couper aveuglément, mais d’éliminer les chevauchements. […] Les payeurs de taxes de Sorel-Tracy ne veulent plus payer à deux places pour les mêmes choses. Ce que l’on dit, c’est qu’il faut être plus efficace dans la façon d’amener nos projets », a ajouté le maire.

Aussi, Serge Péloquin a souligné qu’au cours des deux dernières années, il a essayé a plusieurs reprises d’ouvrir la discussion avec la MRC sur les modèles de fonctionnement, mais celle-ci aurait refusé. « Tout va bien tant que Sorel-Tracy se tait et paye plus de 70 % des factures », a-t-il lancé.

Le maire affirme avoir tendu la main aux municipalités rurales pour discuter d’ententes possibles entre elles et la ville-centre pour assurer le développement de la région.

Pour le volet du développement agricole, Serge Péloquin explique que la région compte déjà des ressources compétentes, entre autres dans le volet agroalimentaire, et que la Ville les a déjà contactées.

Séance extraordinaire de la MRC avortée

Le 2 octobre, le conseil de la MRC devait tenir une séance pour l’embauche d’un coordonnateur pour le PDZA. Cependant, comme il n’y avait pas quorum, la séance n’a pas eu lieu. Tous les maires absents se sont toutefois réunis ailleurs pour discuter de la suite des choses. « Cette réaction est d’autant plus désolante c’est Sorel-Tracy, avec vos taxes, qui défraient à plus de 60 % leurs salaires comme membre de la table des maires de la MRC. Le préfet et maire de Saint-Robert accuse votre conseil et votre maire de manquer de vision régionale. Quelle insulte envers les contribuables sorelois », a avoué Serge Péloquin.

Des projets soutenus par la Ville

Serge Péloquin a souhaité mettre l’accent sur des infrastructures et organismes, dit-il, soutenus que par les contribuables de la ville-centre, qui bénéficient aussi à tous les résidents de la MRC. Parmi ceux-ci il note, entre autres, des investissements de 1,5 M$ par année pour le transport collectif régional Sorel – Longueuil, 2 M$ au total d’investissement pour le Marché des arts Desjardins et 350 000 $ pour la Société d’agriculture de Richelieu. Il souligne que dans tous ces projets, et d’autres, la MRC n’a pas investi.

Au final, le maire de Sorel-Tracy souhaite que les façons de faire de la MRC soit questionnées. Il demande à la table des maires de la MRC de s’asseoir et de réfléchir, avec les représentants de la ville-centre, à un modèle plus efficient et plus respectueux de la capacité de payer des contribuables sorelois.

« Aux maires de la MRC je dis au travail, et qu’on discute entre adultes. […] J’ai parlé avec le préfet pour une rencontre à huis clos pour discuter de cette problématique », a-t-il affirmé.

L’avis des conseillers municipaux

Les conseillers municipaux ont tous appuyé la résolution de la Ville de Sorel-Tracy de se retirer des volets agricole et culturel à la MRC de Pierre-De Saurel. Voici les commentaires qu’ils ont donnés lors de la séance du 7 octobre.

Dominique Ouellet : « Je constate que la MRC n’est pas habituée de se faire dire non. Pendant les 10 dernières années, la ville-centre a collaboré à plusieurs projets, certains qui faisaient rayonner toute la région et d’autres de façon plus spécifique la ruralité. […] Personne ne gagne en dénigrant la ville-centre. »

Sylvie Labelle : « […] La MRC doit tenir compte de la capacité de payer des contribuables de la ville-centre. Elle a l’obligation d’exécuter le travail inhérent à ses fonctions avec diligence et pour ce faire, les conseillers régionaux doivent tous être présents à chaque discussion. »

Benoit Guèvremont : « Il faut rétablir les ponts entre nous. Partir les discussions sur les compétences de base de la MRC serait une approche qui mérite d’être évaluée. Il faut arrêter de se diviser et reconnaître le leadership que doit exercer la ville-centre sur la région. »

Olivier Picard : «[…] Est-ce qu’on doit revoir le fonctionnement de nos supralocaux pour y inclure de nouveaux services? J’invite le maire et ses collègues à en discuter et surtout, surtout, collaborer. »

Alain Maher : « […] Je crois que M. Salvas aurait beaucoup de difficulté à convaincre la population de Sorel-Tracy d’être leur porte-parole, car il ne faut surtout pas oublier que les citoyens et citoyennes de la ville-centre paient déjà plus de 60 % du budget de la MRC. »

Jocelyn Mondou : « J’ai donné mon appui […] pour la simple et bonne raison que les résultats n’étaient pas au rendez-vous et qu’il faut éviter le dédoublement. »

Martin Lajeunesse : « Une des choses que je retiens, c’est qu’on envoie 6 M$ de nos taxes à la MRC chaque année. Il faut avouer que la grande majorité des programmes fonctionnent, mais deux se dédoublent. »

Patrick Péloquin : « […] Pour le PDZA, […] ç’a quand même été dit par Alain Beaudin qui est commissaire agricole depuis 2008 que c’est un peu inutile d’aller dans ce sens-là. Après tout, on a des ressources comme M. Beaudin et M. Thivierge, notre commissaire industriel. Pourquoi ne pas les consulter au lieu de faire des embauches supplémentaires? »

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