21 janvier 2021
Les organismes communautaires font encore face à des défis de financement
Par: Jean-Philippe Morin

Le CAB du Bas-Richelieu a besoin de bénévoles puisque certains se sont désistés récemment. NB : la photo a été prise au tout début de la pandémie, lorsque le port du masque n’était pas obligatoire. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Contrairement à l’an dernier lors de la première vague, les organismes communautaires sont maintenant considérés comme essentiels. Le fait qu’ils puissent continuer leur mission amène toutefois son lot de défis, à commencer par le financement.

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Selon le directeur général de la Corporation de développement communautaire (CDC) de Pierre-De Saurel, Mathieu Brochu, les besoins sont grandissants en raison de la pandémie, mais les organismes communautaires n’ont pas plus d’argent pour faire face à ces problèmes.

« Pour toutes les CDC de la province, ce sera notre cheval de bataille. Oui, on demande toujours du financement chaque année et on veut que nos organismes en obtiennent plus, mais cette année, c’est d’autant plus important. C’est vers nous que les gens se tournent, peu importe leurs problèmes et c’est pire depuis 10 mois. On remarque que la pauvreté s’accentue et qu’il y a des gens, notamment pour l’aide alimentaire, qu’on ne voyait pas avant », avance M. Brochu.

Le directeur général du Centre d’action bénévole (CAB) du Bas-Richelieu, Ando Andrianady, abonde dans le même sens. « On a vu des nouveaux visages l’an dernier et on en voit encore. La plupart sont des gens qui ont perdu leur emploi et qui sont en attente d’aide financière », souligne M. Andrianady.

Le premier ministre François Legault a, à quelques reprises au cours des dernières semaines, vanté le travail des organismes communautaires qui sont considérés parmi les services essentiels.

« Ce que ça signifie, c’est que tous les organismes peuvent continuer à offrir des services, ce qui n’était pas le cas en avril. Évidemment, on respecte les mesures sanitaires et le télétravail est priorisé lorsque possible, mais les services sont accessibles. Tous les organismes s’adaptent en conséquence », explique le directeur de la CDC.

Plus de demandes, mais plus de générosité

En décembre, la population a fait preuve d’une grande générosité, alors qu’un record a été battu lors de la Guignolée. Un montant de 140 479,65 $ a été amassé grâce à différents événements organisés qui ont mobilisé plusieurs bénévoles.

Et ce n’est pas le directeur du CAB du Bas-Richelieu qui va s’en plaindre, puisque les demandes d’aide alimentaire ont bondi en flèche dans les derniers mois.

« En novembre 2020, on a eu 722 demandes de dépannage alimentaire comparativement à 538 en novembre 2019. En décembre 2020, on a fait 628 paniers de Noël comparativement à 517 en 2019. La population a vraiment été généreuse, mais les besoins étaient criants aussi », remarque Ando Andrianady.

Or, le mois de janvier est toujours un peu plus calme à ce niveau. « C’est un mois, historiquement, où les gens se serrent un peu plus la ceinture. On rappelle quand même à ceux qui peuvent donner de le faire puisque les organismes communautaires, ça fonctionne 12 mois par année », soutient M. Brochu.

« Les besoins sont encore là. En janvier, avec le confinement, on sait qu’on aura beaucoup de demandes. Si le couvre-feu se prolonge, ce sera pire », poursuit M. Andrianady.

Des bénévoles de 65 ans et plus se désistent

Malgré le défi du financement qui est toujours présent, un autre grand enjeu refait surface en ce début d’année : le manque criant de bénévoles. À commencer par les organismes en aide alimentaire, qui doivent se débrouiller sans plusieurs d’entre eux qui sont âgés de 65 ans et plus.

En point de presse le 11 janvier, le premier ministre François Legault a demandé aux personnes de 65 ans et plus d’être prudentes étant donné qu’elles sont plus à risque. À ce moment, le Centre d’action bénévole (CAB) du Bas-Richelieu a demandé à ses bénévoles plus âgés s’ils souhaitaient poursuivre.

« On leur a tous demandé s’ils voulaient se retirer. Certains sont restés, d’autres ont choisi d’arrêter. On a perdu 12 bénévoles pour la popote roulante et cinq pour le transport médical », avance le directeur général du CAB du Bas-Richelieu, Ando Andrianady.

L’équipe a aussi décidé de diminuer son nombre de bénévoles puisque la distanciation était difficile à respecter au sous-sol de la bâtisse de la rue Élizabeth pour le soutien alimentaire.

« On sent un essoufflement de nos bénévoles et de nos employés depuis le début de la pandémie. On a eu un petit break pendant les Fêtes, mais on sent qu’on a besoin de bras pour nous aider », explique le directeur du CAB.

C’est pourquoi la Corporation de développement communautaire (CDC) de Pierre-De Saurel lance un appel à la population. « On demande aux gens qui le peuvent de nous donner un coup de main, ne serait-ce que quelques heures par semaine. C’est important pour les gens qui en ont besoin. On sait que les prochains mois vont être difficiles, donc si pouvez aider de quelconque façon, que ce soit en argent ou avec votre temps, on va le prendre! », lance le directeur général de la CDC, Mathieu Brochu.

Le site web JeBenevole.ca est d’ailleurs toujours en fonction pour ceux ou celles qui veulent donner de leur temps. En entrant le nom de la ville dans le moteur de recherche, on peut voir les deux postes disponibles au CAB du Bas-Richelieu, soit le service d’accompagnement-transport bénévole et baladeur/baladeuse pour la popote roulante.

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